ÉPHÉMÉRIDES DU RECTEUR LE COZ 1907 - 1908

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6 janvier — Au lieu de corriger simplement la Loi du 9 Xbre 1905, ou ce qu'elle a de contraire à la Constitution Divine de l'Église, les deux chambres ont approuvé la deuxième Loi Briand qui est encore plus tyrannique, plus hypocrite et plus injurieuse que la première, parce qu'elle enchaîne plus étroitement les Catholiques, au nom de la Liberté !

En prévision des événements futurs, j'ai loué pour 20 francs par mois, la petite maison neuve de Sébastien Quillec, boulanger, en face de la porte du Baptême et deux chambres et un cabinet chez Alain Nicolas dont la maison est attenante à la sus-dite maison Quillec.  


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29 - 30 janvier — Le petit séminaire de Pont-Croix et le grand séminaire de Quimper sont crochetés et les élèves brutalement jetés sur la rue... De jeunes gens studieux, future gloire de la France... Quelle cruauté ! Quelle infamie ! O honte des nations civilisées !

Clémenceau et Briand ne s'entendent guère que pour persécuter les Catholiques et prolonger leur agonie (???). Briand semble reculer encore...

3 février — Lecture en chaire de la lettre des 87 Cardinaux, archevêques et évêques de France au T.-St.-Père Le Pape Pie X. Lecture également de leur Déclaration au Peuple Français. Nous attendons d'autres événements.

Le roi d'Angleterre Édouard VII est en France ! Serait-ce pour activer ou modérer la persécution ? On sait que Clémenceau (non baptisé) est vendu et a, en quelque sorte, vendu la France à ce roi très puissant et le plus grand politique de son temps.

19 fév. — Mgr ordonne une quête à domicile pour le « Denier du Culte » c.à.d.

1° Pour la subsistance du clergé paroissial.

2° Pour érection et entretien du Petit Séminaire et du Grand Séminaire après la spoliation accomplie. Ne vaudrait-il pas mieux faire appel aux paroissiens et les prier de venir déposer leur offrande à la  


Grand séminaire de Quimper (Kerfeunteun) © Villard

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sacristie dans les paroisses comme Penmarc'h (Guilvinec, etc) où il y a un grand nombre de fonctionnaires et d'employés du gouvernement, un grand nombre de retraités ou aspirant à une retraite, de marins briguant un poste, ne serait-ce qu'une place à bord d'un des bateaux de sauvetage ?...etc.

Dimanche 17 février, une réunion de 12 personnes composée de marins, demi-marins, cultivateurs, ont longuement traité cette question, au presbytère. Ils ont demandé quinze jours de répit pour étudier et sonder l'esprit de la population, l'éclairer, dissiper les préventions, etc. La réponse définitive sera donnée le dimanche 3 mars, après Vêpres. Le séquestre dure depuis le 14 décembre 1906 : personne ne s'est encore présenté pour ouvrir l'armoire à trois Clefs ni recevoir les Comptes Clos le onze décembre dernier. « Lentement mais sûrement, prolongeons l'agonie, quand la mort viendra, le peuple habitué à l'attendre ne s'en apercevra guère ». Telle est la manœuvre
de nos gouvernants francs-maçons et athées.

Au Guilvinec, 7 conseillers municipaux votent pour la jouissance gratuite de l'Église ; onze votent contre ! La préfecture veut louer le presbytère 650 fr, la Commune de Guilvinec demande 800 fr. Le Recteur refusera.


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20 fév. — Mr le Recteur de Tréffiagat est mis en demeure de quitter le presbytère dans les huit jours. Cette sommation vient de la part du maire Mélénec, cultivateur à Penn-Dreff-Tréffiagat.

26 Février — Même sommation à Mr Guillou, recteur de Plobannalec.

3 mars — Le Recteur de Penmarc'h explique aux paroissiens que la quête pour le « Denier du Culte » (Diner ann Iliz) ne peut se faire en ce moment de l'année pour diverses raisons : pénurie d'argent, de pêche, etc, etc. Elle sera faite quand la pêche sera fructueuse. En attendant, Monseigneur l'Évêque a besoin d'argent pour ouvrir quelque part un petit séminaire et un grand séminaire et recueillir les étudiants brutalement jetés sur la rue, il y a un mois. Prière aux personnes aisées de venir déposer leur offrande entière ou partielle : elles auront notre visite de remerciement lors de la quête à domicile.

5 mars — Lettre de Mr Le Maire offrant la location du presbytère pour 500 fr par an, plus les impôts, les réparations locatives, suivant décision du conseil municipal du 17 février dernier. Bail de neuf ans irrésiliable !

7 mars —Mr Le Recteur répond : « Le presbytère appartient à l'église, non à la commune. J'y suis, j'y reste gratuitement de droit à raison de mon titre


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« et de ma charge de Recteur de Penmarc'h : je paierai, comme d'habitude, les réparations ordinaires, les impôts et les assurances. Ci joint q.q. notes concernant l'ancien presbytère de Penity et le nouveau presbytère au bourg paroissial.»

J.-M. Le Coz, Recteur.

8 mars — Envoi de 30 exemplaires de la Partie Officielle de la Semaine Religieuse de ce jour aux principaux habitants de Penmarc'h, sans distinction de parti ni d'opinion. Le *Calligraphe rapide nous rend un vrai service.

15 mars — Expédition aux conseillers municipaux et aux anciens conseillers de Fabrique, des lettres du Maire en date des 4 et 9 mars, avec ma réponse documentée. (voir aux archives) Mr Le Maire poussé par l'instituteur Lautrédou et le préfet Rumonet, prétend, sans preuve, que le presbytère est une propriété communale et non Fabricienne. Mr Le Recteur répond, en indiquant les sources des preuves,

1° que le presbytère du bourg est un bien ecclésiastique et sacré

2° qu'il en revendique la propriété pour l'église paroissiale Catholique de Penmarc'h.

3° qu'il se croirait traître et félon en agissant autrement après avoir, il y aura bientôt vingt ans, juré sur l'Évangile de défendre les biens de son église.

Expédition des dites lettres à plusieurs habitants instruits de Penmarc'h.

(*) Note en marge : plutôt polycopie

   

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6 avril — Le presbytère communal du Guilvinec a été loué par Mr Corre, usinier, pour le Clergé de la paroisse.

Mr Guillou, recteur de Plobannalec est sommé de quitter son presbytère (communal) depuis le 3 avril, sous peine de 50 fr d'amende par jour ! Il y reste, bien entendu.

Mr Morvan, Curé de Pont-L'Abbé a acheté son presbytère : 25.000 francs.

Les prêtres de Tréffiagat occupent toujours leur presbytère (paroissial).

Les marins de Lesconil, de Leschiagat, du Guilvinec s'abstiennent, en masse, de la Pâque. Ils montrent ce qu'ils sont, ce qu'ils valent. A Penmarc'h, il y a moins d'abstentions, Dieu merci. J'ai déjà, pour ma part, confessé 830 personnes : autant d'hommes que de femmes.

Aucune nouvelle de la Mairie depuis le 12 mars.

12 avril — La femme de Michel Quenet, de St-Guénolé, après une ivresse de quinze jours, va se pendre près de Pendreff, en Plomeur. J'ai refusé les honneurs de la sépulture religieuse, bien entendu.

