SAUVETAGES DE LA STATION DE KERITY (1911-1938)

Vous trouverez ci-après, la liste commentée des sauvetages réalisés à partir de 1910 par le canot de sauvetage de la station de Kérity, mais aussi des sauvetages réalisés par de courageux particuliers de Kérity, complétés par quelques informations diverses.
Les informations et commentaires sont tirés des Annales du Sauvetage en Mer et/ou des articles de la presse locale (Ouest-Éclair).

Code des couleurs :
Les sauvetages effectués par le canot de sauvetage
Les actes de sauvetage non effectués par le canot de sauvetage
Les sorties "blanches" du canot de sauvetage et autres informations diverses



3 Avril 1911. Acte de sauvetage réalisé par Adolphe Garrec et Guillaume Le Goff

J'ai l'honneur de vous faire connaître que le 3 avril à 6 heures du soir, mer haute, temps très froid, le canotier Garrec (Adolphe), de la station de Kérity, et Le Goff (Guillaume), marin pécheur, se sont jetés à la mer pour atteindre une embarcation afin d'aller au secours de Tanneau (Jean) et de son fils, âgé de cinq ans, dont le canot avait chaviré en dehors du port de Kérity.
Sans l'empressement de Garrec et de Le Goff, la mer eût compté une victime de plus, car l'enfant était sans connaissance et ce n'est qu'après les soins d'usage qu'il est revenu à la vie.

Le Secrétaire du Comité local, Coquelin, Instituteur.

27 Octobre 1911. Sortie de démonstration du canot Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron

La nuit dernière une violente tempête de l'Ouest s'est déchaînée et n'a cesse de faire rage sur nos côtes pendant toute la journée. La mer est démontée. A l'occasion de l'inauguration du nouveau groupe scolaire qui a eu lieu aujourd'hui à Saint-Guénolé, des régates devaient avoir lieu, mais en raison de l'état de la mer, qui rend la passe du port de Saint-Guénolé impraticable, aucun bateau n'a pu sortir du port. Les trois bateaux de sauvetage de la commune devaient sortir pour rehausser l'éclat de la fête, mais seul celui de le la station de Kérity a pu sortir et a exécuté des exercices très bien réussis.

26 Décembre 1911. Sauvetage des canots Saint Joachim et P.T. Yves Cossec

Lundi matin 26 décembre, le temps était épouvantable. La mer était démontée et des grains de vent d'Ouest, au milieu desquels il était impossible de rester debout à terre, se renouvelaient fréquemment.
Plusieurs pêcheurs avaient leurs filets en dedans des Étocs. La veille, la pêche avait été fructueuse, le poisson s'était bien vendu ; aussi, malgré le mauvais temps les pêcheurs démarrèrent-ils.
Le canot « Princesse Alice », patron Leijour, eut sa voile déchirée près des îles Noires. C'est alors que le patron Jégou fit lancer le canot « Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron ». La « Princesse Alice » fut rejointe vers 10 heures et le canot de sauvetage la convoya jusqu'à ce qu'elle fut à l'abri des roches et hors de danger.
C'est alors que le canot de sauvetage « Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron aperçut le « Saint Joachim » désemparé de ses mâts et voiles par une rafale. Il se dirigea aussitôt vers la barque en péril. Il était temps d'arriver, le canot « Saint Joachim » allait se briser sur Menn-Daniel. Notre patron ordonna de lancer un grappin à bord du « Saint Joachim ». La manoeuvre réussit, ce qui permit au canot ce « Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron » d'opérer le sauvetage des quatre hommes du « Saint Joachim » dans un endroit moins dangereux.
Plus loin, à un demi-mille dans l'Est de Menn-Daniel, le canot « P. T. », monté par deux hommes, était en dérive, il avait aussi son mât et ses voiles enlevés. Le canot « Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron » le rejoignit et le suivit jusqu'au Guilvinec. Il était à ce moment 2 heures de l'après-midi.
Les canotiers du « Comte et Comtesse Foucher de Saint Faron » étaient trempés et exténués. La tempête faisait toujours rage ; néanmoins nos braves marins partirent de Guilvinec à 3 h. 30 avec vent et courant debout et arrivèrent à Kérity à 6 h, 30.
De nombreux volontaires donnèrent la main à remonter le canot et à 7 heures il était remisé à l'abri.
On peut dire que le canot « Comte et Comtesse Foucher de Saint Faron » s'est bien comporté et qu'il a sauvé d'une mort certaine onze hommes.

Le Secrétaire du Comité de Sauvetage, Coquelin.

6 Janvier 1912. Sauvetage du trois-mats Antoinette

Extrait des rapports de M. le Directeur des Douanes de Brest et de ceux des comités locaux de Saint-Guénolé, Kérity-Penmarc'h et Saint-Pierre-Penmarc'h.

Le 6 janvier dernier, dans l'après-midi, le trois-mâts goélette nantais "Antoinette", capitaine Boutin, abandonné par le remorqueur (anglais "Warrior" commandé par le cpt Cowes) qui l'avait conduit, se trouvait en perdition dans la baie de la Torche. Les canots de sauvetage de Kérity, de Saint-Pierre et de Saint-Guénolé avaient été retirés de leurs abris en vue de porter, si possible, secours au navire en détresse qui, ballotté par d'énormes lames et chassé par le vent, dérivait vers la pointe de la Torche. Les équipages des embarcations de sauvetage, faisant traîner leurs canots par des chevaux, s'efforçaient en vain de parvenir en face du navire "Antoinette" ; mais celui-ci, sous l'effort irrésistible de la tempête, fuyait le long de la côte.
Le sous-brigadier Le Brec, de Kérity, mis au courant de l'événement, s'empressait de faire appel au concours des préposés Kermorvan et Cariou, seuls agents disponibles à ce moment, et préparait le canon porte-amarre avec le chariot et tous les engins nécessaires. Ayant obtenu l'aide de quelques marins pêcheurs, nos agents partaient à leur tour au pas de course à la poursuite du navire en péril. Cette petite troupe arrivait à 4 h 30 du soir à la pointe de la Torche et y rejoignait les canots de sauvetage que l'état de la mer ne permettait pas de mettre à l'eau. D'ailleurs, le trois-mâts avait disparu, toujours chassé par la tempête. Le syndic de la marine, qui accompagnait les canots, déclara au sous-brigadier que ceux-ci ne pouvaient pousser plus loin, ajoutant que, d'après ses prévisions, l'"Antoinette" devait échouer entre Plovézet et Audierne.
Le Brec ne se découragea point et, persistant dans son entreprise, stimula le zèle de ses compagnons qui, traînant le canon et le matériel, reprirent leur course le long de la côte, tantôt dans les dunes, tantôt par de mauvais chemins. Après avoir parcouru une distance de 12 kilomètres en deux heures d'une marche exténuante, les sauveteurs arrivaient enfin à 5 h. 30 en vue du navire alors naufragé. Le trois-mâts "Antoinette", drossé par le vent contre la côte, talonnait avec violence et son équipage réuni sur le pont attendait avec anxiété qu'un secours lui vînt du rivage. Malgré la distance relativement courte de la terre au navire, l'état de la mer était tel qu'il était impossible de mettre à flot aucune des embarcations de l'"Antoinette". Cependant, les vagues balayaient le pont, l'eau montait dans la cale, et, seule, l'impossibilité d'exécution arrêtait le capitaine dans la décision qu'il avait prise d'évacuer son navire. Une bouée de sauvetage lancée du bord, était parvenue à terre grâce au vent et au courant. Mais bien que cet engin, relié à l'"Antoinette" par une mince corde, eût pu être saisi par les canotiers de Saint-Guénolé, l'absence de matériel s'opposait à toute manœuvre de sauvetage.
La petite troupe de Le Brec arrivait à ce moment, et son chef, sans perdre un instant, prenait aussitôt les dispositions nécessaires. La présence de la bouée évita la nécessité de recourir au canon pour établir la liaison entre le navire et la terre. En halant à bord la ligne qu'il avait lancée, l'équipage de l'"Antoinette" ramena un cordage plus fort fixé par Le Brec. De nouvelles manœuvres permirent d'établir un va-et-vient complet et, grâce à l'emploi de la bouée-culotte, l'équipage en danger put enfin quitter sa pénible position et parvenir à terre. Ce sauvetage nécessita trois heures de lutte et d'efforts, pendant lesquelles les agents des douanes, les patrons des canots de sauvetage et quelques canotiers, arrivés en état de transpiration sur les lieux, restèrent plongés dans l'eau jusqu'à la ceinture, subissant le choc des lames, et parfois obligés de se retenir aux cordages de secours, pour n'être pas enlevés.
L'obscurité complète augmentait les difficultés d'une manœuvre exécutée au moment où la mer était dans son plein et où la tempête atteignait son maximum de violence.
Quatorze hommes furent ainsi sauvés sans accident ; seul, le mousse, indisposé, fut recueilli par un riverain ; le reste de l'équipage accompagna nos agents à Kérity, où ils parvinrent à 10 h.30 du soir.
Les naufragés trouvèrent dans cette localité tous les soins et les réconfortants nécessaires, et des lits furent mis à leur disposition, notamment chez M. Coquelin, maître d'école. Ils devaient leur salut au courage et à la ténacité de Le Brec et de ses auxiliaires.

