Station de Saint Pierre

CRÉATION DE LA STATION DE SAINT-PIERRE EN PENMARC'H

La station de Saint-Pierre-en-Penmarc'h est inaugurée le 24 mars 1901.
Après le quart du XXème siècle, la mise en service du canot à moteurs Vice-Amiral-Duperré au Guilvinec et l'équipement des chaloupes de pêche avec des moteurs au Sud immédiat de la Pointe de Penmarc'h, réduisit la pertinence et l'activité de la station de Kérity au sein de l'organisation du sauvetage local.
La station de Saint-Pierre-en-Penmarc'h est fermée en 1944.


L'ABRI DE LA STATION DE SAINT-PIERRE 

Abri du canot de sauvetage de Saint-Pierre © Artaud-Gaby

Vue extérieure

Coupe intérieure


Le bâtiment-abri est construit en bordure de la "plage" du port de Saint-Pierre ; orienté ouest-est, sa porte principale est tournée vers l'Ouest.

L'intérieur de l'abri mesure 12,25 m par 5,60m afin de contenir une large longueur de canots, comme le "Papa-Poydenot" (10.10 m) puis le "Léon-Dufour" (9.80 m).
Les murs font 4 mètres de haut et comportent 4 fenêtres (1) vitrées protégées par des volets battants à persiennes.
Le pignon sud comporte une porte de service (2), dont les 3 clefs sont confiées à 3 personnes différentes, indiquées sur la porte. L'une de ces clefs sera donnée au patron, et les autres aux deux personnes désignées par le comité local. 
Le pignon ouest comporte une grande porte (3) large de 3,50 m permettant l'entrée-sortie du canot monté sur son chariot.
Le haut des deux pignons comporte chacun une petite fenêtre sans carreau (4) fermée par de petits volets à persiennes fixes, permettant d'assurer la ventilation de l'abri.
Le sol de l'abri est en béton creusé de guides pour les roues, afin de faciliter le bon placement du chariot lors de son remisage. 
Au fond de l'abri, de chaque côté de la porte de service, on trouve deux armoires (5) consacrées au rangement de matériel, particulièrement la boîte à outil et la boîte à pharmacie. La boîte à outils est une boîte à compartiments contenant du plomb laminé, de la toile à prélart, douze goupilles en fer, deux marteaux, trois ciseaux à bois, un ciseau à froid, un sac à main, un tournevis, un épissoir en fer, une tenaille, une lime, une clef anglaise, trois poinçons de voilier, trois vrilles, un bidon d'huile d'olive, une boîte à graisse, du coton pour mèches, des clous en cuivre et en fer, des vis en fer, des crampes.Un fanal à bougie, situé au-dessus de chaque armoire contribue à l'éclairage de nuit (6). Au-dessus de la porte de service, prend place un tableau récapitulatif (7) de toutes les sorties effectuées par le canot de sauvetage, le nom du navire sauvé, etc... Entre les trois ouvertures sont accrochés sous des étagères, les 12 gilets de sauvetage de l'équipage (8), en position "prêt à l'enfilage". Les étagères supportent aussi toutes sortes de matériels de rechange, tels poulies, filins et bouts, grappins, seaux, dames de nages etc... ainsi que pots de peintures et pinceaux. Contrairement aux mêmes types d'abris construits, le mur nord est dépourvu de fenêtres.
Un demi-plafond permet  (9) de stocker avirons et agrès de rechange tandis que les avirons en service sont stockés sur des supports fixés le long des murs. Deux bacs à eau douce  (10) sont utilisés pour le rinçage des voiles et gilets, notamment, qui sont ensuite pendus au plafond pour séchage.

Le bâtiment abrite également un étui en fourrure pour envelopper le canot ainsi qu'un taud en toile huilée pour le recouvrir ; trois chantiers à rouleaux pour halage du canot à terre, et garnis de traverses en bois pour les empêcher de s'enfoncer dans le sable mouillé ; un chantier à rouleaux disposé sur une plaque tournante pour faire changer de direction au canot lorsqu'on le hale à terre  ; un vérin et sa barre. 


