LE MOYEN-ÂGE ET L'AIRE MODERNE DE PENMARC'H

Le Moyen-Âge n'est pas la période la plus florissante de Penmarc'h.

La vie n'y est pas facile, que l'on soit paysan ou marin.

Les dunes ont continué à avancer inexorablement.
Au sud de la Chapelle de Tronoën, le sable a recouvert des nécropoles comme celle de Saint Urnel (ou Saint Saturnin) datée du Haut Moyen-Age 1 et du début du Bas Moyen-Age et découverte par Paul du Chatellier (encore lui...).

Le Bas Moyen-Âge (XIVème siècle) voit cependant ses activités halieutiques battre leur plein : La flotte croissante de barques de pêche ramène en nombre des congres, juliennes, merlus qui sont traités dans les sécheries de Kérity. Une flotte de transport commence à s'organiser afin d'exporter ces denrées dans les ports de France où le poisson de Tréoultré est réputé.

(1) Le Haut Moyen-Age (VI au Xème siècle) est PLUS ancien que le Bas Moyen-Age (X au XVème siècle)...


La Tour St Pierre, tour de guet du Moyen-Âge



Le début de l'Ere Moderne (XVème siècle) voit les activités de pêche et de transport maritime de Penmarc'h devenir très importants.

L'"Anglois" croise au large des Etocs et se permet parfois quelques exactions, comme en 1403, où la flotte de l'Amiral Guillaume de Wilford, forte de 6000 hommes, met à sac le port de Kérity et massacre la population.


Dom Lobineau écrivit vers 1707."Guillaume de Wilford, escuïer anglois, avec une flotte montée de six mille hommes, prit sur les costes de Bretagne quarante navires chargés de fer, d'huile, de savon et de vin. Il en brusla quarante autres, et abordant à Penmarc il brusla tout le païs et saccagea les environs; il mit le feu aux faubourgs de St Mahé, vers le commencement de novembre, et fit grand carnage dans le païs alentour"

Quelques années plus tard, les ressources de la pêche vont en diminuant et les anciens pêcheurs commencent à se recycler dans le cabotage sur des bateaux de faible tonnage, plus légers et plus maniables. Ils effectuent le transport du vin jusqu'à Bordeaux pour le Sud, jusqu'aux ports de la Mer du Nord…pour le Nord.

La ville est prospère et son port de Kérity toujours florissant. C'est en cette toute fin de siècle que les notables et les maîtres de barques commencent à s'ériger en mécènes et font construire la majorité des édifices religieux du Cap Caval. Ils veulent que ces Églises et Chapelles portent les sceaux de leur réussite : C'est pourquoi ces édifices auront la particularité unique de comporter sur leurs murs des bas reliefs représentant des navires et des poissons...

1488

1488


1500

1508


Les barques du Cap Caval commencent le transport du pastel depuis Toulouse jusqu'aux ports de l'Atlantique et de la Mer du Nord, toujours. Ils vont bientôt en avoir le monopole.


En 1585 débute la Huitième et dernière guerre de Religion. Elle sera le prétexte à tueries et à pillages. En 1595, un capitaine catholique de dix-huit ans, Guy Eder de Beaumanoir dit La Fontenelle sera le bourreau de Penmarc'h et portera au Cap Caval un coup dont il ne saura se remettre. Il met à sac la ville, massacre et brûle plus de 3000 habitants dans l'Eglise du Bourg et "emprunte" quelques 300 bateaux pour ramener son butin sur l'Ïle Tristan de Douarnenez.

Cette tuerie qui a marqué les mémoires s'ajoutera au déclin commercial amorcé 50 ans plus tôt : En cette aire moderne, le concept commercial s'affirme et s'industrialise. Les maîtres de barques indépendants ne peuvent rivaliser avec les Compagnies et les grands armateurs. Il faudrait s'associer en syndicats et pouvoir compter sur un arrière pays qui doive exporter des marchandises et en importer d'autres. Mais les fiers marins ont le caractère indépendant, la région n'est pas en sur-production et les infrastructures "routières" peu développées.

Le XVIIème est pour Penmarc'h-même (!) un siècle léthargique. Le cabotage a repris, plus sud côté Atlantique et jusqu'à la mer du Nord. Les maisons éparpillées tombent en ruines, inhabitées ou pas entretenues, faute d'argent : Kérity est abandonné par les notables, au profit de Pont l'Abbé, plus sure et plus agréable à vivre. Les marins "caboteurs" de Kérity déménagent souvent vers l'Île Tudy, à l'embouchure du ria de Pont l'Abbé.