Pour ce sauvetage, TOUS les protagonistes ont reçu un témoignage de satisfaction de la part du ministre de la Marine. Et plus particulièrement le sous-brigadier Léon-Eugène-Marie Le Brec qui obtint le prix Emile Robin accordé par la SCSN (100 fr).


Naufrage du trois-mâts Antoinette


Antoinette-Après le naufrage © Chever


5 Avril 1912. Acte de sauvetage réalisé par Yves Gourlaouen

Par suite des vents du Nord-Ouest qui soufflaient avec rage ces jours derniers sur la région, la plate n° 2472 appartenant M. Le Floch de Kérity est partie à la dérive. Le canot Madeleine, patron Yves Gourlaouen, de Kérity, allait avec Alain Le Gall à l'extrémité du port quand ce dernier roulé par la houle perdit l'équilibre et tomba à la mer. Le Gall, sachant peu nager se serait infailliblement noyé sans la prompte intervention du patron Gourlaouen qui put le saisir et le monter à bord.


31 Mai 1912. Sauvetage de Yves Cossec

Le 31 mai, dans l'après-midi, le nommé Cossec (Yves) relevait ses casiers à homards avec son embarcation « Yole » n°3034 lorsqu'il fut projeté sur un des cailloux du Sud-Est des Etocs (groupe Réor Egen). L'embarcation fut broyée et Cossec eut de la peine à se cramponner à la roche.
Le patron Le Palud du «Daniel» et Lazarre (Jacob) du « Saint Pierre » virent l'accident se produire ; ils se rendirent sur le lieu mais ils ne purent approcher du naufragé tant le vent et la mer faisaient rage.
Voyant l'inutilité de ses efforts et le danger croissant pour le naufragé (la mer et le rocher étaient balayés à chaque lame), Lazarre se décida à venir demander l'assistance du canot de sauvetage de Kérity.
Le canot « Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron » fut lancé à 2h. 20. Le vent était à grain du Sud-Sud-Ouest, la mer houleuse avec du ressac près des roches.
Après une demi-heure de nage vigoureuse, nos canotiers se trouvèrent sur le lieu du naufrage ; mais ce n'était pas facile d'accoster le naufragé tant il y avait de mer et de ressac !
Trois fois le canot « Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron » fut obligé de fuir dans le brisant pour ne pas être écrasé sur les rochers. A la quatrième reprise nos canotiers purent approcher assez près du naufragé et ils lui lancèrent la ligne plombée. Un va et vient fut installé ; on envoya à Cossec une bouée de sauvetage et le malheureux put être amené à bord, transi de froid et de peur, blessé à la jambe.
Sans l'intelligence et l'énergie de notre brave patron, le courage et l'obéissance de l'équipage il y eût eu aujourd'hui une famille de plus en deuil à Kérity.
A 6 heures du soir, le canot était remisé et prêt à toute éventualité.

Le Secrétaire du Comité de Sauvetage, Louis-Octave Coquelin, instituteur.

26 Juin 1912. Acte de sauvetage réalisé par le pilote Guichaoua et son équipage

Vers 1 heure du soir, le bateau pilote de l'Ile de Sein n°14, l' « Itron Varia Lourdes » patron Guilcher, venant de Lorient, après avoir rencontré le « Dugay-Trouin » s'apprétait à rentrer à son port d'attache et à cet effet passait à proximité des Etocs de Penmarc'h.

A un certain moment, se trouvant en dedans du port de Kérity, il est venu se mettre au plein sur le Roche-Voret, à 2 milles du môle. Il est resté dans cette position critique pendant une heure au moins. Heureusement, la mer était haute et plusieurs embarcations de Kérity se sont portées à son secours et ont pu le retirer de sa fâcheuse position. En cette circonstance, nous sommes heureux de féliciter le pilote Guichaoua de Kérity qui un des premiers avec son équipage, n'a pas hésité à prendre la mer pour se porter au secours de l'embarcation en danger.

24 Septembre 1912. Acte de sauvetage réalisé par Talbeau

Un mousse dormait dans une embarcation qui se détacha. On l'a retrouvé au large
Ce matin, à la pointe du jour, se disposant a aller la pèche, Allain Cloarec, marin pécheur à Kérity, a été fort surpris en constatant la disparition de son canot, mouillé pendant la nuit au milieu du port et dans lequel était resté de garde le petit Talbeau, âgé de 14 ans.
M. Talbeau père, prévenu de l'incident, arma immédiatement une embarcation et accompagné de deux de ses compatriotes, il partit à la recherche de son fils.
Celui-ci fut rejoint par son père vers 8 heures du matin. A environ cinq lieues à l'ouest du phare d'Eckmühl.
Le canot avait dû être mal amarré et le petit novice qui y sommeillait ne s'est aperçu qu'il partait à la dérive que quelques heures plus tard, alors qu'il était déjà rendu loin. Le malheureux garçon avait bien à son bord deux avirons, mais il n'était pas assez fort pour gouverner avec.
Contrairement à l'habitude dans nos parages, la mer était heureusement très calme, sans quoi le petit Talbeau eût été inévitablement broyé avec son embarcation contre les rochers qui longent notre côte. Le pauvre petit en a été heureusement quitte pour une forte émotion.

