Ste Thumette racontée par le Recteur Le Coz


Note importante : Les Chroniques du Recteur François-Marie Le Coz ont été écrites pendant la période de son sacerdoce en la paroisse de Penmarc'h, soit entre 1887 et 1911. Ces chroniques ont été réalisées à la plume sergent major sur cahier d'écolier ; les textes suivants sont donc une retranscription des écrits du Recteur, sa mise en page ayant été respectée au plus près.


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Sainte Thumette - St Enéour

Cette Thumette vivait au 4 ème siècle, elle est honorée le 4 mai. Elle est patronne de Kérity-Penmarc'h, de Plomeur et de Névez. A Plomeur, elle est représentée en robe longue et riche manteau, une couronne sur la tête, un livre ouvert dans la main gauche et une palme dans la main droite. Statue du 16ème siècle. A Penmarc'h, dans un des vitraux du bas-côté sud, Ste Thumette est représentée en robe longue également et en riche manteau, portant à main droite une palme et une hachette symbole du martyre (à Penmarc'h, on signale Ste Thumette comme compagne de Ste Ursule).

Les Bretons la nomment Thunvet ou Thunvez, étymologie de la de la commune de Landunvez, dans le bas-Léon.

Plusieurs hagiographes bretons, entre autres, le savant M. de Blois, croient que Sainte Thumette était la sœur de St Enéour ou Enémour, et qu'elle vint avec son frère se fixer en Armorique vers le IVème siècle, lors de l'invasion de la Grande Bretagne par les Anglo-Saxons. Voici ce que l'on rapporte à ce sujet.

Saint Enémour, ou Enezour, Enéour1, Sanctus Enemorus, abbé, (4ème siècle), honoré le 4 mai.

Note de bas de page :
(1) Enézour, Enéour, insularis, insulaire, venant d'une Île c.a.d. de la Grande Bretagne. Enez mour, Enez mûr, Enez meur... de la grande Île.


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Il était prince du Pays de Galle et fondateur du Collège de Gwent en South-Wales. Dans ce pays, il porte le nom d'Ywyn-Gwent. On le nomme encore St Eneur et Guyneour1. St Enéour est patron de Plonéis (? St Gilles), de Plonéour-Trez, de Plonéour-Ménez et de Plonéour-Lanvern.

Il y a quelques années, vers 1854, le recteur de Plonéour-Lanvern, "imitant la déplorable manie de plusieurs de ses confrères2 à remplacer les saints bretons de leur paroisse, sous prétexte que leurs actes sont inconnus ou d'un intérêt secondaire, voulut substituer un patron à St Enéour, honoré dans cette localité depuis un temps immémorial. Les habitants de la paroisse s'y opposèrent énergiquement. Il en résulta un conflit qui menaçait de prendre des proportions inquiétantes. L'Évêque de Quimper consulté, écrivit à la Congrégation des Rites qui s'opposa à cette étrange mutation en répondant que ce cas toujours grave devait avoir l'assentiment de la population.

Il y a à Plonéour-Lanvern, une magnifique Statue de St Enémour qui remonte au moins à la fin du XVème siècle. Sous le rapport de l'exécution, cette œuvre est dans le genre de la statue en albâtre de St Jean qui provient de l'église de Ste Thumette de Penmarc'h et que l'on admire aujourd'hui dans la cathédrale de Quimper.

Notes de bas de page :
(1) Dans un acte du Cartulaire de Landevennec antérieur à 900, Saint Enémour portait le nom d'Eneur.
(2) Note de Mr Fathy, hagiographe, commandant en retraite


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(Suite de la page 35)

Sainte Thumette, Thévette ou Humette (1), Sancta Thumetta (2)