21 - 24 avril — J'ai dit du haut de la chaire : 2.500 personnes différentes, environ, ont rempli leur devoir pascal ; de 800 à 900 hommes et de 200 à 250 femmes, environ, ont manqué à ce devoir, par crainte, indifférence, etc. Quelle différence en 1894-95-96 !
— 217 filles et 197 garçons suivent la retraite de Communion.
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Nous avons six ouvriers étrangers : M.M. Pédel chanoine honoraire, recteur de Combrit : Jézéquel (Plomeur) Miossec (Tréffiagat), Tanguy (Pt-L'Abbé) Le Meur (Plobannalec), Gaonac'h (Guilvinec).

Les séminaristes rentrent, vendredi au Carmel de Brest. Penmarc'h y envoie Mr Le Pemp, minoré et Mr Stéphan élève de philosophie. Ce dernier est prié d'attendre...

29 avril — Sommation par huissier d'évacuer le presbytère dans les huit jours ! Comme à Plobannalec et à Tréffiagat. J'ai répondu : « Je ne sortirai que par la force
— Légale, à dit l'huissier, Mr Vauchel.
— Légale ? allons donc ! Ne mettez pas cet adjectif inqualifiable.
— Je l'omets, dit l'huissier, voulez-vous signer ?
— Non, inutile, je ne suis point esclave...
— (Vauchel) J'inscrits inutile. » Calme et politesse.

— Après demain, mercredi, j'irai tranquillement faire la Retraite des Enfants à Guilvinec. Je rentrerai dimanche matin pour le Petit Pardon de St-Guénolé. J'ai écrit à Monseigneur l'Évêque, à Plouigneau à Mr Couderc, notaire de l'Église, avec prière de communiquer nos papiers au séquestre qui s'entendra, comme il le pourra, avec la Commune. Je défends absolument de rien bouger avant mon retour. Nous verrons ce qu'il y aura à faire ensuite. Nous attendons les ordres de Mr l'Évêque, en tournée de Confessions.

F.M. Le Coz, Recteur de Pc'h


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6 mai — Nous commençons à déménager, mais mollement pour laisser aux Conseillers municipaux le temps de la réflexion.

9 mai — Le jour de l’Ascension, j'ai exposé la situation aux paroissiens, lesquels, pour la plupart, n'y voient nullement clair. Ils ne comprennent que la question d'avantage, de profit, d'argent, de bien-être et trouvent que le Recteur a tort de quitter un si beau presbytère, avec son jardin et ses deux champs. Quelle mentalité ! Quels mœurs ! Et dire que je les évangélise depuis vingt ans ! Ai-je fait tout mon devoir ? J'ai dit, en substance :

« Je ne puis louer pour un centime le presbytère parce-que c'est un bien ecclésiastique et sacré dont je suis le gardien. Je serais traître et félon, excommunié, si je livrais la moindre parcelle des biens de l'église, des défunts, des pauvres... Pour me chasser, il faudra des gendarmes, des canons...»

10 mai — Je couche tout seul au presbytère... Nous y mangerons tous en commun, jusqu'à l'expulsion manu-militari.

Le déménagement continue. Pas de curieux.

15 mai — J'écris à Monseigneur l'Évêque : (situation matérielle exposée)

« Le jour de l'Ascension (9 mai), j'ai exposé clairement et vigoureusement notre situation à Penmarc'h.

Dans la paroisse, diverses opinions depuis les plus stupides jusqu'aux plus sensées.

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Plusieurs Catholiques dévoués eussent vu de bon œil et souffrent de bon cœur la suppression du Clergé à Plobannalec et à Penmarc'h, car il faut un exemple frappant pour ouvrir les yeux à ces aveugles, à ces ignorants plus ou moins de bonne foi.

Mes vicaires et moi sommes prêts à exécuter les ordres de votre Grandeur.

M.M. Mauduit Frères, Mr Couderc, notaires, Mr Fédou (Toulouse), Mr Ricard (Lyon) et autres jurisconsultes déclarent ouvertement que le nouveau presbytère construit au bourg de Penmarc'h, Leac'h-ar-Puziat, Leac'h-ann-Anaoun, appartient à l'église paroissiale et nullement à la Commune de Penmarc'h.

17 mai — Monseigneur l'Évêque me répond de St-Sauveur de Brest-Recouvrance (où j'ai été vicaire pendant 12 ans et 3 mois) :

« Mon bien cher Recteur, j'approuve votre manière de faire et je tiens à l'expulsion manu militari.

Il y a, ce me semble dans votre cas, un moyen d'aller en référé : c'est de soutenir que la municipalité n'a pas le droit de vous faire sortir d'un immeuble qui ne lui appartient pas, ou du moins qui n'est pas prouvé lui appartenir. Peut-être pourrions-nous rester ainsi sur nos positions,


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jusqu'à l'intervention du séquestre et jusqu'au jugement définitif sur le fond.

Laissons les événement se se produire, mais faisons cette attaque de flanc, s'il y a moyen.

Abandonner définitivement une paroisse comme Penmarc'h serait d'un bon exemple, mais je crains que cette mesure ne produise pas l'effet qu'on en attend. Il faudra revenir après avoir végété ici où là pendant un certain temps et probablement sans avoir obtenu satisfaction.

Le soin des âmes bien innocentes de ces malheurs semble réclamer notre présence au poste avec des modifications dans le service que nous aurons à terminer quand le Crime sera consommé.

Veuillez agréer, cher Monsieur le Recteur, l'assurance de les sentiments affectueux et dévoués.

François-Virgile1 Évêq. de Quimp. et Léon

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18 mai, 6h du soir — Assignation en référé pour le 23 mai à 9h ½. J'expédie à l'Évêché la correspondance échangée entre Mr Le Maire et moi et je prie Monseigneur de juger s'il est utile de la faire étudier par un des jurisconsultes du comité constitué à Quimper.


Note KBCP :
(1) Lire François-Virgile Dubillard


François-Virgile Dubillard © Archives diocésaines de Quimper

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Pour compléter le dossier, il serait utile de joindre à cette correspondance, les lettres que j'ai adressées à l'Évêché, du 2 juillet 1888 au 18 mai 1903, relativement à la question des deux presbytères de Penmarc'h : Pénity et le nouveau presbytère à Leac'h-Puziat et Leac'h-ann-Anaoun, près Kerdavid.

20 Mai, Lundi de Pentecôte — Je donne une explication claire et nette des fondations et de leur fonctionnement à Penmarc'h depuis 1585 jusqu'à ce jour. Instruit par l'exemple de Mr Pochet, recteur de Penmarc'h qui prêta le serment à la Constitution Civile du Clergé en 1791 et rétracta ce même serment le 15 août 1797, je déclare avec une forte voix que je peux empêcher mes paroissiens de devenir des hérétiques, des schismatiques, des damnés. Je suis constitué le gardien des biens ecclésiastiques, presbytères, terrains, etc, de la paroisse de Penmarc'h et j'obéis de grand cœur à Notre Très-Saint-Père Le pape Pie X qui a condamné et réprouvé la prétendue Loi du 9 Décembre 1905. Elegi abjectus esse in domo Dei mei magis quam habitare in tabernaculis peccatorum (Ps. 83 Vst 11)

Note KBCP : 
(1) J'ai préféré l'abjection dans la maison de mon Dieu, au séjour que j'aurais pu faire dans le palais des pêcheurs.

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27 mai — Jeudi dernier, 23 mai, le juge des référés a accordé 8 jours au Maire de Penmarc'h pour présenter les titres de la Commune à la propriété du nouveau presbytère.