30 Septembre 1912. Nombreux actes de sauvetages collectifs

J'ai l'honneur de vous signaler la magnifique conduite de notre brave patron Jégou (Joseph), dans la triste tempête du 30 septembre qui anéantit presque complètement la flottille de pêche de Kérity. (Extrait du rapport de mer du patron Jégou (Joseph), à propos de la perte de sa chaloupe « Charles Roux ».)
À peine avions-nous rétabli nos voiles que la vergue du dundee cassa. La tempête augmentait toujours. Tout l'équipage se mit à la manœuvre pour remplacer la vergue quand le mousse me cria : « Patron, des hommes sous le vent font des signaux de détresse ! »
La mer était furieuse, la pluie nous aveuglait ; il me fallut prendre des précautions en accostant le bateau naufragé, désemparé de sa voilure, rempli d'eau, la pompe ne fonctionnant pas et balayé par chaque lame. II nous fallut au moins une heure et demi d'efforts pour tirer ces malheureux de leur triste position et arracher à une mort certaine les sept hommes du bateau « Éole », patron Normand. Il était 4 h. 30, je pensais toujours arriver au port de Saint-Guénolé ; mais la tempête faisait tellement rage que rien de mon matériel ne put résister. La vergue que je venais d'installer cassa de nouveau, après ce fût celle de la misaine, puis le mât de misaine ; il m'a fallu installer un mât de fortune avec ma grande vergue de misaine .
À 5 h. 30, je mouillai dans l'anse de Pors-Carn. Avec mon canot annexe, je pus débarquer mon équipage et les sept naufragés. Je revins à ma chaloupe et nous installâmes nos chaînes, grelins, amarres et grappins de façon à mouiller solidement le « Charles Roux ». Je restai dans ma chaloupe jusqu'à 8 h. 30, ne voulant l'abandonner qu'à la dernière extrémité. Le vent sauta à l'Ouest, la mer devint épouvantable. Jugeant notre situation dangereuse, j'appelai mes hommes et nous embarquâmes une seconde fois dans notre petit canot armé de quatre avirons ; la mer descendait, il nous fallut un quart d'heure de lutte pour gagner la terre.
De la flottille de bateaux mouillés à Pors-Carn, il restait encore en mer l'équipage du « Juif Errant ». Cet équipage regagnait la terre dans la baleinière « Marguerite » qui, à l'aide d'un va-et-vient, avait aidé toute la soirée à mettre les équipages à terre, lorsque la filière qui formait le va-et-vient cassa. La baleinière n'était armée que par deux avirons ; poussée par le vent et entraînée par le courant elle dériva au large avec les huit hommes qui la montaient. Des cris de détresse retentirent de toutes les poitrines, car le bateau de sauvetage de Saint-Guénolé était échoué et il était impossible de le remettre à flot. La mer alors était déchaînée.
Vu ce danger, rien ne m'aurait retenu ; je fis remettre mon canot une troisième fois à l'eau et avec trois volontaires de Saint-Guénolé : Bariou (Pierre-Jean), Audré (Pierre-Jean) et Nédélec (Thomas), nous partîmes avec le bout du va-et-vient et, au moyen de nos quatre avirons, nous pûmes ramener sains et saufs, sur la plage, les huit hommes de la « Marguerite ».
À une heure, je trouvais mon « Charles Roux » ensablé, cassé en deux, inutilisable.
Je dois aussi vous signaler la belle conduite du canotier Cloarec (Alain), qui a dû, au plus fort de la tempête, larguer son canot annexe pour sauver les huit hommes du « Notre Dame de Penhors » dont l'embarcation était désemparée, à demi coulée, voguant à la dérive .
Le même jour, le patron Salaün (François), de la « Kérityenne », a lâché son canot pour sauver les sept hommes de l'équipage « Petit Noël », qui allait se jeter sur le « Men Hir » par suite d'une avarie de gouvernail .
Le Secrétaire du Comité de Sauvetage, Coquelin, Instituteur.

(Tous ces magnifiques faits de sauvetage ont été confirmés par M. l'administrateur de la Marine à Quimper, à la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés qui a accordé à ces braves de nombreuses récompenses.)

Ce jour là, 14 équipages de bateaux en détresse ont été sauvés.


Le Désastre du 30 Décembre 1912


Pors Carn-Après le désastre © G.Cornou


10 Avril 1913. Acte de sauvetage réalisé par Nonna Tirilly

Le 10 avril, par forte brise d'Est, notre sous-patron Coïc, aidé de son fils, relevait ses filets à maquereaux dans les parages du Ferrigour, à 2 milles dans le Sud-Est de Kérity, lorsqu'une lame sourde déferla par l'arrière de son embarcation, le « Debergue » ; celle-ci coula immédiatement.
Coïc, vêtu du ciré en kapock, don de M. Robin, sauta sur son fils et le maintint sur l'eau. Le patron Tirilly (Nonna), du « Kerbezec », qui allait vendre son poisson à Guilvinec, passait à un demi-mille delà ; il vit la barque de Coïc couler ; malgré les dangers auxquels il s'exposait en naviguant dans les parages du naufrage à cause de sa chaloupe qui cale beaucoup d'eau, il n'hésita pas, il manoeuvra, et parvint non sans peine, grâce à sa parfaite connaissance des lieux, à pouvoir saisir les naufragés qui n'en pouvaient plus, car ils étaient transis de froid.

Le Secrétaire-Trésorier du Comité de Sauvetage, Coquelin, Instituteur.

20 Mai 1913. Le Mémorial des Sauveteurs de France est accordé aux stations de Kérity et St Guénolé

Article du journal Le Matin du 20 Mai 1913

Le comité qui a été constitué
sous la présidence d'honneur de M. Pierre Baudin, du vice-amiral
Duperré et de M. Paul Doumer
et sous le haut patronage de M. Poincaré
a attribué hier à la commune de Kérity-St Guénolé (Finistère)
LA COUPE DE L'HEROISME
offerte par le Matin aux sauveteurs de la mer


Dans notre numéro du 29 avril dernier, nous avons annoncé que le Matin voulait dédier aux marins-sauveteurs de France une "coupe de l'héroïsme" afin de perpétuer en face du pays le souvenir de leurs magnifiques dévouements : Ici-même, nous avons publié l'image du monument actuellement exposé au Salon des artistes français, que le grand orfèvre Pierre Falize a créé, sur notre demande, pour faire ce beau rêve vivant.
Nous avons annoncé que chaque année une commission serait convoquée au Matin afin d'examiner les actes accomplis par nos sauveteurs français du littoral au cours des derniers douze mois. Nous avons dit que, pour orienter le choix de ce jury d'honneur, deux titres seuls vaudraient : le tragique de l'occasion et la supériorité du courage. Sitôt cette nouvelle connue, de tous les points du littoral, des lettres, des rapports nous ont été adressés. Administrateurs de la marine, gens de mer, présidents de sociétés de sauvetage, maires de communes et de bourgs écrivaient pour dire que le Matin était allé à leurs cœurs et pour lui soumettre les faits de sauvetage dont ils avaient été les collaborateurs ou les témoins. Devant cette réponse de l'héroïsme à notre geste d'admiration, nous avons pensé qu'il convenait de prier le plus haut magistrat de la République française d'honorer de sa bienveillance une initiative qui a pour but de propager en France le culte du sacrifice.
M. Raymond Poincaré nous a répondu qu'il accordait son haut patronage au Comité chargé d'attribuer annuellement aux sauveteurs marins les plus méritants, la récompense que leur vaillance a conquise. Au nom de nos gens de mer et au nôtre, nous lui exprimons ici notre gratitude.
D'autre part, M. Pierre Baudin, ministre de la marine, le vice-amiral Duperré et M. Paul Doumer ont accepté la présidence d'honneur de ce comité.
La présidence effective a été attribuée au lieutenant de vaisseau en retraite Granjon de Lépiney, administrateur délégué de la Société centrale de sauvetage des naufragés. Les autres personnalités qui nous ont fait l'honneur de former cette commission sont :
M. Delanney, préfet de la Seine ; M- Joannès-Couvert, président de la chambre de commerce du Havre ; M. Charles-Roux, président de la Compagnie générale transatlantique ; M. Paul Cloarec. capitaine de frégate en retraite, président de la Société des hospitaliers-sauveteurs bretons ; M. Félix Adam, président de la Société humaine et des sauvetages de Boulogne-sur-Mer. Secrétaire M. Hugues Le Roux.
Cette commission s'est réunie hier à trois heures dans les bureaux du Matin afin d'entendre la lecture du rapport qui lui a été présenté par son secrétaire. Cinq sauvetages d'un éclat exceptionnel, accomplis au cours de l'année 1912, ont été soumis au vote et à l'appréciation des membres du comité.
Le secours apporté, le 10 mars 1912, au Grau-du-Roi (Gard), par le patron Palanque, se portant à l'aide du trois-mâts italien Antonio-Padre.
Le sauvetage des cinq naufragés du canot de pêche Les-Deux-Frères-Républicains, accompli le 18 mars 1912 par le patron Coic, du canot Amiral-de-Maigret; de Lesconil (Finistère).

