LA FONTENELLE

Le Baron Guy Éder de Beaumanoir de la Haye, dit la Fontenelle est né en 1573 dans l'ancienne paroisse de Bothoa, aujourd'hui en Saint-Nicolas-du-Pélem.

Il est issu d'une ancienne famille de Bretagne qui résidait dans le manoir de Beaumanoir au Leslay, près de Quintin (Côtes-d'Armor).

Manoir de Beaumanoir

A l'âge de 15 ans (1587) l'élève du prestigieux collège Boncourt à Paris, décide de rejoindre les catholiques à Orléans. Il s'enfuit après avoir vendu ses livres et quelques effets afin de s'armer d'un couteau et d'une épée...

Il s'enrôla sous la bannière du Duc Philippe Emmanuel de Mercoeur, beau-frère du Roi HENRI III et Gouverneur de Bretagne pour combattre les Protestants : A 17 ans déjà, il commandait 3000 hommes !
Revenu dans son pays, il a écumé la Haute Bretagne et la Cornouaille à partir des châteaux de Callac et de Corlay. La Fontenelle est entré dans la "légende" par ses cruautés. Disposant d'une troupe de 400 cavaliers, il s'est livré à des meurtres, des massacres et des pillages.
Mais bientôt, la lutte contre les Huguenots, assez peu présents en BRETAGNE, ne fut plus qu'un prétexte et La Fontenelle devint un vulgaire chef de brigands redouté par sa roublardise et sa cruauté. Il avait pour surnom " Ar Bleis " (Lit. le loup), surnom qui semait la terreur dans toute la population Bretonne.

Philippe Emmanuel De Mercoeur, Duc de Lorraine


En 1596, La Fontenelle sera le bourreau de Penmarc'h. Il portera au Cap Caval un coup dont il ne saura se remettre. Il met à sac la ville, massacre ou brûle plus de 3000 habitants dans l'Eglise du Bourg. Personne ne sera épargné. Il "emprunte" alors quelques 300 bateaux pour ramener son formidable butin sur l'Île Tristan de Douarnenez dont il fait son quartier général.


Afin de protéger le fruit de ses mises à sac, il décide de fortifier son île. Ainsi, il oblige les habitants de Douarnenez à démolir leurs maisons pour édifier des fortifications. Assiégé par des milliers d'habitants révoltés, sa garnison forte de 700 à 800 soldats aguerris en massacre 1 500 dans une seule journée.

L'Île Tristan a un maître. Il lui manque une maîtresse : En visite chez M. de Coadelan, Guy Eder enlève sa toute jeune fille dont il tombe amoureux. Marie Le Chevoir de Coadelan est alors à peine âgée d'une dizaine d'années et devient son épouse. Amoureuse de Guy Eder, elle ne sortira que très peu de son île prison…


Douarnenez. L'ile Tristan ® Levy


En 1597, il échoue dans sa prise de Quimper.
Vexé, il se retourne contre Pont-Croix qui a refusé de lui payer tribut. L'expédition punitive fut terrible et sans risque car la ville était sans protection. La Fontenelle toujours aussi perfide promit la vie sauve aux habitants si ceux-ci se rendaient. Il ne respecta pas sa parole et répondit avec meurtres, viols, pillage… Le Capitaine de la Place , La Villerouault fut pendu.
En 1598, le traité conclu entre le Duc de Mercœur et le roi Henri IV lui apporte le pardon pour ses crimes.
Il quitte l'Île Tristan et retourne dans son château du Leslay à Quintin-Le-Vieux

Beaucoup avaient gardé rancœur et haine envers lui. Ainsi il est accusé d'avoir participé à la conspiration du duc de Biron au profit des Espagnols.
Comme si cela ne suffisait pas, la famille de La Villerouault porta plainte pour le crime de Pont-Croix. Toutes les "vieilles histoires" sont ressorties a l'occasion du procès : Exactions, forfanteries, crimes en tous genres, massacres, mises à sac… Rien ni personne ne pu le sauver.

Le Parlement de Paris le condamna pour haute trahison au supplice de la roue.
Il fut exécuté et rompu vif à Paris en place de Grève en septembre 1602.                               Henri IV
Il avait 28 ans.

Sa femme, Marie Coadelan de Beaumanoir n'avait jamais connu l'étendue des forfaits de son "vertueux époux" qui avait toujours su dissimuler ses forfanteries à sa jeune épouse.
Elle mourut de chagrin en 1603. Elle avait 18 ans.