— Hier au soir, par ordre de M. Sr. l'évêque, les trois prêtres de Plobannalec ont quitté la paroisse pour le couvent des Augustines de Pont-l'Abbé. Règlement provisoire : une messe basse à 8 heures, chaque dimanche, et, deux fois par semaine, une messe aux jours choisis par Mr Le Recteur (mardi et jeudi). Mesure assez douce, trop douce d'après la plupart des des gens instruits connaissant bien le pays.

31 mai — Il est possible que le juge des référés n'ait point reconnu la validité des prétentions de la Commune relativement à la propriété du nouveau presbytère. Alors, « c'est tomber de Charybde en Scylla », dira-t-on. Parfaitement. A ce sujet, voici la réponse que je fais aux questionneurs : « Biens d'autrui ne convoiteras pour les avoir injustement (Xème Commandement de Dieu). Les municipaux sont les premiers à enfreindre ce commandement ; moi, Recteur, gardien des biens sacrés de l'église, des défunts, des pauvres, je m'oppose à ces premiers voleurs et je les empêche de rentrer depuis 23 jours que je couche seul, ici, chaque nuit, sur in lit de camp. Si j'ai affaire à une autre ou d'autres bandes de voleurs, dans la suite,

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Je m'opposerai encore pendant des semaines, des mois... jusqu'au jour où je serai chassé manu militari. Les démarches précipitées et idiotes le la municipalité me causent un tort de plus de 500 fr, à la Fabrique d'environ 200 francs, sans compter le préjudice causé aux Commerçants et aux pauvres. Ces derniers trouvaient au presbytère des légumes, du lait, etc. J'ai dû vendre jument, vache, légumes. »
— C'est étonnant ! Quimper nous laisse sans nouvelles dans l'isolement. Pas un mot de Penmarc'h, ni dans les correspondances, ni même dans les journaux ?!

6 juin — 3ème sommation, à 4 h du soir : si la Commune n'est pas propriétaire, de desservant ne l'est certes pas non plus...l'État seul agissant... le presbytère est attribué à la Commune. Huit jours de délai pour évacuer. J'attendrai.

15 juin — Les gendarmes pourraient venir aujourd'hui. Personne. J'ai préparé, en guise de protestation, une réfutations des "attendus" du juge des référés et rappelé les observations adressées en avril et en mai à Mr Le Maire. Cette pièce se trouvera dans les papiers concernant les deux presbytères.

22 juin — Maire et complices saluent de loin et très-bas. ce sont des hypocrites qui voudraient faire croire à la population qu'ils n'ont rien fait, que nous avons déménagé

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trop à la hâte, sans nécessité. Ils espèrent que le Recteur, ennuyé, fatigué, quittera de lui-même le presbytère et le tour sera joué. Leur espérance sera trompée. Jean Le Coz, frère de Mr Le Recteur, vient à Penmarch et dit que c'est un honneur pour lui et pour ses enfants et pour toute la famille, de voir son frère résister en face aux persécutions et souffrir pour la Justice. Mr Le Recteur couche seul au presbytère depuis le 8 mai. A la volonté de Dieu !

4 juillet — Toujours le statu quo. L'ennemi attend que le Grand Pardon, Pardon Gouere1 et peut-être l'inauguration officielle du Chemin de Fer de Pont-l'Abbé à St-Guénolé aient eu lieu. Aujourd'hui, première circulation régulière du train de Pt-L'A. à St-Glé. Une circulation particulière pour le service de la Compagnie a lieu depuis un an environ.

Lundi dernier, 1er juillet, Mr Henry, recteur de Guilvinec, a remplacé à St-Pierre-Quilbignon, Mr Tanguy, nommé Curé de Plougastel-Daoulas. Mr Kerbaol, 1er vic. à Douarnenez, fait sa 1ère visite à son poste de Guilvinec, hier, 3 juillet.

Rajout en bas de page : Mr Tanguy remplace à Plougastel, Mr le chanoine Iliou originaire de Plouzané. Expulsion de Mr Le Curé du Huelgoat, fin juin.

Note KBCP :

(1) Pardon de juillet.


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8 juillet — M.M. Noël, aumônier à Pont-l'Abbé et Tréguer, vicaire à Plobannalec, ont fait le Pardon. Pas un seul prêtre par ailleurs : leçon à la municipalité et aux électeurs de Penmarc'h. Le train a amené une quantité d'étrangers surtout de Plobannalec, paroisse où il n'y a qu'une messe de 8h, le dimanche.
La procession a été très bonne. Pas de manque de respect, excepté de la part des instituteurs (Beulier et Cie) qui fumaient la cigarette, chapeau en tête, au passage de la procession. Foule immense au bourg, à la gare. J'ai traversé plusieurs fois cette foule, de 4 à 6h : marques de respect, pas une inconvenance même de la part de gens ivres.
Comprenez donc, si vous le pouvez, la mentalité de cette population ! C'est un peuple fourbe, hypocrite, timide, défiant, méfiant, ne comprenant que la question personnelle, matérielle, ignorant et voulant ignorer l'intérêt commun. Inutile de lui parler de patronage, syndicat, transmission de livres de piété, etc, d'une maison à une autre. La population de Kérity, qui se prétend bourgeoise, est la plus rapace, la plus orgueilleuse, la plus traîtresse surtout pour les élections. Soyons en garde contre les habitants de Kérity, toujours les mêmes depuis le temps de La Fontenelle, juin 1595.


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15 juillet, 16 et 17 — Monseigneur Dubillard vient incognito à Penmarc'h, refuse de descendre au bourg, m'appelle sur les rochers de Penmarc'h, approuve tout ce que j'ai fait jusqu'ici, par actes, paroles et écrits.

— Il est impossible de trouver un local convenable, au bourg de Penmarc'h, pour le Recteur et son personnel domestique. Toute négociation échoue : Baux faits... Spéculation sur terrains proposés, plutôt que donation, à cause de notre situation. Mgr a dit :

« Rendez-compte à la population de notre entretien et dites-lui : « L'Évêque veut veut bien donner des prêtres aux paroisses, mais il ne veut pas qu'ils soient traités en esclaves. Si, au 15 7bre prochain, vous n'êtes pas assurés d'un logement convenable, je retirerai les 3 prêtres de la paroisse. Il est temps, comme dit l'Évangile, de secouer la poussière de ses sandales et d'aller ailleurs...»

Ce sera dit et écrit, dimanche prochain, 21 juillet, suivant le Conseil des Confrères rassemblés au Guilvinec (21 juillet... Oui, dit carrément)

— Mademoiselle Anne-Marie Le Garrec, directrice de l'École Libre, déclare qu'elle ne rentrera pas après les vacances. Encore un sérieux ennui.

19 juillet — Le train circule régulièrement depuis le 4 juillet : j'ai pris le premier billet à St-Guénolé, le 15 juillet, le 2ème au bourg pour le Guilvinec, le 19 juillet.

  

La gare de Saint-Guénolé © Villard

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21 juillet —Notre maire et nos municipaux ne donnent pas suite aux exploits d'huissiers et n'appellent pas la force militaire pour l'expulsion du Clergé du Presbytère, parce qu'ils craignent un procès, un blâme du Préfet, du gouvernement (peut-être l'ont-ils reçu ?) Ils ont en effet contrevenu aux avis donnés par le ministre Briand au commencement de mars dernier. En effet, nous lisons dans la Semaine Religieuse de Quimper (Art. IV du n° du 5 juillet 1907) :

« Un certain nombre de de presbytères, dans notre diocèse, ont été donnés, soit à la Fabrique, soit à la Commune « à usage de presbytère » ou pour servir de logement à l’ecclésiastique qui remplira les fonctions de Curé ou Recteur.