Les sauvetages accomplis le 30 septembre 1912, sur la côte de Penmarc'h
1° Par le canot de sauvetage de Saint-Guénolé, Maman-Poydenot, de la Société centrale de sauvetage des naufragés, patron Riou, qui sauva au large, l'équipage d'un bateau de pêche, puis travailla à mettre à terre 8 équipages de barques en perdition, en tout 52 hommes.
2° Par Joseph Jégou, patron du canot de sauvetage de Kérity, qui sauva au large les sept hommes de l'Eole, puis, dans la baie de Pors-Carns, mit à terre 21 hommes, formant les équipages de barques en perdition
3° Le sauvetage de 7 équipages en détresse, organisé avec une petite baleinière, la-Marguerite, par 12 marins, dont on a les noms.


Le Désastre du 30 Décembre 1912


En dehors de cette lutte vraiment épique, avec une tempête si furieuse que, de mémoire d'homme, on n'en avait point vu de semblable sur la côte de Penmarc'h.
Le comité a encore retenu le haut fait accompli, à cette même date du 30 septembre, par le patron Delarue, sur le canot Amiral-Roussin, qui sauva deux chaloupes de pêche de Douarnenez, montées par 19 hommes, dans les parages de l'île Molène (Finistère). Enfin, à la date du 30 novembre 1912, dans le voisinage de l'île de Sein (Finistère), le sauvetage du bateau Famille-Santel, accompli par le patron Menou. sur son canot de sauvetage Amiral-Barrera.
Après avoir pesé à leur mérite tous ces exploits de nos sauveteurs, le comité a décidé à l'unanimité d'attribuer, cette année et pour la première fois, le mémorial offert par le Matin à la commune de Kérity-Saint Guénolé (Finistère) pour la victoire, illustre entre les plus célèbres faits de sauvetage, enregistrés dans les annales de la mer que les marins ci- dessus désignés ont remportée sur le naufrage, dans la tempête du 30 septembre 1912. En attendant que, dans une fête qui aura tout l'éclat que méritent des actions si glorieuses, le mémorial du Matin soit solennellement porté à Kérity-Saint-Guénolé pour être remis entre les mains des autorités municipales de cette commune, l'oeuvre de Falize sera exposée, dimanche prochain 25 mai, au palais de la Sorbonne, au cours de la cérémonie présidée par le vice-amiral Duperré, pour la remise des récompenses décernées par la Société centrale de sauvetage des naufragés aux lauréats qu'elle honore tous les ans. Lecture sera officiellement donnée de la décision du comité qui, pour un an, attribue à la commune de Kérity-Saint-Guénolé la coupe d'honneur offerte par le Matin aux héros vainqueurs de la mer.

20 Juillet 1913. Acte de sauvetage réalisé par Séven

Le 20 juillet, la petite Drézen (Anne-Marie) jouait avec sa sœur lorsqu'elle tomba à la mer, haute en ce moment, par une des coupures du parapet où se terminent les échelles qui donnent accès aux quais. Personne ne se trouvait aux environs. Aux cris de sa sœur, Séven accourut, demanda ce qu'il y avait, et immédiatement piqua une tête tout habillé. Après avoir saisi la naufragée par les cheveux il nagea vers l'échelle, mais ne pouvant la remonter avec elle, il se dirigea toujours à la nage vers une embarcation mouillée à une vingtaine de mètres de l'endroit, y hissa son fardeau, dérapa l'ancre et vint déposer la petite Anne-Marie entre les bras de sa mère.

Le Secrétaire-Trésorier du Comité de Sauvetage, Coquelin, Instituteur.

23 Juillet 1913. Acte de sauvetage réalisé par Le Gars et Le Brec

Courageux petit mousse. Vers 5 heures du soir, au moment de la pleine mer, le matelot Joseph Le Gal, de Kérity, âgé de 33 ans, s'apprêtait à regagner son embarcation ancrée dans le port. Il voulut descendre par l'escalier qui se trouve à droite du môle, mais il s'y prit d'une telle façon qu'il trébucha et vint tomber dans la mer, d'une hauteur de trois mètres environ.
Le petit Le Gars, 13 ans, qui avait été témoin de l'accident, se porta rapidement à son secours et put le saisir par ses effets. En vain il essaya de le retirer de l'eau, mais il se cramponna à lui au risque même d'être entraîné dans les flots par Le Gal qui avait perdu connaissance. Se trouvant à bout de forces et ne voulant pas quand même lâcher prise, il appela au secours. Ses appels furent entendus par le sous-brigadier de douanes Le Brec, de service sur le port. Ce dernier se précipita a son aide et parvint, non sans peine, à retirer le naufragé de sa critique situation. Nos sincères félicitations aux sauveteurs.

