SAUVETAGES DE LA STATION DE KERITY (1900-1910)

Vous trouverez ci-après, la liste commentée des sauvetages réalisés à partir de 1900 par le canot de sauvetage de la station de Kérity, mais aussi des sauvetages réalisés par de courageux particuliers de Kérity, complétés par quelques informations diverses.
Les informations et commentaires sont tirés des Annales du Sauvetage en Mer et/ou des articles de la presse locale (Ouest-Éclair).

Code des couleurs :
Les sauvetages effectués par le canot de sauvetage
Les actes de sauvetage non effectués par le canot de sauvetage
Les sorties "blanches" du canot de sauvetage et autres informations diverses



21 Avril 1900. Remplacement du canot Comte-et-Comtesse-Foucher-de-Saint-Faron

Discours de M. Collin, Président du comité local, effectué lors de la Bénédiction du "Comte-et-Comtesse-Foucher-de-Saint-Faron" (deuxième du nom) :

Non loin de la pointe de Penmarc'h, la Société Centrale a dû procéder au remplacement du canot qui s'y trouvait depuis la fondation de la Société et qu'elle devait à la générosité du Comte Foucher et de madame la Comtesse Foucher de Saint-Faron, dont ce canot portait les deux noms. Ceux-ci ont été conservés à l'embarcation nouvelle qui a été baptisée le 21 avril, en reconnaissance des libéralités constantes de notre généreuse bienfaitrice.

Plus de trois mille personnes accourues de Pont-l'Abbé, de Quimper, de Douarnenez, de Vannes, etc., étaient venues assister à cette belle cérémonie.

Au Comité de Kérity présidé par M. Collin qui a réussi à donner à cette fête un éclat inusité, s'étaient joints les Comités et les canotiers des stations voisines, montrant à tous, dans la joie, cette touchante confraternité, dont ils avaient maintes fois déjà fait preuve, en rivalisant de courage et d'intrépidité au milieu des dangers de la mer.

Au cours du banquet, M. Collin a prononcé le discours qui suit, souvent applaudi par tous les assistants :

Mesdames, Messieurs.

Permettez-moi, au nom du Comité de Sauvetage de Kérity, de vous exprimer toute notre reconnaissance pour la bonne grâce avec laquelle vous avez bien voulu accepter notre invitation.

Il y a trente-trois ans, c'était en 1868, une famille honorable et bienfaisante, la famille Foucher de Saint-Faron, émue des naufrages qui se produisaient sur le littoral de Penmarc'h, alors complètement dépourvu de moyens de sauvetage, résolut d'établir à Kérity une station de secours aux naufragés et elle y installa un canot de sauvetage qui reçut le nom de « Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron ». Cette station depuis sa création, par les services qu'elle a rendus aux bateaux en détresse et aux naufragés, a prouvé qu'elle avait pleinement sa raison d'être, car le canot, inauguré en 1868, est devenu un véritable vétéran par suite des luttes dangereuses qu'il a engagées souvent avec les éléments déchaînés, pour arracher à la mer les malheureux qu'elle voulait engloutir... Aussi, quels risques et quels assauts, ce frêle esquif n'a-t-il pas eu à soutenir contre les vagues menaçantes auxquelles il a résisté, prouvant par la fermeté et la bravoure des hommes qui le montaient que l'union des faibles ne fait pas seulement la force des petits, mais qu'elle fait aussi l'honneur de l'Humanité ! (Applaudissements.)

Je ne dois pas vous laisser ignorer que ce canot a arraché à une mort certaine soixante-douze personnes sur le point d'être ensevelies vivantes. Ce n'est pas tout, si ce vieux lutteur ou ce vrai vétéran — je puis l'appeler ainsi — a sauvé beaucoup de personnes, il a ramené au port et mis à l'abri du danger plus de trente bateaux. Eh bien! malgré ses services rendus, la vieillesse est, venu mettre un terme à ses exploits en le séparant de ses valeureux compagnons, qui, malgré leurs regrets, ont dû comme moi s'incliner devant la nécessité ,

A ton tour, jeune adolescent, tu entres dans la vie, sois le bienvenu. On te baptise aujourd'hui et tous les honneurs sont pour toi, tu portes un nom glorieux, celui que portait ton prédécesseur, aussi combien on te fête, tu es orné de drapeaux et couvert de fleurs et de verdure qui indiquent la jeunesse. Tu as un devoir nouveau à remplir,ce devoir, je n'en doute pas, tu l'accompliras avec honneur et succès. Tout le monde te regarde et chacun inspecte ta belle robe et ton élégante carcasse, tes canotiers seront fiers de le monter et se tiennent déjà prêts à te conduire pour le moment où tu devras te montrer. Je les connais tous, ces canotiers,et je suis déjà fixé sur leur courage et leur sang-froid, les ayant vus à l'oeuvre. J'ai aussi confiance en toi, car tes pères sont les premiers constructeurs de France et rien n'a été négligé par eux pour faire de leur fils un brave et sûr sauveteur.