Nous attirons l'attention de ceux de nos prêtres dont les presbytères seraient dans ce cas, sur un jugement en référé rendu par le tribunal de Fontainebleau (21 mars 1907) et duquel il résulte, « qu'il sera sursis au Changement d'affectation de l'immeuble occupé par le Curé, et, par suite, à l'expulsion de ce dernier jusqu'à ce qu'il ait été statué au fond, par l'autorité compétente. » »

25 Juillet — Mr l'Abbé Vincent Le Pemp, de Lescors, reçoit le sous-diaconat.

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31 juillet — Le Clergé de Pont-l'Abbé nous avertit par Mr Kérisit, Chanoine, que notre expulsion aura lieu avant le dimanche, 4 août. Dubitat joannes !

7 août — Mr Poirier, maire, quitte furtivement Penmarc'h pour aller s'établir à Pont-l'Abbé ! Pourquoi ? En aurait-il assez ? Ce pauvre vendu, cet homme de paille.
Monseigneur m'écrit pour me prier de trouver un vieux Château, une vieille maison pour abriter recteur, vicaires, domestiques ? Recherche inutile. Tout est plein, partout. Il y a la ressource d'un campement en plein air et la maison-abri de St-Guénolé qui m'appartient, à moi personnellement.

Fiat, laudetur atque in oeternum super exaltetur justissima, altissima et amabilissima voluntas Dei in omnibus1.

15 août — Splendide Pardon de N.-D.-de-la-Joie, malgré un vent violent. 4 à 5.000 personnes. Les étrangers édifient par leur attitude, leur piété, leurs confessions et Communions.
La mauvaise municipalité de Plonéour-Ménez vote contre l’expulsion du Clergé de Presbytère par 11 voix contre 6. — A Penmarc'h, rien ne bouge. 


Note KBCP :
(1) Approx. Qu'il en soit ainsi, loué et crié à l'éternité  par cet exaltateur par une volonté de Dieu la plus juste, la plus profonde et la plus aimable en toutes choses.

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26 août — Notre expulsion manu militari est accomplie à 9 heures ½ du matin. Présents : M.M. Le Coz, Recteur ; Dantec, 1er vicaire ; l'abbé Stéphan, étudiant ecclésiastique ; Tanguy, vic. de Pont-l'Abbé ; Bernard, vicaire à Plomeur. Absents : M.M. Riou (retraite) ; Le Pemp, vic. sous-diacre. 36 gendarmes ; un commissaire spécial de Quimper ; Vauchel, huissier. La population du bourg est là, calme impassible, indifférente, au moins en apparence. Quelques personnes des environs du bourg.

— Le commissaire : « Mr Le Recteur, voulez-vous sortir tranquillement ? »
— Le Recteur : « Tranquillement ! ... Comment cela ? Je suis chez moi, j'y reste...»

Nous nous retirons dans le presbytère...

— Autre sommation ............tranquillement ?

— Le Recteur : « Je ne comprends pas ce Français...»

C'est le tour du « manu militari ». Le commissaire spécial de Quimper (Mr Rouquier) et le Capitaine de gendarmerie s'approchent d'abord du Recteur qui leur dit :

« Pardon ! Quand un navire est en perdition, c'est le capitaine qui doit quitter le dernier... »

Ces messieurs s'inclinent : « Vous avez raison, Mr Le Curé ! »


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L'expulsion se fait par ordre d'âge et de qualité. Les gendarmes sont respectueux, attistés, ahuris. Une fois sur la route, le sac d'extrême onction sur le dos, j'ai dit :
« Vous êtes bien montés, M.M. les gendarmes. Vous avez de beaux chevaux. Eh bien ! Si un cheval vous a servi pendant 20 ans, je suis certain que vous n'auriez pas le cœur de le jeter sur la grand' route. Il y a vingt ans que je sers cette population, au spirituel et au temporel (1903 - 04) ..... Vous comprenez ?...
Non, je n'étais pas fait pour être jeté misérablement, en éjection, sur une grand' route... J'aurais préféré, dix fois périr sur un champ de bataille au Maroc et ailleurs... Paroissiens, à l'église...» Parce Di — Prières.
En somme, le champ de bataille de Penmarc'h est honorable pour moi et mes vicaires, et j'espère que le bon Dieu nous récompensera.

— Dépêche à Mgr l'Évêque. Sa Grandeur fait insérer dans la Semaine Religieuse :

« Les prêtres de Penmarc'h ont été expulsés de leurs presbytères, lundi, 26 août à 9 h du matin. Ils se sont retirés provisoirement dans une maison dont la jouissance leur est assurée jusqu'au 29 septembre 


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prochain seulement. Ce délai expiré, ils quitteront la paroisse si, dans l'intervalle, la population n'a pas pourvu à leur logement. D'ailleurs, ces Messieurs ont reçu de nous des instructions spéciales auxquelles ils se conformeront ponctuellement. »

2 7bre — Les instructions de Mgr l'Évêque ont été lues à N.-D.-de-La-Joie, à St Guénolé et à deux messes à l'Église Paroissiale, en breton et en Français. Jean Le Pemp, Marc Le Pape, Quillec, etc viennent me trouver et me disent, en substance : « Si vous sortez, c'est vous, Messieurs, qui serez puni durement et nous, bons Chrétiens, un peu moins. Les tièdes et les indifférents s’accommoderont de la demi-mesure prise par Monseigneur. Un prêtre viendra pour dire une messe de 9 h, le dimanche, et 2 fois par semaine pour administrer les sacrements... c'est tout ce qu'il leur faut. Mais paieront-ils vos logements à Pont L'Abbé, à Guilvinec, ou ailleurs, paieront-ils vos voyages ? Non ! Ils n'y penseront même pas. Moins de messes, de services, de quêtes, d'offrandes, etc. Nous aurions préféré une mesure sévère : suppression complète du Clergé, fermeture de l'Église par ordre épiscopal. »


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3 7bre — Après avoir reçu d'utiles Conseils, Jean Le Pemp, Marc Le Pape, etc, ont réussi à nous maintenir provisoirement dans les locaux que nous occupons...
Maintenant, ils vont s'employer à chercher un endroit propice pour y bâtir un nouveau presbytère et trouver les ressources nécessaires pour achat du terrain et Construction. Petite réunion des notables, dimanche prochain, grande réunion, dimanche 15 septembre, des notables et des femmes de la Ligue P. des F... Plaise à Dieu que les paroissiens comprennent enfin la situation et sortent de leur apathie !!
La punition des voleurs des biens d'église a commencé, à Penmarc'h : 17 août, le grand Buhannic (de Kerdavid) a la mains gauche coupée.

— Vers le 9 août, M. Poirier, maire, presque en faillites quitte sa maison (Rue Longès) de Kérity, devient scribe à Pont L'Abbé, est remercié, et sur le carreau !!!