19 Mars 1914. Sauvetage de l'équipage de l'annexe du Cyclamen et de la chaloupe Sainte-Catonisse

Pendant la nuit du 19 au 20 mars, le vent soufflait du Sud-Ouest en tempête, grains de grêle et sautes de vent. La flottille de pêche de Penmarc'h et de Guilvinec travaillait à l'entrée de la baie d'Audierne. A 8 heures du matin, 3 chaloupes manquaient au port de Kérity. Toute la population se trouvait sur la grève et scrutait l'horizon pour tâcher d'apercevoir les voiles des embarcations attendues.
A 9 heures la chaloupe « Cyclamen », patron Le Palud, louvoyait dans le chenal du Toulliec et embarquait deux hommes dans son annexe mouillée au Nord-Ouest de Locarec. Le « Cyclamen » manœuvra pour venir prendre son embarcation, mais une rafale le désempara de sa voilure, le patron dut alors pour sauver le reste de son équipage abandonner les deux hommes dans son annexe et fuir devant le temps pour essayer d'entrer à Guilvinec.
La tempête redoublait, le vent sauta à l'Ouest, puis au Nord-Ouest ; la mer était affreuse ; les malheureux abandonnés, n'ayant même pas un aviron, étaient couverts à chaque instant par des lames qui brisaient sur eux. C'est alors que le patron Jégou fit mettre à l'eau le canot de sauvetage. Après avoir essuyé nombre de difficultés pour s'approcher des naufragés, Jégou put les faire saisir au moment où leur frêle coque de noix sombrait sous leurs pieds.
Au même instant la chaloupe « Sainte Catonisse », patron Tanniou, était obligée de mouiller à un demi-mille au vent; elle avait ses mâts cassés et ses voiles en lambeaux. L'équipage fit des signaux de détresse. Le canot de sauvetage se dirigea vers la « Sainte Catonisse ». Le vent devenait de plus en plus violent et la mer de plus en plus affreuse ; toute la côte sur une largeur de plus de 3 milles n'était qu'un brisant ; l'air était obscurci par une brume formée de la crête des lames que le vent emportait dans son tourbillon avec une vitesse vertigineuse.
De la cale nous n'apercevions plus ni l'embarcation en détresse, ni le canot de sauvetage ; nous étions anxieux. Enfin le canot de sauvetage apparut sur une énorme montagne d'eau, à l'endroit où il avait opéré le sauvetage des 2 hommes. Malgré les encouragements du patron et le courage de 10 canotiers, notre embarcation ne pouvait gagner sur les éléments déchaînés. Il fallut 1 h. 30 d'efforts inouïs pour atteindre la « Sainte Catonisse ». L'accostage fut laborieux et le sauvetage des 11 hommes difficile. A ce moment à 2 milles dans le Sud-Ouest la mer rasait une tonnelle en ciment armé édifiée il y a cinq ans dans la Jument.
Le retour au port fut pénible, le patron Jégou pour ne pas être obligé de fuir au Guilvinec, dut, à l'aide des naufragés, faire doubler les hommes aux avirons. A midi, sauveteurs et sauvés, débarquaient, complètement mouillés et exténués. J'ai dû faire remettre le canot sur le chariot par le 2ème équipage.

Le Secrétaire Trésorier du Comité de Sauvetage, Coquelin.

Pour ce sauvetage, le patron Jégou et l'équipage du « Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron » ont reçu la médaille d'or du baron Cloquet.

9 Février 1915. Don des écoliers de Kérity en faveur des marins

Monsieur le Président *,

Notre maîtresse nous a lu ce malin, dans les Annales du Sauvetage maritime, votre appui en faveur des marins qui combattent sur le front. Nous avons décidé, mes compagnes et moi, ainsi que les élèves de l'école des garçons, de vous adresser pour ces braves la petite somme de 20 francs.
Ces 20 francs, nous les avons amassés sou par sou ; depuis le début de la guerre, nous ne mangeons plus de bonbons. Notre petit sou du dimanche, nous l'apportons à l'école pour les défenseurs de la Patrie. Comme nous les aimons et admirons ces braves défenseurs de notre douce France. Mais les marins qui sont nos pères, nos frères, nos cousins nous sont particulièrement chers ; aussi nous sommes bien heureux de leur procurer quelques douceurs.
Nous vous remercions, Monsieur le Président, d'avoir pensé à nos marins, aux êtres que nous chérissons tant.
Nous avons foi en eux et nous sommes certains qu'ils ne failliront pas.

Agréez, Monsieur le Président, nos respectueuses salutations.

Pour les filles et les garçons des écoles de Kérity-Penmarc'h, (Finistère) : Jégou (Désirée), élevé; LE CORRE (Sébastien), ayant mon père au feu.

(*) de la SCSN...

Les canotiers non encore mobilisés ont réuni 19 francs.
M. Gautier, usinier a offert 5 francs.
Les Amis des Marins (souscriptions recueillies chez Noël Stéphan) , 11 francs 50.

13 Février 1915. Sauvetage de l'équipage du Tamerlan

Le 13 février, les pêcheurs de Kérity sont allés lever leurs casiers et leurs filets ; il ventait forte brise d'Ouest, mer houleuse. Comme la marée était basse ils furent obligés de mouiller en rade pour attendre que l'eau monte dans le port. Le vent fraîchissait toujours ; à midi, c'était une vraie tourmente et la mer était complètement démontée.
Vers 14 heures, le patron du « Tamerlan » essaya de rentrer au port ; il appareilla, mais la misaine fut enlevée ; il dut mouiller. L'avarie fut réparée et la chaloupe appareillée de nouveau.
Le patron tira sept bords, mais au lieu de gagner le port, il s'en éloignait. Voyant qu'il ne pouvait fuir vent arrière à Guilvinec parce que le chenal brisait de toutes parts, il mouilla. Le « Tamerlan » dériva dans les brisants de Pennivic. Le voyant en perdition, le patron Le Gall fit des signaux de détresse qui furent aperçus par l'équipage du canot de sauvetage en veille.
Le canot de sauvetage fut lancé. La tempête alors était épouvantable, la mer bouleversée, le vent enlevait en tourbillon la crête des vagues ; dans les grains, nous ne voyions plus le « Tamerlan ». Nous avons eu bien du mal à approcher de cette embarcation et à sauver les trois hommes qui la montaient.
Nous avons essayé de revenir à Kérity mais ce fut impossible, le temps était plus fort que nous.
Nous avons mis le cap sur Guilvinec ; plus nous nous approchions de ce port, plus la mer devenait mauvaise ; ce n'était que brisants partout. Sur la barre chacun des brisants nous couvrait d'un bout à l'autre ; je fis mon possible pour tenir mon canot au milieu du chenal, mais un brisant nous enleva et nous transporta à 500 mètres en avant. Nos avirons blancs furent désarmés et deux partirent emportés par une vague. Les deux canotiers qui nageaient à bâbord derrière ont été enlevés de leur place et jetés sur l'avant.
Nous sommes arrivés à Guilvinec à 16 heures trempés et exténués. Nous avons mouillé le canot au fond du port et j'ai prié mon collègue Garo de veiller dessus, puis nous avons pris le train pour rentrer chez nous.
Le lendemain le temps étant plus maniable, nous avons été prendre notre canot, nous sommes rentrés à Kérity à 17 heures.

Jégou (Joseph), Patron du canot de sauvetage.
(Rapport transmis par M. Coquelin, Instituteur, Secrétaire du Comité de Sauvetage)

Le canot « Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron » a reçu le prix Emile Robin et Jean Dufour (790 Fr) et le patron Jégou a reçu pour ce sauvetage, à titre individuel, la médaille d'or Emile Robin et Jean Dufour.

25 Septembre 1915. Mort au champs d'honneur de Pierre-Jean Le Goff, canotier

Le Goff (Pierre-Jean), canotier de sauvetage à Kérity-Penmarc'h (Finistère), soldat au 33ème régiment d'infanterie coloniale, disparu près de Massiges, en Champagne, et inhumé au nord se Souain le 25 septembre 1915.

1916. Blessure devant Verdun de Jean-Louis Cloarec

Cloarec (Jean-Louis), canotier de sauvetage à Kérity-Penmarc'h (Finistère), soldat au 287" régiment d'infanterie, blessé devant Verdun d'un éclat d'obus au genou gauche, en traitement à l'hôpital d'Orléans.