En terminant, je souhaite que toutes les sorties que tu feras soient bonnes et heureuses, que tu ramènes ton équipage sain et complet après l'avoir augmenté des personnes que tu devras secourir, et enfin que les succès justifient l'utilité de la bonne oeuvre faite par la donatrice, Madame la Comtesse Foucher de Saint-Faron, à laquelle j'adresse mes plus sincères remerciements.

Je vous remercie, mesdames et messieurs, d'avoir bien voulu honorer de votre présence, cette fêle qui a pour emblème ces deux mots : Courage et humanité... et encore une fois, merci !

Un tonnerre d'applaudissements salue les derniers mots de M. Collin et la fête se termine par une quête faite en faveur de la Société Centrale qui a rapporté 51 fr. 80.

14 Mai 1900. Sauvetage de la chaloupe de pêche Saint-Joseph

Je fus averti à six heures quarante-cinq du matin par Guichaoua, pilote à Penmarc'h, qu'une chaloupe de pêche faisait des signaux de détresse avec un pavillon noir attaché à moitié mât dans la direction du Sud de Kérity non loin des "rochers appelés les « Etocs .».
Le patron Jégou (Joseph), prévenu en même temps que moi du sinistre, accourut bien vite à l'abri. Un cri suffit pour réunir un certain nombre de canotiers et avec l'aide d'une quinzaine de marins le canot de sauvetage fut lancé à la mer en moins d'un quart d'heure.
Le canot du sauvetage quitta le port de Kérity à sept heures du matin et se dirigea vers les « Etocs ». Le vent était d'Est, très fort et grosse mer (tempête). Le patron, après avoir fait ramer au vent pendant quelque temps, fit mettre à la voile, afin d'arriver plus vite sur les lieux du sinistre.
A sept heures quarante-cinq, le canot de sauvetage arriva le long de la chaloupe de pêche « Saint-Joseph », n° 1597, du port de Guilvinec, patron Bideau (Auguste). La chaloupe montée par six hommes et un mousse, était complètement désemparée : le mât de misaine cassé, les voiles en lambeaux. Elle revenait de la pêche aux merlus. Les marins de cette pauvre chaloupe étaient mouillés et grelottaient de froid ; la frayeur la plus grande pour ces pauvres malheureux, a été de passer la nuit près de si mauvais voisins (les Etocs).
« Il aurait suffit, disait Bideau au patron Jégou, que le filin qui nous tenait là manque pour que la chaloupe se brise le long des rochers et alors plus d'espoir, la mort était certaine pour nous. Aussi quel changement s'est opéré en nous lorsque nous vîmes le canot de sauvetage venir ; ma première idée pour remercier Dieu, a été avec mes hommes de dire notre prière. » Aussitôt que le canot de sauvetage eut accosté la chaloupe, le patron Jégou donna ordre à quelques canotiers d'embarquer dans celle-ci ; ceux-ci aidèrent les pauvres pêcheurs à embarquer dans le canot de sauvetage, ensuite doublèrent les amarres, et cette opération faite quittèrent la chaloupe en emportant les six hommes et le mousse.
A huit heures et demie, le canot de sauvetage déposait sur les roches appelées « La Poire » les pauvres malheureux qui avaient peine à se tenir debout, tellement ils étaient mouillés et avaient froid.
A chaque instant le patron de la chaloupe, Bideau, tournait la tête et ses yeux restaient fixés sur son bateau qu'il venait d'abandonner. "C'est dur, disait Bideau au patron Jégou, de quitter son bord. Oui, répondit celui-ci, maintenant vous êtes hors de danger, vous êtes sur un terrain ferme et sûr; marchons, les enfants, dans quelques minutes nous serons à Kérity où l'on vous donnera de quoi vous sécher et vous réchauffer et tantôt si le temps est calme nous vous conduirons à votre bord, on vous prêtera mât et voile et on vous mettra en mesure de retourner chez vous. »
Vers une heure de l'après-midi, le vent tomba un peu, Jégou et son équipage embarquèrent dans le canot de sauvetage un mât et une voile, firent monter les pêcheurs et le canot infatigable fit route vers la chaloupe abandonnée cinq heures auparavant. Les canotiers aidèrent les pêcheurs à établir mât et voile et bientôt on leva l'ancre. Le vent était plein debout pour rentrer au port du Guilvinec, mais les canotiers étaient là, souhaitant bonne chance et bon courage à leurs camarades qu'ils avaient sauvés quelques moments avant.
Le canot de sauvetage est rentré à Kérity, à trois heures cinquante de l'après-midi, comme d'habitude après avoir été bien nettoyé et inspecté, il a été rentré dans l'abri.

