LES CHAPELLES DE PENMARC'H

Cinq chapelles sont encore visibles même si quelques autres ont disparu...

(NB : La localisation des chapelles disparues reste approximative.)


CHAPELLE NOTRE-DAME DE LA JOIE AU-PÉRIL-DE-LA-MER

La Chapelle Notre-Dame de la Joie date du XVème siècle. Sur son calvaire, on peut trouver une date : 1588 (XVIème siècle). 

Elle est construite selon un plan rectangulaire avec un appentis au nord et une façade à l'ouest surmontée d'un clocher et de deux tourelles. Nous sommes encore et toujours dans la période commerciale florissante de Penmarc'h.

Cette chapelle, protégée des fureurs de la mer n'est pas empreinte de tristesse et de douleur mais plutôt consacrée à la joie, aux remerciements. Joie des naufragés restés vivants, remerciements des autres épargnés par la mort et le naufrage.

Ces "miraculés" pouvaient respecter leurs voeux ou exprimer leur gratitude à la Vierge le 15 Août de chaque année. C'est en effet le jour du Pardon de Notre-Dame de la Joie, LA fête locale. Derrière la bannière et la statue, ceux qui avaient fait voeu défilaient un cierge à la main, tête et pieds nus, ne portant qu'une longue chemise blanche...

C'était plutôt là la fête des vivants que des morts...

En 1888, réfection du mur de défense.

En 1889, la chapelle est menacée d'être vendue et dé-consacrée. L'affaire est abandonnée après que les religieux eussent protesté. En 1890, la chapelle est restaurée.
Un ouragan emporte endommage la toiture (partie N-E) dans la nuit du 10 au 11 Novembre 1891. La toiture est réparée en décembre.
Une remise est construite entre les 9 Juin et 13 Juillet 1895.
Entre Novembre et Décembre 1897, le mur de défense de la chapelle de La Joie est rénové. La construction est plus sérieuse qu'en 1888. Un dallage est construit à l'Ouest de la Chapelle. Les lambris intérieurs sont restaurés. Ces travaux sont achevés en Juillet 1898.
La chapelle est classée aux Monuments Historiques le 7 Février 1916.

Après la procession, le pardon se transformait en fête profane, avec danses, manèges, boissons et marchand ambulants...

C'est là qu'on y vendait les fameuses Épingles de Pardon (Spilhenn Pardon).

CHAPELLE DE TRONOAN

Le nom de Tronoën ou Tronoan viendrait, d'après l'ouvrage "Antiquités du Finistère" (1835) du Chevalier Christrophe de la Poix de Frémainville, du Breton Traoñ Houarn (Lit. Vallée du Fer). La chapelle de Tronoën (ou Tronoan) et son grand calvaire, datent du milieu du XVème siècle (1450) et sont bâtis sur un ancien "oppidum" que deux voies romaines reliaient à Quimper.

La chapelle est un un édifice rectangulaire à une seule nef. Son autel comporte une table monolithique de 5,35 mètre.
Son grand calvaire est constitué d'un soubassement rectangulaire de 4 m 50 sur 3 m 50. Il comporte deux frises, surmontées de trois crucifiés : le Christ et les deux larrons. Il est fait de granit Scaër (grisâtre) et de pierre de Kersanton (plus fin et jaunâtre) et les scènes sculptées avec deux méthodes : hauts reliefs et "rondes et bosses".

La chapelle et le calvaire sont sur la surveillance et la protection de trois guetteurs.

Le pardon a lieu le troisième Dimanche de Septembre.


Grand calvaire de Tronoën

La procession du pardon


LA CHAPELLE DE LA MADELEINE

La Chapelle de la Madeleine fut construite en deux temps. A l'Ouest, la partie basse dite chapelle primitive, consacrée à Saint Etienne, date du début du XVème siècle . La pierre du linteau de la petite fenêtre est gravée 1410 en témoigne.
La seconde partie, à l'Est est consacrée à Sainte Marie-Madeleine et a été construite au XVIème siècle. C'est le nom de la Saint qui a prévalu.
L'ensemble est composé d'une nef et d'un coeur à trois travées. La chapelle comporte également deux fontaines, dont une située a plusieurs centaines de mètres était consacrée aux dévotions au Saint patron.

En 1793, la chapelle est vendue à Pierre Durand, maire de Penmarc'h et à Jean Durand dit Robin. En 1819, la chapelle est restituée à l'Église et intégrée à la paroisse de Penmarc'h à la paroisse.
En 1884, le toit de la Madeleine est réparé, côté Sud-Ouest.
En 1890, la chapelle est restaurée.

La fontaine de l'enclos et la croix du XVIème siècle.
© JL Guégaden


Les vitraux ont été rénovés par Jean Bazaine sur une demande de l'Abbé Maurice Dilasser. L'oeuvre intitulée "La résurrection" (à travers la Vie de Marie-Madeleine), d'inspiration moderne, a été inaugurée lors du pardon du 26 Juillet 1981.