CANOT "PAPA-POYDENOT"

Ce canot de sauvetage est le fruit des libéralités de M. et Mme Poydenot de Bayonne.

Le canot de sauvetage porte le nom de "Maman Poydenot". Commandé en 1887, il est construit durant l'année 1888 par les chantiers Augustin Normand au Havre et porte le n° de chantier 47. C'est un canot en bois, à redressement, de 10.10 m, 2.27 m de large, 0.975 m de creux, caisses à air en cuivre, 10 avirons. La livraison a lieu en 1890.


Douarnenez - Saint-Pierre-Penmarc'h - Mise à l'eau du Papa Poydenot © Plouhinec

NOUVEAU CANOT

1913 - Le «Papa-Poydenot» a fait son temps. Il est remplacé par le « Léon-Dufour »
Le « Papa-Poydenot» sera affecté à Étel (Morbihan) où il veillera au salut des marins jusqu'en 1940.


Le "Papa-Poydenot à Étel © Laurent-Nel

CANOT "LÉON-DUFOUR"

Ce canot de sauvetage est le fruit des libéralités de M. et Mme Dufour de Paris.
Le canot de sauvetage porte le nom de "Léon-Dufour". Commandé en 1911, il est construit durant l'année 1912 par les chantiers Augustin Normand au Havre et porte le n° de chantier 121. C'est un canot en bois, inchavirable, de 9.80 m, 2.60 m de large, 0.94 m de creux, caisses à air en cuivre, 10 avirons. La livraison a lieu en 1913.


"Léon Dufour" échoué après le naufrage du 23 mai 1925 © L'Illustration

M. et Mme POYDENOT, généreux donateurs du « PAPA-POYDENOT »

M. Paul Poydenot
Portrait réalisé 1864 par Léon Bonnat
© Musee beaux arts Bayonne

Jean Bernard Paul Poydenot dit Paul Poydenot (1816-1890) est issu d’une famille de notables de Bayonne. 


Paul Poydenot se marie en 1853 à Paris avec Marie Dumoulin, qui décède en 1859. 

En 1875, il épouse en secondes noces Caroline Fouret. 

Les activités de négociant de Paul Poydenot le mènent à acquérir une fortune confortable.

Généreux et modeste, il consacre une belle part de sa fortune aux bonnes œuvres.

Mme Caroline Fouret Poydenot
Portrait réalisé 1872 par Léon Bonnat
© Musee beaux arts Bayonne

Son testament rédigé le 25 juillet 1889 laisse à sa ville natale une rente de 100 000 francs, le leg de ses collections d'art (sa femme en reste usufruitière) et un leg de 10.000 fr. à la SCSN pour l'achat d'un Canot de Sauvetage. L'année de sa mort, en 1890, le « Maman-Poydenot» est affecté à la nouvelle station de Saint-Guénolé-Penmarc'h.

Par testament, Caroline Fouret Poydenot fait elle aussi un leg à la SCSN pour l'achat de deux Canots de Sauvetage. Après son décès, le 24 février 1901, le « Papa-Poydenot », ainsi nommé en mémoire de son mari, est offert à la station de Saint-Pierre-Penmarc'h. Puis c'est le «Alexandre-van-Maseyk» qui est offert au Guilvinec en 1902.


M. et Mme Poydenot ont doté la SCSM de trois canots de sauvetage :

Canot offert par M. Paul Poydenot :

" Maman-Poydenot " canot de 9,78 m, (1890-1952) affecté à la Station de Saint-Guénolé-Penmarc'h.

Canots offerts par Mme Caroline Poydenot :

" Papa-Poydenot " canot de 10,10 m, (1901-1913) affecté à la Station de Saint-Pierre-Penmarc'h.