Le Président du Comité local, Collin.

Armement du canot : Jégou (Joseph), patron ; Cloarec (Allain), Gouliquer (Vincent), Stéphan (Noël), Jégou (Jean-Marie), Gourlaouen (François), Buannic (Corentin), Tanniou (Guillaume), Janvier (Robert), Jégou (Thomas), Stéphan (Joseph), Canevet (René), canotiers.

Pour ce sauvetage, Jégou (Joseph), patron du canot de sauvetage, obtient une médaille d'argent de 2ème classe ainsi que le prix du Baron Joest. Gouliquer, Stéphan (Noël Marie), Gourlaouen, Buannic, Canevet, Le Cloarec, Jégou (Jean Marie), Tanniou, Jégou (Thomas), Stéphan (Joseph-Marie), matelots du même canot, obtiennent des médailles de bronze.

3 Juin 1900. Acte de sauvetage réalisé par Alain Kerloc'h

Un canotier de la station de Kérity Penmarc'h, Kerloc'h Alain, a sauvé à trois heures quarante-cinq du soir, un enfant âgé dé six ans nommé Gourlahouen (Jean-Louis).

L'enfant se trouvait seul dans une plate, à une distance de 20 mètres environ, à l'Est du quai de Kérity ; il s'amusait à godiller, lorsque tout à coup l'aviron lui échappa des mains. L'équilibre lui manqua et il tomba à l'eau (profondeur 1m70).
Il y avait déjà un moment que l'enfant se débattait dans l'eau quand le Président du Comité local, Collin, l'aperçut comme une masse noire disparaissant sous l'eau. Aussitôt, il dit à Kerloc'h Alain avec qui il parlait de pêche sur le quai de Kérity: « Tiens regarde: on dirait une personne qui se noie, saute vite à l'eau et dépêche-toi ».
Kerloc'h ne se le laisse pas dire deux fois. Sans hésiter il sauta de dessus du quai à l'eau et se mit à nager dans la direction que Collin lui avait montrée un instant auparavant.
Il arriva en peu de temps, saisit la masse noire, et reconnut tout de suite que c'est un enfant qui se noyait.
Pendant que Kerloc'h opérait le sauvetage, Collin fit le tour du quai et arrivait sur le bord du rivage en face du sauveteur et de l'enfant.
Il appela Kerloc'h et lui dit : par ici, sur le sable, c'est plus près ; bientôt Collin avait l'enfant entre les bras, à moitié mort. Il commença à le déshabiller et, aidé par le sauveteur, il se mit à le frotter avec un foulard qu'il avait, tout en essayant de le faire vomir au plus vite.
Une foule de personnes s'était amassée autour d'eux, les femmes principalement voulurent reconnaître et savoir à qui était le pauvre petit ; dans le nombre une des femmes se mit à dire :
"Mon Dieu, mais c'est mon neveu, c'est mon petit Jean-Louis, donnez-le moi que je le porte à sa mère."
Nous remîmes l'enfant tout nu à cette femme qui l'enveloppa dans un jupon et courut vers la maison du père de l'enfant.
Ce matin, à la première heure, n'étant pas tranquillisé sur le petit Gourlahouen, Collin se rendit au domicile de ses parents et demandait des nouvelles du petit. La mère se trouvant seule lui répondit en lui sautant au cou : "Si mon fils est vivant c'est grâce à vous ; Merci, sainte Anne vous bénira. »

1er Septembre 1900. Acte de sauvetage réalisé par Alexandre Tirilly

Le 1er septembre, à sept heures du matin, le bateau de pêche 1288-9, du port de Kérity-Penmarc'h, patron Alexandre Tirilly, allait se livrer à la pêche de la sardine dans la baie d'Audierne. A deux milles à l'ouest du phare de Penmarc'h, il entendit des signaux de détresse. C'était le vapeur Eclaireur, venant d'Angleterre et se dirigeant sur Nantes avec diverses marchandises, qui avait été surpris par la brume. Voyant le danger que courait le navire, le patron Alexandre Tirilly s'empressa, avec le concours de son équipage, d'aller lui porter secours. Il fut assez heureux de pouvoir tirer l'Eclaireur de la fâcheuse position dans laquelle il se trouvait. Le bateau put ainsi suivre sa destination.

7 Juillet 1901. Acte de sauvetage réalisé par Mme Marzin

Le fils de M. Jean Félix, marin-pêcheur, âgé de dix ans, jouait dans un canot près de la cale, lorsque, par suite d'un faux mouvement, l'enfant tomba la mer. La femme d'un préposé des douanes de Kérity-Penmarc'h, Mme Marzin, venant à passer à ce moment, n'hésita pas à se jeter à l'eau pour arracher le pauvre petit la mort. Toutes nos félicitations à Mme Marzin pour son bel acte de courage.