— Le 5 7bre, Noël Jézégabel, de St Pierre, autre conseiller Municipal, meurt sans sacrements ! (1)...
Buhannic aurait dit : « Brema ez eo da zourna d'ann fliz. »2 Parole blasphématoire, en elle-même. Dourna, c'est battre le blé au fléau avec les deux mains, bien entendu. « Buhannic, siouaz d'ezhan ne c'hello mui dourna nag em iliz nag e leac'h all ! »3

Notes en marge :
(1) Mr Poirier est frappé d'une punition de 8 jours de prison, pour avoir souffleté un Lieutenant des Douanes. 15 7bre, 1/2 faillite : Sur appel, le tribunal de Rennes a « simplement et purement » maintenu l'arrêt (8 jours de prison) des Juges de Quimper.

Qq. jours après Henri Le Bec (Lescors) a un enfant mort-né. Pas de Baptême, pas d'enterrement. Punition.


Note KBCP :
(2) « Maintenant, il est à battre, la giclure ! »
(3) « Buhannic, malheureusement pour lui, il ne pourra plus battre ni dans mon église, ni ailleurs ! »


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———ooo 1907 ooo———

9 septembre — Jacques Le Calvez et Jean Le Pemp vont trouver Mr Derrien, à Loctudy, pour le prier de vendre au mieux louer aux paroissiens de Penmarc'h Park an Normand situé au sud du nouveau cimetière, sur la route de St Pierre. Excellent accueil, très bonnes promesses sous tous les rapports.

16 septembre — M.M. Derrien et Mauduit viennent voir le champ Park an Normand, environ 35 ares *. Mr Derrien, excellent Chrétien, parfait gentilhomme, gardera le fond, l'église paiera à François Stéphan, boucher, les droits réparatoires, la construction du nouveau presbytère. Mr Derrien dit qu'il ne percevra qu'un fermage d'un prix très modique, presque nul ou nul.Jean-Marie Le Pemp, de Lescors, 26 ans et Jacques Le Calvez (19 ans) de Kerscaven formeront un Comité en tontine1. La maison ne pourra servir qu'à loger les prêtres ; en cas d'exil des prêtres, Mr Derrien l'achèterait et la rendrait au retour du Clergé.Nous constatons que nos meilleurs paroissiens laissés à eux-mêmes, sont incapables d'initiatives, incapables de faire une réunion publique, une démarche de quelqu'importance : il leur faut le prêtre ; sans le prêtre, rien ! Les mauvais sont Le Bail, Plouzané, Lautrédou, etc !

Note en bas de page :
Mr Poirier est dans la débine (Xbre 1907), pauvre, séparé de sa femme, habite à Pont-L'Abbé où le maintient et l'entretient la municipalité de Penmarc'h. Plus de maire. Les adjoints signent tout. (15 janv. 1908)

Notes en marge :
* Exactement : 37 ares, 4 centiares.
Le champ de Park-ar-Normand, propriété paroissiale, sans titres ! est loué pour 130 fr par an à Pierre Jégou, charron. Le champ de Park-ar-Persoun ou Park-ar-Presbital, près Kérity, est loué à Primot et à Mr Boennec ! Ces gens croient avoir loué un bien communal. La Fabrique n'a pas les titres, c'est vrai (voir page suivante)

Note KBCP :
(1) Tontine : C'est une pratique très ancienne qui est utilisée à la fois comme un placement collectif et comme un mode d'achat à plusieurs d'un bien mobilier ou immobilier. 

 

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+
—— 1907 ——


22 7bre 1907 — Explication au peuple relative au nouveau presbytère, à Park-an-Normand. Dures vérités dites.
Mort de M. Sagot, recteur de Plougonvelin. Départ impossible.

28 7bre 1907 — Creusement des Fondations du Nouveau Presbytère à Park-an-Normand. Pose de la première pierre par M. Le Coz, Recteur, à 5 heures du soir.

5-14 octobre 1907 — 5 octobre, 1er arrêt sur les travaux. A cause de la proximité du Cimetière, il faut une autorisation spéciale pour bâtir : M.M. Guiziou, Poirier, Durand G., Lautrédou, Coatval, agent , réunis au bourg — par singulière coïncidence (?) — le signifient à M. Alain Péron, entrepreneur, mais lui font espérer une bonne solution surtout après la séance du Conseil municipal du dimanche 13 octobre.
Le Conseil municipal émettra un vote favorable à la construction dans l'endroit désigné, Park-an-Normand, à 17 ou 18 mètres du Cimetière.
Le Conseil municipal n'avait rien à voir dans cette affaire. Convoqué, il a donné, par ordre, un avis favorable. La plupart des Conseillers ignorent que c'est pour couvrir un coup monté d'avance par Guiziou et Lautrédou. Ceux-ci pendant les jours d'attente (du 15 au 13 octobre)


Note en marge :
26 septembre Park-an-Normand, Park-ar-Presbytal, suite. Interrogé par l'un des loueurs, j'ai répondu : En l'absence de titres formels, vous croyant de bonne foi, je ne vous crois pas excommuniés. Mais je ne voudrais pas être à votre place, attendu que ces champs, de temps immémorial, ont été profités par les Recteurs successifs de Penmarc'h.

François Le Coz

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+
—— 1907 ——

ont eu le temps de bien combiner leur acte de fourberie et d'hypocrisie avec le préfet Ramonet (1), le docteur Plouzané et autres Francs-maçons ou délégués Francs-maçons. Dès le 4 octobre, Mr Chardon, maire de Plomeur, disait au clergé de cette paroisse : « Ces Messieurs à Penmarc'h sont dans un mauvais cas. Ils ne pourront pas construire à l'endroit qu'ils ont choisi. » Cependant, depuis trois mois, on construit au nord du cimetière, à 7 mètres ½. Deux maisons Péron neuves déjà habitées quoique non complètement achevées. Plusieurs maisons au bourg de Penmarc'h, Combrit, Plobannalec, la gare et l'hôtel de la gare de Guilvinec, une foule de maisons à Brest, Quimper, etc, etc, etc, sont dans le même cas. Il y a donc manifestement deux poids et deux mesures pour l'application de la loi de 1808 (Constructions à proximité des Cimetières) tombée en désuétude, mais renouvelée ou tirée de la poussière en cette années 1907. Tout, le monde voit, entend, palpe cela, à Penmarc'h. Cependant, ce peuple sans initiative, sans confiance, égoïste, passif, mûr pour l'esclavage votera demain pour les tyranneaux qui l'oppriment aujourd'hui 

Note de bas de page :
(1) Ramonet, envoyé en disgrâce à Gap, Htes Alpes, pour zèle intempestif exagéré, compromettant pour le Gouvernement maçonnique (Œuvre de Mr Clirec, Député, Morlaix)


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——

et le privent d'ouvrage, de pain. Sur les 6.600 habitants de Penmarc'h, il y a heureusement quelques bonnes familles qui seraient désolées d'être privées, même momentanément, de leurs prêtres. Mr Riou, vicaire, part par le train de 9 h ½, aujourd'hui, 15 octobre, pour porter à Quimper mes instructions résumées dans les deux pages précédentes. Je reste sur les lieux. N'omp ket maro c'hoaz1 !

Sans être prophète, j'ai prédit tout ce qui est susmentionné devant Mr Fléiter, vicaire général et 16 autres prêtres, réunis pour une Cérémonie à Pont-L'Abbé, le 8 octobre 1907.