7 Juillet 1917. Acte de sauvetage réalisé par Jégou, Bouguéon, Cossec et Tanter

J'ai l'honneur de vous signaler la belle conduite d'un de nos canotiers : Jean Jégou. Dimanche dernier les guetteurs du sémaphore signalaient un canot en perdition à l'horizon, Jégou sauta à bord du premier bateau venu et aidé de Bouguéon, Cossec et Tanter (Henri), hissa les voiles et fit route sur le point signalé.
A 16 heures il atteignit l'embarcation en détresse ; c'était une baleinière à demi remplie d'eau montée par 11 marins anglais dont le navire anglais avait été coulé le 28 juin à 10 heures du matin. Il embarqua les naufragés à son bord, leur donna à boire, car l'eau leur manquait depuis 24 heures, et leur prodigua les premiers soins. A 18 heures, les hommes étaient débarqués à la pointe de Penmarc'h et remis aux autorités.

Le secrétaire dit Comité de Sauvetage, Coquelin.

17 Juillet 1917. Jean-Louis Cloarec cité à l'ordre du jour

Cloarec (Jean-Louis), canotier de sauvetage à Kérity-Penmarc'h (Finistère), soldat au 87° régiment d'infanterie : « Excellent soldat sous tous les rapports. Toujours volontaire pour les postes les plus dangereux. A donné un bel exemple de courage et de sang-froid à l'attaque du 17 juillet 1917. »

26 Avril 1919. Acte de sauvetage réalisé par l'équipage du Pierre

Prévenu à 14 heures par les marins pêcheurs qu'un bateau venait de chavirer sous voiles dans la baie de Men-Meur, j'ai donné aussitôt l'ordre au patron Courtès de lancer le canot de sauvetage « Alice » et de se porter au secours du bateau naufragé qui se trouvait à proximité des brisants. Arrivé sur les lieux du naufrage, le canot n'eut pas à intervenir. Le bateau « Pierre », de Kérity-Penmarc'h, patron Lazare (Jacob), ayant vu le canot chavirer, avait fait demi-tour, s'était porté à son secours et avait été assez heureux pour recueillir l'homme en danger avant l'arrivée du canot du sauvetage.
Le bateau chaviré s'appelle la « Princesse Alice » du port de Saint-Pierre en Kérity-Penmarc'h, patron Léjour ; ce dernier, en complet état d'ivresse, avait mis à la voile, malgré les recommandations des pêcheurs qui l'avaient engagé à ne pas sortir par la tempête qui sévissait à ce moment.
Le canot de la Société se borna à convoyer le bateau sauveteur jusqu'à Guilvinec.

Le Secrétaire-Trésorier du Comité de Sauvetage du Guilvinec, Le Gars.

10 Juillet 1924. Acte de sauvetage réalisé par Louis Gourlaouen

Le 10 juillet 1924, vers 11 heures, trois gamins de 11 ans, Louis Gourlaouen, Talbot et Roger Le Brun, jouaient avec une plate à 300 mètres dans le S. E. du môle. La mer était haute. Le Brun godillait debout sur le banc, il perdit l'équilibre et tomba à la mer avec le seul aviron du bord. Louis GOURLAOUEN ne perdit pas la tête, il se déshabilla à la hâte et nagea vers son camarade car la plate avait avancé avec son aire. Le naufragé cramponna son sauveteur et paralysa ses mouvements. Ils allaient couler tous les deux, Gourlaouen réussit à faire lâcher le naufragé et le reprit d'une autre façon puis regagna le canot. Le petit Talbot, qui y était resté, les aida à embarquer à bord. II n'y avait plus d'avirons pour regagner le port, Gourlaouen se jette de nouveau à l'eau, va chercher l'aviron à la dérive, puis ramène les deux compagnons à la cale, félicité par les nombreux pêcheurs qui avaient assisté de loin aux diverses péripéties du sauvetage.

Le Secrétaire du Comité de Sauvetage, Coquelin, Instituteur.

24 Juillet 1924. Acte de sauvetage réalisé par Jean-Yvon Le Guen

Le jeudi 24 juillet 1924, vers 14 heures, à proximité de la cale de Kérity, Hélias Félix, 11 ans s'amusait dans une plate avec deux gamins de 6 et 8 ans, Hélias, godillait, la godille dérapa et l'enfant fut projeté à la mer profonde de 3 mètres, en cet endroit.

Le Guen Jean-Yvon, 61 ans qui arrangeait ses filets dans une barque non loin de là, averti par les cris des deux gamins restés dans la plate, se jeta à la mer tout habillé et plongea sur le jeune Hélias qui, ne sachant nager, avait coulé aussitôt. Le Guen ramena le naufragé à la cale où des soins empressés, donnés par le sous-brigadier des douanes Evano, parvinrent à ranimer l'enfant.

Le Guen est déjà titulaire d'un témoignage officiel de satisfaction de la Marine pour avoir sauvé une personne à Beg-Meil.

Le Secrétaire du Comité de Sauvetage, Coquelin, instituteur.

23 Mai 1925 - Naufrage des canots de sauvetage Comte et Contesse Foucher et Léon Dufour alors qu'ils se portaient au secours de deux chaloupes de pêche.

En ce 23 Mai, les flottilles de pêche de Kérity et Saint Pierre sont en mer.
Vers midi, le temps se gâte et tous se hâtent de rentrer à l'abri.
Entre Kérity et Saint Pierre les barques "Saint Louis" et "Berceau de Saint Pierre" chavirent, surprises par une déferlante.Il est environ 13H30. L'alerte est donnée et les canots "Comte et Comtesse Foucher" de Kérity et le "Léon Dufour" de Saint Pierre sont tirés à l'eau avec peine, car c'est marée basse.
Il va leur falloir souquer ferme ! Du fait de la marée basse, le canot de Kérity est obligé de faire un détour plein sud, par la tourelle Runiec puis vire à l'ouest pour prendre le chenal entre Men Laou et la Jument. Sur le plateau, la mer est démontée les vagues se muant en déferlantes. Le "Comte et Comtesse Foucher" chavire à son tour à 13H50. Le canot l'"Arche d'Alliance" qui rentrait lui aussi se porte alors au secours ... du bateau de sauvetage ! Un comble pour ces malheureux et courageux sauveteurs. Sur les douze marins que comptait l'équipage, sept sont morts. 
Venant de l'ouest, le "Léon Dufour" de Saint Pierre arrive presque au même instant sur ce lieu terrible. Il est victime lui aussi de la même mer, des mêmes vagues déferlantes. Le canot roule et chavire.  Recueillis par une annexe, quatre marins échappent à une mort certaine. Huit périssent.
Le bilan de cette funeste journée est terrible : Quinze des canotiers volontaires sont morts.



28 Novembre 1925. Sauvetage de Robert Bodéré et Jean Tirilly

Le 28 novembre, vers 15 heures, le Patron du canot Loussouarn, se trouvait sur le quai, lorsque le sous-brigadier des douanes Plouzennec vint le prévenir qu'il apercevait à l'est des Etocs, près de Raguen, un petit canot qui semblait en danger. Ayant pris sa longue-vue, M. Plouzennec distingua un aviron de ce bateau, mis verticalement, indiquant une demande de secours. Le vent soufflait en tempête depuis 12 heures du Nord et la frêle embarcation, une plate, ne pouvait regagner la terre. Tous les bateaux étaient rentrés. Aussi Loussouarn se dirigea vers l'abri et appareilla avec cinq canotiers et sept volontaires. Ayant hissé la misaine, le canot de sauvetage Léon-Dufour arriva assez rapidement sur les lieux et vit le frêle esquif monté par deux hommes qui essayaient de trouver un abri derrière les Etocs, un aviron était brisé. Les deux pêcheurs mirent leur matériel dans le canot de sauvetage, mais ils ne voulurent pas monter à bord. Dans l'intervalle le vent avait un peu calmé et Loussouarn ne voulut pas abandonner les imprudents, et, abritant la plate, la convoya jusqu'à Locarec et là, les vents ayant tourné au nord-ouest, la plate put accoster sur la plage. Le canot de sauvetage rentra ensuite sans encombre après s'être bien comporté. Cette sortie fut faite dans d'excellentes conditions et les bonnes volontés ne manquèrent pas pour mettre le canot de sauvetage à l'eau.