L'Église de Kérity-Penmarc'h est dédié à cette Sainte qui figure, dit l'Abbé Tresvaux, au martyrologe d'Écosse de Dempter (3).
Elle est regardée comme compagne de Ste Ursule et honorée d'un culte très ancien dans cette partie de la Bretagne. Le Bourg de Plomeur, près de Penmarc'h, possède une Église moderne placée sous le vocable de cette sainte qui doit être la même que Ste Théomate, Théomata qui figurait parmi les Compagbes de Ste Ursule (4), qui est honorée en Thuringe. D'après un ouvrage intitulé Cusari Miracula, Livre VIII, Chap. 85. Voici la légende : L'Abbé d'un monastère de Bénédictins, en Thuringe, eut une vision vers l'an 1200. Il se crut transporté dans l'église des Onze Mille Vierges, à Cologne, auprès d'un tombeau qui refermait les reliques des Saintes Théomata, Cléomate et Christiancie. Il se hâta d'aller à Cologne, révéla sa vision et et demanda la permission d'emporter les trois corps dont une vision lui avait fait connaître l'existence.
Le fossoyeur de l'église découvrit effectivement trois corps

Notes de bas de page :
(1) Connue sous ce nom à Nevez dont elle est la patronne. (et à Plomeur dont elle est la patronne)
(2) Gaultier du Mottay
(3) Dempter, mort en 1625
(4) Connue sous ce nom en Thuringe

Note KBCP :
(2) Joachim Gaultier du Mottay (1810-1883) naît à Savenay le 4 Avril 1810.
C'est un scientifique, collectionneur, archéologue et numismate, membre du comité des Travaux Historiques et Scientifiques, de la Sté Archéologique et historiques des Côtes du Nord, de la Société d'émulation des Côtes du Nord. Il y publie, ainsi que dans d'autres publications savantes, de nombreuses notices historiques et archéologiques. Le Recteur Le Coz fait ici référence à la Sancta Thumetta de l'Essai d'Iconographie et d' Hagiographie bretonne écrit par Joachim (1869). Il fut également Conseiller général et maire de Plérin (1871) où il meurt le 11 Novembre 1883.
(3) Lire Dempster. Thomas Dempster (1579-1625) naît dans une famille aristocrate et catholique du comté d'Aberdeen, près de Turiff. L'Écossais devint professeur et un savant réputé pour sa grande érudition. Il était aussi connu pour son caractère querelleur qui l'amena à souvent provoquer des duels. De plus, certains membres de sa famille avaient maille à partir avec la loi et la justice. Il fut donc plus ou moins forcé de quitter l'Écosse et voyagea à travers la Belgique, la France, l'Angleterre et l'Italie, au gré de ses envies, de son travail ou de ses fuites duellistiques ! Au service de la famille de Médicis, il fit des recherches importantes sur la civilisation Étrusque. Alors professeur à l'Université de Bologne, il meurt de la fièvre le 6 septembre 1625.


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dont l'un avait sur la poitrine un peigne d'un grand prix. Il mit le peigne de côté pour en faire son profit mais une religieuse du nom de Frédérinde étant survenue s'en empara par dévotion. La nuit suivante, les trois vierges apparurent à l'abbé en lui disant "Nous ne voulons pas nous en aller avec toi. Et pourquoi donc, mes chères Dames ? reprit-il. Parce que j'ai perdu mon peigne que ma mère m'avait donné : C'est le fossoyeur qui me l'a pris et la nonne Frédéringe qui l'a emporté".
L'abbé alla le lendemain se plaindre à l'Abbesse qui fit rendre le peigne. Après quoi, il s'en retourna à son couvent avec ses reliques. Des guerres survinrent bientôt. On cacha les Chasses des trois saintes sur une corniche et quand la paix eut dissipé les frayeurs, on les oublia. Cléomate, Théomate et Christiancie finirent par s'ennuyer dans leur réduit incommode. On les entendit pendant plus d'un mois frapper à grands coups dans leurs Chasses : on ne les remit point en place honnête. Elles avertirent le sacristain qu'elles s'en iraient si on les négligeait : on ne se pressa pas d'avantage et, un matin, pendant la messe, on vit trois belles vierges sortir de l'église et prendre le chemin de Cologne. On courut aux Chasses : les saintes avaient disparu, elles avaient déjà rejoint leurs compagnes qu'elles n'ont plus quittées depuis. Les légendes de ce genre paraissent aujourd'hui incroyables, mais, autrefois, elles émerveillaient nos pères animés d'une religieuse et naïve croyance (Note de Mr Faty, Hagiographe, Commandant en retraite 6 rue des Réguaires. Quimper)


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