24 octobre — Après bien des démarches, nous recevons l'autorisation préfectorale de bâtir à Park-an-Normand. Les charrois reprennent... Les maçons seront à l’œuvre dès la fin de la tempête qui sévit depuis 15 jours. Il est juste de reconnaître que guillaume Durand, adjoint au maire, a fait personnellement des démarches à Quimper. Pour quels motifs ? Chacun appréciera intérieurement ou extérieurement suivant sa position et sa conscience. Il est certain qu'il y a eu un travail occulte, un travail de taupe... Au 1er octobre, Mr Chardon, maire de Plomeur,

Note KBCP :
(1) Nous ne sommes pas encore morts !

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——— 1907 ———
——o——

disait au Clergé de cette paroisse : « Ces messieurs sont en mauvaise situation à Penmarc'h...Les travaux seront arrêtés, etc. »

27 octobre — Noël Stéphan (de Kérity), dit « Noël Ruz » aurait dit, au sortir du Conseil municipal, dernièrement :
« Bet omp bet o tichoual ar brini du (belein) ho deuz, pelloc'h, drebet d'eomp hon eost.1»
Aujourd'hui, les « brini du » conduisent au cimetière son grand fils âgé de 15 ans et q.q. mois. Punition divine. Voir page 272. Ces jours derniers, un autre conseiller municipal, Joseph Loussouarn, dit « Jos Du », de Kergazegan, a manqué d'être tué par suite d'une chute de voiture : il est alité. Graves lésions internes. Punitions divines.

11 novembre — La maison de service (vulgo Ti Mazé) avance : 12 maçons travaillent ; les poutres seront dressées demain. Les jours suivants, il y a en tout, en moyenne, de 35 à 40 ouvriers.

21 novembre — Une petite bouteille contenant une feuille de papier est placée dans le mur Sud, entre la fenêtre de la salle à manger et la porte du jardin, entre la sixième pierre de la fenêtre et 9 ème de la porte. Elle contient les renseignements utiles et nécessaires concernant la persécution, l'état spirituel et temporel de la paroisse, la nomination de Mgr Dubillard à l'Archevêché de Chambery, etc, etc... (nomination du 20 9bre)

Note KBCP :
(1) « Nous sommes allés expulser les corbeaux noirs (curés) qui nous ont, plus loin, mangé notre moisson »

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—— 1907 ——

23 9bre — Le nouveau presbytère, bâti à Park-an-Normand a une longueur totale de 14 m 27 à l'extérieur et une largeur totale de 10 m 13, à l'extérieur également.
Longueur intérieure        = 12 m 88
Largeur intérieure           = 8 m 40
Hauteur totale sur fossé = 15 m 53

Demain, 24 9bre, installation de Mr Jézégou Recteur à Plobannalec.

5 Xbre — La pierre de taille pour le nouveau presbytère provient de Mêzou-Kalargant, près du marais clos de de Kérity, entre Kervellek et Kelargant ou Kerargant.

9Xbre — Signature des pièces relatives au nouveau presbytère de Park-an-Normand. Signatures données par Jacques Le Calvez, de Kerscaven et Jean-Marie Le Pemp fils, de Lescors, propriétaire du nouveau presbytère aux yeux du Gouvernement. Ils forment une société en tontine. Principales dispositions : les deux propriétaires achètent les droits réparatoires (150 fr) à François Stéphan, boucher, locataire de ce champ jusqu'à ce jour pour 50 fr par an. Les deux propriétaires paieront cette somme annuellement, à la famille Le Derrien de Loctudy, pendant 65 ans, puisque F. Stéphan a bail jusqu'en 1915 et que le nouveau bail est de 50 ans.


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1907
———

Mr Le Recteur paiera, annuellement à J. Le Calvez et à Jn-Mie Le Pemp, une somme de 300 fr (Le denier du culte paiera cette somme) pour prix de loyer. Mr le Recteur paiera de sa propre bourse les réparations locatives, les assurances personnelles seulement et les contributions.
Les deux propriétaires s'engagent mutuellement à construire une maison pour le recteur de Penmarc'h nommé par Monseigneur l'Évêque de Quimper, pour lui, recteur et pour ses vicaires et les domestiques. Au décès de l'un des propriétaires, les héritiers de ce dernier n'auront absolument aucun droit sur le presbytère de Park-an-Normand : c'est une condition formelle du contrat. Le propriétaire survivant paie (Le denier du culte) les droits de mutation et choisit un autre co-propriétaire qui devra être agréé par Mr Derrien ou ses héritiers. Mr Derrien promet de faire les construction jusqu'à concurrence de la somme de dix mille francs. Le surplus serait payé par des emprunts particuliers à tant pour 100 % jusqu'à extinction des dettes. Si, pour une raison quelconque, la maison ne servait plus

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—— 1907 ——
———— - ————

au clergé de Penmarc'h, Mr Derrien l'achèterait plus de 6.000 fr car il ne voudrait point spéculer sur un bien de cette nature. Les prêteurs d'argent, les 2 propriétaires, les paroissiens n'ont rien à craindre.
Mr le recteur, ni ses vicaires ne sont pour rien dans ces différentes stipulations: ils sont tout à fait en dehors. Naturellement,, Mr Le Recteur recueille les offrandes pour le Denier du Culte et inscrit les fidèles sur les rôles de cette œuvre devenue nécessaire par suite le la Séparation de l'Église et de l'État. En outre, pour éviter des frais, des erreurs, Mr Le Recteur surveille les travaux et seconde de son mieux les deux propriétaires légaux et Alain Péron, entrepreneur.
De l'avis de M.M. de Chabre et Mauduit, notaire, les actes notariés faits pour la Construction du presbytère à Park-an-Normand sont les plus sûrs et serviront de types, de modèles pour la construction d'autres presbytères. La déclaration de construction à Park-an-Normand, a été faite, aujourd'hui, à la Mairie de Penmarc'h par Jacques Le Calvez et Jean-Marie Le Pemp fils.
Les charrois volontaires comptent pour Denier du Culte.

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——— 1908 ———

10 janvier — Si le mauvais temps n'avait persisté du 15 Xbre au 5 janvier, la maçonnerie eut été terminée à cette heure. Les ouvriers, au nombre de 30 par jour sont courageux.

Le « Denier du Culte », en 1907, a produit, en argent, la somme de 1414 dont 440 f ont été envoyés à l'Évêché, le reste a été employé pour l'entretien du Clergé paroissial, des édifices religieux et du nouveau presbytère à Park-an-Normand.

— les cultivateurs ont pratiquement compris la situation et ont fourni du mortier, des charrois gratuits, des journées pour le nouveau presbytère et presque la somme entière du Denier du Culte. Honneur à eux et bénédiction à leurs familles !

Les marins de Kérity, St Pierre et St Guénolé qui ont reçu la valeur de 42.000 francs par les mains du Recteur de Penmarc'h pendant la détresses de 1903-04, n'ont pas versé, entre eux tous, 42 francs !!! Attribuez cela à l'ignorance, à l'indifférence, à la malice, à l'ingratitude, à la pauvreté... à ce que vous voudrez... Triste.

Population maritime : intéressante sur papier, égoïste et ingrate en réalité.

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— 1908 —

Main ouverte toujours pour recevoir, fermée pour donner, excepté peut-être, en temps de pêche extraordinaire. Tant d’œuvres, de souscriptions, de secours gouvernementaux pour las marins ! Que trouvons-nous, en ce genre, pour les cultivateurs, fournisseurs d'impôts, de charges, en cas de pertes de père de famille, de bestiaux, d'incendie, d'inondation, etc ?? Rien ou presque rien. C'est étrange !