Je me permettrai de faire remarquer que le patron Loussouarn a fait preuve d'initiative très courageuse en sortant immédiatement, car si le vent avait continué à souffler Nord la plate n'aurait pu rentrer et l'on aurait eu à déplorer deux victimes.

Les deux rescapés sont : Bodéré (Robert), 31 ans, et Tirilly (Jean), 22 ans.

Le Secrétaire du Comité de Sauvetage, Jouin.

25 Août 1925. Acte de sauvetage réalisé par Raymond Le Cléach

Jeudi 25 août, Raymond Le Cléach se trouvait sur la jetée de Kérity-Penmarc'h, Vers les 10 heures, lorsque son attention fut attirée par les cris d'un groupe d'enfants qui s'y amusaient. Tout à coup, l'un d'eux perdant l'équilibre entraîna à l'eau, en voulant se retenir, le jeune Auguste Peigné, né le 10 août 1921, à Penmarc'h. Le premier, plus âgé, réussit à gagner le môle, quant au second, ses mouvements l'éloignèrent, d'autant plus vite que la marée descendait. Voyant le danger que courait cet enfant, Raymond Le Cléach se précipita du haut du môle tout habillé et réussit à ramener sur le quai l'enfant à moitié évanoui et qui, sans cette prompte intervention, se serait sûrement noyé, l'eau étant profonde de 2 mètres en cet endroit.

Je tiens à vous signaler la courageuse conduite de ce brave, qui est de plus un modeste.

Il a quitté le môle laissant l'enfant aux soins des personnes accourues, pour se dérober aux félicitations.

Ce jeune homme, qui sort de l'Ecole des Arts et Métiers, n'est d'ailleurs pas à son premier sauvetage ; il a deux sauvetages à son actif : près de Brest, à Saint-Anne, il a sauvé une jeune fille en 1923 ; à Brignogan, il a sauvé un enfant en 1924, il n'a jamais voulu signaler ces deux actes de bravoure, parce que trop modeste.

Le Secrétaire du Comité de Sauvetage, Jouin.

9 Juin 1926. Acte de sauvetage réalisé par l'équipage de l'André-Jeanne, patron Larnicol

Je soussigné, Larnicol, patron du bateau de pêche André-Jeanne, du port de Kérity-Penmarc'h, certifie que, le 9 juin 1926, me trouvant à 2 milles environ dans le Sud-Ouest de la tourelle de la Jument, j'aperçus un petit bateau désemparé ayant sa voilure déchirée.

Voyant que ce voilier se trouvait dans une position critique, j'ai commandé la manoeuvre à mon bord, de façon à attendre l'arrivée de ce bateau. C'était un petit yacht anglais, le Curlovv, appartenant à M. Owen Richards, monté par trois hommes d'équipage tous exténués de fatigue. Ils croyaient se trouver devant Benodet, mais le vent soufflait avec rage et ils allaient vers le large. J'ai laissé mon bateau avec mon équipage et j'ai embarqué à bord du yacht. Après bien des difficultés, j'ai réussi à le conduire dans le port de Loctudy, où j'accostais vers 19 heures.

Rapport transmis par M. Jouin, Secrétaire du Comité de Sauvetage.

2 Avril 1927. Acte de sauvetage réalisé par Corentin Coïc et son matelot Palud

Le 2 avril, vers midi moins le quart, nous relevions nos hameçons dans le chenal du Branquet, quand mon matelot Palud crut entendre des cris. La mer étant très houleuse je ne percevais rien tout d'abord, mais étant monté sur l'arrière du bateau j'aperçus à 400 mètres, direction de la Jument, deux têtes qui émergeaient. Nous mîmes immédiatement à la voile et arrivés près d'Enes Fallett, nous prîmes à bord le jeune mousse Loussouarn Michel, âgé de quinze ans, qui ayant pris pied sur une roche en avait été chassé par la vague et allait périr, car il ne savait pas nager.

La mer brisait fortement, nous ne pouvions approcher des roches et ce n'est qu'au bout de vingt minutes que nous pûmes saisir l'autre naufragé, Le Lec Marc, âgé de trente-cinq ans, qui, sachant nager, avait réussi à se maintenir sur l'eau. Nous reprîmes la route de Kérity. Les naufragés furent débarqués à la cale vers 2 h. 15 et purent regagner leur demeure. Partis le matin pour couper du goémon, leur plate à moitié remplie de goémon avait été chavirée par une lame et les deux occupants précipités à la mer.

Notre intervention a sauvé d'une mort certaine ces deux pêcheurs, car tous les bateaux étaient rentrés et nous-mêmes avions presque fini de retirer nos hameçons, quand les cris de détresse ont été entendus.

Coïc Corentin, Ancien sous-patron du canot de sauvetage.
(Rapport transmis par M. Jouin, Secrétaire du Comité de Sauvetage.)

18 Août 1927. La Légion d'honneur pour Joseph Jégou

Par décret en date du 18 août rendu sur le rapport du Ministre des Travaux publics, a été nommé dans l'Ordre national de la Légion d'honneur, Jégou (Joseph), marin-pêcheur à Guilvinec. Ancien patron du canot de sauvetage de Kérity, titulaire de nombreuses récompenses, a pris part à 34 sorties au cours desquelles 119 personnes ont été sauvées. Marin brave et courageux. 36 ans de mer.

21 Octobre 1927. Mise en service d'un canot à deux moteurs au Guilvinec

Pourquoi parler ici de la nouvelle station du Guilvinec ?

Le Vice-Amiral-Duperré, canot de 11 m à deux moteurs Castelnau de 20 CV, est un canot efficace, à la vitesse et au champs d'intervention plus étendu que le Comte-et-Comtesse-Foucher-de-Saint-Faron et ses 10 avirons. Le téléphone aidant, l'appel systématique au Vice-Amiral-Duperré pour les interventions au Sud immédiat de la Pointe de Penmarc'h, réduisit la pertinence de la présence de la station de Kérity au sein de l'organisation du sauvetage local.

Les chaloupes à voiles ont été équipées de moteurs. Leur manoeuvrabilité et leur rapidité sont spectaculairement plus importantes. En cas de difficulté d'un de leurs camarades, les patrons n'hésitent plus à se détourner pour lui porter assistance, même dans le mauvais temps : On fait moins appel au canot de sauvetage.

Ces deux phénomènes conjugués, explique pourquoi à partir des années 1925, l'activité du canot de sauvetage à voiles et avirons de la station de Kérity est plus que réduite.