" Alexandre-van-Maseyk " canot de 10,10 m, ( 1902 -1912 ) affecté à la station de Guilvinec.

Le «Papa-Poydenot», deuxième du nom, classé monument historique, est visible à Saint-Pierre-Penmarc'h.

M. LÉON DUFOUR, Généreux Donnateur du « LÉON-DUFOUR »

Adrien (Léon) Dufour, Notaire de la Société
Centrale de Sauvetage des Naufragés
photographié par Nadar


Napoléon, Jean, Joseph, Adrien Dufour dit "Léon" était l'ancien notaire en charge des intérêts et des affaires de la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés, bien placé donc pour connaître l'importance des dons faits à la société pour la bonne marche de l'œuvre. 

En 1881, Adrien Dufour se marie avec Geneviève Crépon.

Devenu notaire Honoraire, il décède le 16 novembre 1911 à l'âge de 56 ans. Dans son testament, il lègue 10.000 fr. à la SCSN.

Courant 1912, Mme Geneviève Dufour fit un don de 5.000 fr. pour être affecté, avec les 10.000 francs légués par son mari, à la construction d'un canot qui portera le nom de « Léon Dufour ».

Geneviève Dufour décédera en 1932.


ANNALES DU SAUVETAGE (4ème trimestre 1911)
NECROLOGIE

Napoléon-Jean-Joseph-Adrien Dufour Notaire honoraire,
Ancien notaire de la Société Centrale.


La Société Centrale vient d'éprouver une perle douloureuse en la personne de M. Dufour (Adrien), notaire honoraire, qui, après avoir succédé en 1883 à son père Dufour (Jean), fut notaire de la Société pendant vingt-sept ans.
Chaque année, dans nos assemblées générales, est proclamé le prix Jean Dufour, fondé en reconnaissance d'un legs de 10.000 fr. fait à la Société Centrale.
Nous apprenons qu'un legs semblable vient d'être laissé à la Société par M. Dufour (Adrien), qui met ainsi le sceau, par la plus généreuse libéralité, aux témoignages qu'il n'avait cessé de donner de son profond attachement à notre Œuvre.
Nous adressons à Mme Dufour (Adrien), à son fils M. Dufour (Jean), notaire de la Société, et à leur famille, avec l'expression de notre vive gratitude, nos respectueuses et sincères condoléances.


MARINS SAUVETEURS OU DOUANIERS ?

Saint-Guénolé habritait une station SCSN et un Poste des Douanes. Les Douaniers et les Marins Sauveteurs avaient chacun leur domaine d'intervention : Les Marins Sauveteurs et leur canot de sauvetage en mer (forcément) et les Douaniers à terre : Quand un bateau faisait naufrage, le canot de sauvetage allait à son secours. Pour peu que le navire en perdition arriva à la côte, c'étaient les Douaniers qui prenaient le relais. Ainsi, ce sont ces derniers qui intervinrent pour la sauvetage de l'Antoinette.


Intervention du canot des Sauveteurs en Mer

Intervention des Douaniers par va-et-vient


LE POSTE DES DOUANES DE SAINT-GUÉNOLÉ

L'inauguration de la station de Saint-Guénolé eut lieu le xxx.

Le poste de douanes comprend principalement deux types d'équipements de secours : Le fusil et le canon lance-amarres en vue de gréer un va-et-vient entre la terre et le navire en perdition.



Deux types de fusils sont utilisés pour lancer des flèches Delvigne en bois : Le Fusil de rempart et le Mousqueton de gendarmerie.

Fusil de rempart

Mousqueton de gendarmerie

Flèche Delvigne pour fusil ou mousqueton


Deux types de canons sont utilisés pour lancer des flèches Delvigne en bois ou en fer :
Principalement le canon lance amarre de type Perrier et, dans une bien moindre mesure, le canon-mortier Mamby d'origine anglaise.


Canon Perrier

Canon-mortier Mamby


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