15 janvier — Le presbytère volé est encore sans habitants. Le fameux Lautrédou, instituteur, grand ramasseur de biens, etc, a proposé, à diverses reprises, l'habitation gratuite du presbytère à plusieurs familles, rien que pour la garde de l'immeuble. Citons quelques noms : Laurent Tirilly, demeurant à l'ouest de l'église, maison Le Bec : il refuse avec indignation. — Sébastien Trébern, époux de Henriette Cléac'h, demeurant au bourg, obligés de chercher un logement ; ils répondent : « Plutôt coucher sur la grand route... Non, non, jamais .» Même proposition à la femme du Facteur Sébastien Jégou : même réponse. Milliget e vizemp gant doué ! Eskumuniget1 !
— L'un de ces prochains jours, il y aura une adjudication quelconque... (à M. Jean Guiziou ?).

Note KBCP :
(1) « Nous étions maudits de Dieu. Excommuniés ! »

— Page 283 —

—— 1908 ——

15 Février — On fait, à la Mairie, des distributions de secours (Sikour !!!) provenant des fonds secrets de la Préfecture depuis 1903-04, des 500.000 fr votés par le Parlement et non distribués jusqu'à ce jour, de l'argent des contribuables... Les purs seuls, ont des bons 20 fr, 30 fr, et plus. Ces bons vont à Kérity principalement, peu à St Pierre et à St Guénolé. Dix ou onze électeurs votent Chrétiennement à Kérity. Eh bien ! Quelques marins, censément bons et une foule de femmes de Kérity viennent, tous ces jours, par bandes de 9, 10, 20, demander « du secours» sikour au Recteur à Ti-Doun. Personne ne demande moins de 1.50 fr, prix d'un pain de 10 livres. Et ces gens savent tous que nous sommes bannis de notre presbytère fabricien, le 26 août 1907, que nous sommes logés misérablement, par ci, par là, dans le bourg, que les biens de l'église valant de de 1.800 à 2.000 fr de rente, sont volés, que Kérity n'a rien donné en 1907 pour le Denier du Culte. Tous disent : « J'ai voté ou mon mari a voté : Evit ann A Persoun, évit an tu gwenn , évit ann A Doué, etc, etc. »1 Oh ! Cette race de Kérity est hypocrite, traîtresse, lâche, ... tout pour nous, rien pour les autres ! — Pris chacun à part, ces gens sont polis

Note KBCP :
(1) « J'ai voté ou mon mari a voté : Pour M. Le Recteur, pour le côté blanc, pour Dieu, etc, etc. »

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—— 1908 ——

affables, presque séduisants... Pour les élections, ne comptez ni sur les hommes, ni sur les femmes de Kérity. Ce sont des grugeurs et des traîtres ! Il y a vingt ans et six mois que je suis le témoin et la victime de ces pauvres paroissiens. Puissent-ils changer !

23 Février — Location du presbytère, propriété de la Fabrique, quoi qu'en dises l'affiche mensongère : propriété Communale, en grosses lettres. Mes prévisions du 2 juillet 1888 se sont réalisées, malheureusement, malgré mes observations et protestations multiples auprès des autorités diocésaines et municipales, depuis vingt ans. Mise à prix : 400 fr. Une enchère de 10 fr proposée par Toulement, de St Guénolé, homme très peu honorable, fils du maire de Loctudy. Enchère non acceptée. Mr Lautrédou aurait fait un geste. C'est fini. Les Conseillers municipaux se retirent, discrètement, dans la Chambre des délibérations municipales et les nombreux assistants se retirent tranquillement, sans protestation, sans mot, sans geste, sans signe quelconque ! Ah!... Là... Attendons.


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— 1908 —

Le nouveau presbytère, à Park-an-Normand, fond à Mr Derrien, droits réparatoires à Jacques Calvez, père, de Kerscaven, et à Jean-Marie Le Pemp, de Lescors, est à peu près terminé. La toiture sera achevée dans deux jours. Nous avons emprunté de l'argent à 2,50 % par an. Les intérêts seront payé par le Denier du Culte, annuellement, et les emprunts amortis, également, par le même Denier du Culte. Entreprise hardie. Oui. Mais il fallait se lancer ; autrement, rien...

9 mars — Le presbytère fabricien volé est encore inoccupé ! On pense généralement qu'il est - censément - loué ou donné à M. Lautrédou, pour 400 fr par an de loyer. Les Contributions et les réparations à la Commune, bien entendu ! On se glissera peu à peu, en tapinois, dans ce presbytère. pas de bruit ! Car les élections approchent... Enfin, hier dimanche, Lautrédou ensemençait de pommes de terre dans le jardin presbytéral Quel temps ! Quels mœurs !

10 mars — En creusant les fondations du mur Sud du jardin, les ouvriers trouvent une statue décapitée de St pierre, en Kersanton. La statue est double, c'est-à-dire qu'un autre saint personnage est accolé à St Pierre.

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- 1908 -

Cette statue a été retirée du talus de notre ancien champ Normand. Les ouvriers ont trouvé une autre statue de saint au coin Sud-est, à quelques pas vers le Nord et plusieurs débris provenant d'édifices religieux, toujours dans les talus du Champ Normand, propriété fabricienne. Les ouvriers disaient tous, avec énergie : « On voit clairement que ce champ a été volé à Mr Le Recteur, à l'église de Penmarc'h. Ces reliques, ces débris le prouvent... Un particulier n'aurait pu en avoir la possession... Park Laëret.1»

1er avril — Le presbytère volé est restauré à l'extérieur, aux frais de la Commune, c'est-à-dire des contribuables de Penmarc'h, à l'intérieur aux frais de M. Lautrédou, c'est-à-dire de la Préfecture qui donne ordre d'y faire des dépenses afin d'accentuer son prétendu droit de propriété et de dissimuler le vol commis. Ecce veritas2.

— Nous espérons que le nouveau presbytère sera prêt pour les premiers jours de mai. En ce moment, les maçons, les menuisiers, les couvreurs, les plâtriers, les serruriers, les charretiers, les carriers, les tailleurs de pierre, les peintres, les journaliers, travaillent activement.
La citerne contient 49 barriques ½ de 228 litres. 48 barriques sont utilisables pour la consommation.

Note KBCP :
(1) Parc volé.
(2) C'est la vérité

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- 1908 -

27 avril — La citerne est terminée et reçoit de l'eau. On travaille activement aux cloisons intérieures de la maison, l'escalier est mis en place, aujourd'hui. Nous pourrons loger 5 ou 6 prêtres au nouveau presbytère pendant la retraite de Confirmation du 10 au 14 mai.
— Mlle Le Garrec, directrice de l'École libre a un congé de 20 jours et est temporairement remplacée par Mlle Naour, de Quimper.

3 mai — En chiffres ronds, il y a, sous le presbytère de Park-an-Normand, 20 ares sous terre labourables et allées + 5 ares sous construction et cour + 1 are sous murs de clôture. On ne pourra que loger les ouvriers de la retraite dans le nouveau presbytère. Les plâtriers sont en retard (Entre bâtiments et murs, il y a 444 toises de maçonnerie)

3 Mai — Élections municipales. Une seule liste - blocarde - à Penmarc'h, réélue, bien entendu. Population sans patriotisme ni sentiments élevés ; égoïsme abject de la plupart... Vote vendu pour un bon de 0.20 fr ! Nous descendons vite au précipice.