29 Décembre 1929. Sortie blanche pour le sauvetage du Pomorze

Dimanche matin, 29 décembre, vers les 10 heures, j'ai alerté l'équipage pour porter secours à un trois-mâts qui dérivait vers l'ouest des Etocs. A 10 h. 15, le canot de sauvetage Comte-et-Comtesse-Foucher était à l'eau et nous nous sommes dirigés vers le Runiec ; mais vu l'état de la mer, forte tempête du S.-S.-O., nous n'avons pu dépasser cet endroit et avons mouillé. Pendant ce temps, le trois-mâts avait réussi à mouiller entre la Jument et le Runiec, près des Etocs.

Nous restons ainsi avec les autres canots de sauvetage jusqu'à 18 heures et rentrons au port pour nous changer et nous restaurer, puis, vers les 19 heures, nous repartons à l'est du Runiec, où nous restons à attendre une accalmie jusqu'à 5 heures du matin. Entre temps, le trois-mâts avait dérivé dans le chenal du Branquet, au sud, et son arrière était à une dizaine de mètres des roches. Lundi 30, nous repartons à 6 h. 30 et reprenons la position d'attente dans le chenal du Branquet, à environ 300 mètres du trois-mâts, mais les lames, déferlant avec furie, nous empêchent d'avancer et nous rentrons vers 13 h. 30 après avoir essuyé un terrible grain à 11 heures. Le mardi 31, nous repartons à 4 h. 30 et prenons le chenal de la Jument, croyant trouver une accalmie, mais impossible de passer; nous revenons par la grande passe en dehors des Etocs et nous dirigeons le plus vite que nous pouvons vers le bateau naufragé.

Entre temps, le canot de sauvetage à moteur du Guilvinec nous dépasse et, quand nous arrivons au trois-mâts, les naufragés commencent à embarquer dans le canot de Guilvinec.

Le Patron du canot de Sauvetage, Loussouarn.

(Rapport transmis par M. Jouin, Directeur d'Ecole, Président du Comité de Sauvetage).


Le Sauvetage du Pomorze


Le Pomorze


24 Septembre 1930. Acte de sauvetage réalisé par Louis Talbot

Le 24 septembre, vers 15 heures, le jeune Varlet Henri, 7 ans, jouait dans un canot, au port de Kérity quand par suite d'un faux mouvement, il tomba à la mer, par 2 m 50 de fond, et coula aussitôt.

Aux cris poussés par d'autres enfants, le marin Talbot Louis, patron du bateau Momp-Von-Deï qui était occupé à son bord au nettoyage du moteur, monta rapidement sur le pont et, voyant le danger couru par l'enfant qui dérivait, un bras seulement émergeant à peine, se jeta à l'eau tout habillé, nagea rapidement vers le jeune Varlet qu'il put saisir et hisser ensuite dans un canot avec l'aide du préposé des Douanes Le Morger, accouru sur les lieux. Il n'est pas douteux que le petit imprudent doit la vie à l'énergique et courageuse intervention du patron Talbot.

Le Président du Comité de Sauvetage, Kérivel, Capitaine des Douanes E. R.

29 Mars 1932. Décès de Joseph Jégou, ancien patron du canot de sauvetage de Kérity par le journal Ouest-Éclair

Le matin s'est éteint dans le petit port de Kérity-Penmarch où il vivait très retiré dans sa maisonnette toute blanche, Joseph Jégou, marin-pécheur, patron du canot de sauvetage.

Titulaire de cinq médailles d'or, de plusieurs médailles d'argent et de témoignages officiels de satisfaction, Jégou avait opéré plus de vingt sauvetages dans des circonstances particulièrement dramatiques.

Le dernier en date remonte au 23 mai 1925. Ce jour-là, au cours d'une effroyable tempête, vingt-sept marins, dont quinze sauveteurs périrent devant Kérity-Penmarch.
Jégou se lança dans la tourmente a bord de son canot de sauvetage Comte-et-Comtesse-Foucher, qui fut bientôt suivi d'un second, le Léon-Dufour. Ces deux embarcations chavirèrent. Sept marins du premier canot et huit du second furent engloutis. Le Gouvernement décerna la Légion d'honneur à ces braves. Seul le patron Jégou fut oublié 1 parce qu'il n'avait pas donné l'ordre à ses hommes2 de s'attacher à leurs bancs !

Les obsèques de ce brave auront lieu demain à Kérity.

(1) La légion d'honneur lui a été accordée le 18 août 1927...
(2) Affirmation contestable. Voir le lien ci-après


Joseph Jégou et la Catastrophe du 23 Mai 1925


1er semestre 1932. Décès de Joseph Jégou, par les Annales du sauvetage maritime

KÉRITY-PENMARCH. — L'ancien patron du canot de sauvetage JÉGOU, Chevalier de la Légion d'Honneur, est décédé le 29 mars 1932. Il avait continué à la barre du canot de sauvetage la tradition que lui avait laissée son père ; il avait accompli lui-même des sauvetages très méritoires.

Ndlr : L'oraison funèbre dans les Annales fut bien sobre : On a connu la SCSN bien plus démonstrative pour l'oraison funèbre d'un (ex)patron d'un de ses canots de sauvetage !

27 Novembre 1933. Acte de sauvetage réalisé par Eugène Le Gall

Le 27 novembre, la nuit, par gros temps, Eugène Le Gall, patron de la Cajoleuse, a secouru une embarcation qui coulait bas d'eau et a réussi à la ramener au port, sauvant ainsi les quatre hommes qui la montaient.

6 Avril 1934. Acte de sauvetage réalisé par Sébastien Le Corre

Sauvetage d'un enfant à Kérity Penmarc'h.

29 Décembre 1937. Acte de sauvetage réalisé par Séven

Le 29 décembre 1937, par un temps très dur, est parti de Kérity à la recherche d'un bateau de pêche dont on était sans nouvelles depuis quarante-huit heures. A réussi à le trouver à 12 milles au large : son arbre d'hélice étant cassé, il était dans l'impossibilité de rallier la côte.
Le patron Séven a ramené à terre le patron et l'équipage épuisés par le froid et les privations de vivres et d'eau depuis deux jours.

Pour ces faits, la Médaille de Bronze et Prix Baron de Joest (200 francs) ont été attribués à Séven.

15 Juin 1938. Acte de sauvetage réalisé par Jean-Louis Le Gall

S'est jeté à l'eau tout habillé et a sauvé un enfant tombé dans le port de Kérity-Penmarc'h.

3 Octobre 1938. Sortie blanche du Comte-et-Comtesse-Foucher-de-Saint-Faron

Le 3 octobre, vers 10 heures, le sémaphore de Saint-Pierre-Penmarch tire cinq coups de canon pour alerter les stations de sauvetage afin de porter assistance à un bateau en danger.

Immédiatement, le canotier Tanniou (Jean-Guillaume) réunit les canotiers disponibles. Sous son commandement le canot de sauvetage Comte-et-Comtesse-Foucher-de-Saint-Faron est armé et prend la mer. Le vent souffle du S.-O. en tempête. Arrivé devant Saint-Pierre, le patron, ayant appris que sa présence n'est plus utile, reprend la route de la station.

Le chef de poste des Douanes, Plouzennec.

Précisions : Le canot de pêche en danger est la Blandine monté par deux hommes, en panne de moteur, qui est drossé sur le plateau rocheux situé à 800 mètres dans le Sud-Ouest du sémaphore. La pinasse Marie-Roger, appareillée également, réussit à l'aide d'une plate à recueillir, non sans peine, les deux naufragés. Peu après le bateau sinistré a coulé par suite de la forte houle.