Les vitraux de Bazaine © JL Guégaden 2018


LA CHAPELLE SAINT PIERRE

La chapelle Saint-Pierre date du XVIème siècle (encore ! ). C'est une construction de plan rectangulaire, appuyée sur une tour carrée du Moyen-Age. Une tour carrée qui à l'époque constituait une défense du port. Avant de devenir sémaphore. Il existait aussi un "cimetière marin" attenant à la chapelle. Ce cimetière n'était pas utilisé par les autochtones, mais pouvait servir de sépulture à des naufragés.

Raccourcie de moitié vers 1835, la chapelle fut restaurée en 1843 et sa toiture refaite en 1930.
En 1861, le terrain à l'ouest de la Tour à Feu est vendu à la Marine pour y construire un sémaphore.
En 1890, la chapelle est restaurée.
Nouvelle restauration de la Chapelle Saint Pierre en 1897. Cette même année, création du feu de la Saint Jean à Saint Pierre.

Le pardon, pardon des petits enfants, est encore fêté le 29 juin (ou son Dimanche le plus proche), jour de la St Pierre.

Cette chapelle est maintenant jouxtée par les deux phares.



L'ancienne Chapelle de Saint Pierre, qui est près du (petit) Phare a été raccourcie de moitié. Néanmoins elle ne fut jamais aussi importante que les églises de Penmarc'h et Kérity. Sa tour carrée solidement construite et qui sert de contrefort au poste sémaphorique paraît dater du XVème siècle. On y voit à un angle, une guette en nid d'hirondelles percée de meurtrières. Aux angles principaux, à milieu de la hauteur, sont placées des cornières représentant des figures d'hommes et d'animaux. L'intérieur de cette chapelle, dont le pardon a lieu tous les ans le 29 juin, n'a rien de remarquable que de vielles statues de St Pierre, de la mère de Dieu, de Sainte Barbe accotés à un fort, et un placide Saint Nicolas. Autrefois on y voyait un maître hôtel en albâtre, orné de bas reliefs gothiques sculptés et dorés qui provenait de la riche église de Kérity. Je n'ai savoir ce qu'il est devenu.

Extrait de "Les Bigoudens" de Gabriel Puyg de Ritalongi (Observations de 1894)


LA CHAPELLE SAINT MARC

La chapelle Saint-Marc située à Kéradennec, date du XVIIème siècle. C'est une construction de plan rectangulaire.
En 1890, la chapelle est restaurée. Ajout d'une pierre sacrée neuve.


 © JL Guégaden 2008


LES CHAPELLES DISPARUES

Pourquoi ce chapitre ? Car pas mal de chapelles ont disparu, victimes du temps, de la désaffection, de la dé-sacralisation, des aléas économiques...

Souvent utilisées comme "carrières" bon marché, ces édifices ont vu leurs moellons disparaître pour resservir à la construction de telle maison de maître de barque, pour réparer tel autre édifice religieux, etc...

Certaines ont été rappelées à notre mémoire par des rapporteurs de l'histoire locale tels Jacques Cambry (Observations de 1794-95), le chevalier Christophe de la Poix de Fréminville (Observations de 1835-36), Gabriel Puyg de Ritalongi (Observations de 1894), le Recteur François Le Coz (Rectorat de 1888 à 1911), le Recteur François Quiniou (Rectorat de 1921 à 1931) ... pour les plus connus.

  • La chapelle de Saint Fiacre et de Saint Sébastien qui était située non loin de l'ancienne église Saint Guénolé (Tour Carrée) date du XVème siècle. Cette chapelle avait une superficie d'une centaine de mètres carrés, son entrée à l'ouest, face à l'autel. Sa superficie étant devenue incompatible avec le nombre grandissant d'habitants à Saint Guénolé, le culte fut dispensé à l'Église Saint Guénolé (dite Tour Carrée) en 1488. A partir de 1722 et pendant de nombreuses années, elle a servi d'église à la communauté quand l'église Saint Guénolé fut impropre à la célébration du culte. Elle a subi plusieurs restaurations (1723,1769) qui n'ont pas suffit à la préserver de la ruine. Entre 1845 et 1887 toutes les pierres ont été vendues... C'en fut fini de la chapelle Saint Fiacre.

  • La chapelle Saint Laurent qui était située au nord de l'actuel cimetière du Bourg de Penmarc'h date probablement du XVème siècle. Les dernières ruines de la chapelle disparaissent vers 1810.

  • La chapelle Saint-Jean-Baptiste qui était située non loin du port de Kérity, vers Kervily.

  • La petite chapelle du Pennity, dédiée au Sacré Coeur, faisait partie d'une maison fortifiée qui fut presbytère jusqu'en 1877, date à laquelle il fut occupé par les soeurs des Filles de la Sagesse qui en firent l'école des filles jusqu'en 1903. Une partie du mur crénelé a survécu au pillage...

  • La chapelle du Crucifix, située entre Poullgallec et Talarou, dont les vestiges étaient encore visibles en 1888.


  • Enfin, la chapelle Sainte Croix qui était située... je ne sais où !!!