1er juin — Déménagement. Les meubles du Recteur sont logés les premiers. Les peintures s'achèvent peu à peu. Mr Le Recteur a été seul gardien du nouveau presbytère du 16 mai au 12 juin 1908.


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1908
———

11 Juin — Dernier dîner à Ti-Doun, 1er souper au presbytère neuf qui est beaucoup plus beau et mieux fait que le presbytère volé.(1)
Mr Dantec a son changement pour Riec-sur-Belon, sur la suppliante demande de Mr Kérébel. Permutation avec Mr Plouhinec, le 10 juin. M.M. Dantec et Riou viendront nous rejoindre au nouveau presbytère dans les 4 jours.

13 juin — Départ de Mr Dantec par le train de 9 h 29 mn. Départ définitif le 16 juin à 3 h du soir.

17 juin — Le presbytère volé est distant de l'église : par le jardin et la venelle = 100 mètres. Par la cour et la venelle : 110 mètres. Le nouveau presbytère (Park-an-Normand) est distant de l'église : par la route de St Laurent et la route de Penity = 195 mètres. Par la route de St Pierre (Eckmühl) et la ruelle de Ti-Doun= 180 mètres
Le nouveau presbytère est tourné vers 11 h moins 10 minutes, heure du soleil et non heure de Paris.

15 7bre — Du 29 7bre 1907 au 29 7bre 1908, j'ai payé 390 fr des deniers de l'église, pour les chambres louées à Mr Le Recteur et à M.M. les vicaires pour Sébastien Quillec et Alain Nicolas. Personnellement, jusqu'à ce jour, j'ai prêté

Note en marge :
(1) Voir inventaire du presbytère. Feuille détachée au commencement du Grand Sommier2 1890 et 1908.

Note KBCP :
(2) Le Sommier est un registre servant à l'enregistrement des recettes et des dépenses.


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— 1908 —

à l'église de Penmarc'h, à 2,50 % par an., la somme de dix mille francs. Ma fortune a été déposée à la Société Générale. Chez Mr Louis Urcun, quai de l'Odet, à Quimper. On trouvera dans cet établissement la preuve que ces dix mille francs proviennent de ma fortune personnelle et non d'une autre source. Mes biens ont été vendus en 1906-07 par les soins de Mr le Notaire du Conquet (1), Canton de St Renan.

~~~~~~~ Conseillers de l'église ~~~~~~~

Jean Le Pemp de Lescors
Jacques Le Calvez de Kerscaven
Jean-Marie Tanneau de Kerradenek-Saoûl
Pierre Lucas de Kerouill - Saint-Guénolé
Marc Le Pape de Ru-Dronsart
Guillaume Tanneau de Kéréon
Denis Loussouarn de Saint-Pierre
Jean Drézen de Kergarrien – Saint-Guénolé
Pierre Loussouarn de Penn-an-Gêr - Kérity.

— Jusqu'à ce jour, nous avons payé vingt-trois mille francs pour la construction du nouveau presbytère, des dépendances, des murs du jardin, du déménagement et des réparations du mobilier de l'église et de celui de Mr Le Recteur.

Note en Marge :
(1) Mr Le Hérisson de Beauvoir, Notaire.


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+ 1908 —

11 octobre 1908 — Comme il n'y a eu ni architecte, ni entrepreneur en titre, la construction du nouveau presbytère ne coûtera pas plus que celle du presbytère volé à Léac'h-ann-Anaouen, c'est à dire 30.000 francs. Le nouveau presbytère est beaucoup plus grand et mieux distribué que le presbytère volé, ainsi que l'ont reconnu aujourd'hui les Conseillers de l'église réunis pour dresser le budget de 1909. (Recettes prévues = 3.090 fr ; dépenses prévues = 3.087 fr 10 ; Boni = 2 fr 90)
— Renvoi à la séance du 15 septembre. Mon prêt de dix mille francs (10.000 fr) sera consigné, réglé par Me Mauduit, notaire à Pont-L'Abbé.

23 octobre — Je fais visite à Mr Derrien, propriétaire foncier de Park-an-Normand. Excellente réception. Mr Derrien a dit : « Consignez ceci : Pendant ma vie, la location de Park-an-Normand sera de 50 francs par an. Mr Le Recteur prendra 30 fr à la caisse de l'église pour six messes de 5 fr l'une tous les deux mois. Puis dans la même caisse, 20 fr pour le Denier du Culte. Je donnerai un reçu annuel de 50 fr à M.M. Jacques Calvez et jean-Marie Le Pemp, conformément à une entente avec Mgr Dubillard, avant sa nomination à l'archevêché de Chamberry. Comptez sur moi. »

— Page 291 —

+ 1908 ~~~~~


6 novembre — Emprunt de six mille francs chez Mr Mauduit pour payer M.M. Nicolas E., Alain Péron et pierre Allain, ferblantier. 4% avec hypothèque . Bail de 300 fr par an entre M.M. Le Calvez et Le Pemp d'une part et Mr Le Recteur d'autre part. Presbytère. Bail de 50 francs par an entre M. Derrien d'une part et M.M. J. Le Calvez et Le Pemp, location. D'autre part, pour l'emplacement du nouveau presbytère et de ses dépendances : Park-an-Normand.
— Les propriétaires légaux paient l'assurance sur le presbytère, c.à.d. 11 fr 40 (sur 25.000 fr) par an et les grosses réparations.
— Mr Le Recteur paie les contributions et les réparations locatives (voir page 279, 6ème ligne). Il n'y a plus qu'à amortir graduellement les emprunts effectués, emprunts qui sont de 17.500 fr.

12 novembre — M.M. Emile Nicolas, Alain Péron et P. Allain sont payés. Le presbytère neuf coûte 29.930 francs (1). Dans cette somme sont comprises les dépenses faites pour les réparations du mobilier de l'église, de celui de Mr Le Recteur et de celui de M.M. les vicaires, pour déménagement, aménagement, pension des Charroyeurs, consommations diverses aux ouvriers, prestataires, jardinage, pierres, pierrailles, sable, etc, etc, etc, etc.

Note en marge :
(1) L'ancien presbytère volé a coûté près de 30.000 francs plus 1.400 fr avancés par Mr Guillou pour la porte cochère, les murs du jardin, etc. Voir aux archives les 2 presbytères.

F.-M. Le Coz, Recteur


— Page 292 —

- 1908 -

Le presbytère seul, avec ses dépendances, c.à.d. maison de service, écurie, jardin, murs du jardin, cour, poulailler, etc, a coûté de 25 à 26.000 francs, tout au plus.

9 Janvier 1909 — Dimanche dernier, 3 janvier, annonce douloureuse du Cataclysme de Messine, Reggio et environs. Plus de 180.000 morts, plus de 60.000 blessés.
Pater, Avé, De profondis, en attendant les prières et quête prescrite par Mgr Duparc. A signaler, le dévouement paternel de S. Sté Pie X, des évêques et prêtres Italiens, Siciliens. Consulter l'histoire.

— Les biens de l'ancien maire-soliveau Poirier, situés à Ru-Longès, à Kérity, sont mis en vente ! Il pourra mourir pauvre, misérable (voir page 272).

— Nous venons d'enterrer la bonne aveugle Anna Le Pape de Kérity, née le 25 mars 1811, donc âgée de presque 98 ans.

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