1er Août 1901. Acte de sauvetage réalisé par l'équipage de la chaloupe N.-D. de-la-Clarté

Le 1er août 1901, vers deux heures et demie de l'après-midi, Le Gall Alain, patron pêcheur du port de Kérity, avait été au Guilvinec vendre sa pêche.
Après avoir livré son poisson, Le Gall fil remettre à la voile et fit route vers Kérity. Il n'avait pas fait deux milles dans l'ouest qu'il aperçut un canot de quatorze pieds environ, trop chargé et monté par deux hommes, qui disparut tout à coup.
Ce que voyant, Le Gall (Alain), patron de la chaloupe « N.-D. de-la-Clarté », se dirigea vers le point où il avait vu le canot et bientôt se trouva à portée de voix.
Ayant accosté la chaloupe le long du canot « Volonté-de-Dieu » qui était complètement submergé, il vit les deux hommes cramponnés au mât.
Le plus âgé des naufragés était à bout de forces au moment où Le Gall Alain arrivait. Ce dernier, aidé par son équipage, réussit, mais non sans peine, car la mer était très grosse et le vent très fort, à embarquer dans la chaloupe les deux naufragés qui, incapables de répondre aux questions qu'on leur posait, étaient sur le point de lâcher prise.
Transis de froid, ils sont bientôt déshabillés par leurs sauveteurs qui leur donnent une partie de leurs vêtements. On apprend alors que le canot submergé est la « Volonté-de-Dieu N° 4645 », du port du Guilvinec.
Bien que la mer ait grossi, Le Gall voulut remorquer le canot submergé. Ne pouvant passer une amarre comme il le voulait, il se déshabille, nage et parvient au bout de deux ou trois plonges à amarrer solidement l'épave qu'il ramène au Guilvinec avec les deux naufragés, le père Cossec, âgé de soixante ans, et son fils.

Pour ce sauvetage, Le Gall a reçu le prix Jean Dufour ainsi que la médaille d'or de la comtesse Foucher de Saint-Faron.

1 Septembre 1901. Acte de sauvetage réalisé par François Gourlaouen

Dans l'après-midi, le petit Vincent Le Moigne, âgé de trois ans, s'amusait sur la cale de Kérity-Penmarc'h, lorsque malheureusement il s'approcha trop près du bord et tomba à la mer qui était haute à ce moment. Heureusement, François Gourlaouen, marin pêcheur, passait à ce moment ; sans prendre le temps de ne déshabiller, il s'élança aussitôt à la mer et réussit non sans peine à ramener l'enfant à terre sain et sauf.

5 Octobre 1901. Acte de sauvetage réalisé par Jean Durand

À six heures et demie du matin, le 5 octobre, les bateaux de pêche de notre port quittaient notre rade pour se rendre sur les lieux de la pêche à la sardine. Le patron Loussouarn (Jean), sous-patron du canot de sauvetage de la station de Kérity, précédait avec son embarcation la chaloupe de Durand (Jean).
Loussouarn se trouvait sur l'avant de son bateau à veiller, quand tout à coup la misaine change subitement, emporte le pauvre Loussouarn et le jette à l'eau.
Loussouarn, saisi de l'accident qui venait de lui arriver et vêtu d'un costume assez lourd, se serait infailliblement noyé sans Durand (Jean), patron pêcheur, qui suivait le bateau de Loussouarn à 500 mètres environ.
Durand avançait lentement, car le vent était près et il fallait le serrer pour arriver juste au point où était tombé Loussouarn.
Enfin Durand arrive à son but, saisit Loussouarn premièrement par les cheveux pour avoir une prise plus ferme. Puis, à l'aide d'un noeud coulant, aidé par son équipage l'embarque à bord sans connaissance.
Les soins qui lui furent prodigués ensuite par les sauveteurs le rappelèrent à la vie.

Le Président du Comité local, Collin.

19 Octobre 1901. Sortie blanche du Comte-et-Comtesse-Foucher-de-Saint-Faron

Dans la matinée du 19 octobre, par un gros temps de N.-O. accompagné de grains de pluie, l'alarme fut donnée à la fois dans les trois stations avoisinant la pointe de Penmarc'h, qu'un brick avait fait naufrage dans la soirée précédente à Kermen sur la côte de Tréguennec, et que plusieurs naufragés avaient été recueillis dans les fermes du voisinage.
Supposant que des marins se trouvaient encore sur l'épave, les canotiers prirent la mer et s'en approchèrent autant que le permettaient les brisants qui déferlaient avec fureur sur les récifs.
Apprenant que les derniers survivants du naufrage, accrochés à la mâture, avaient été sauvés par les engins de va-et-vient organisés par les douaniers de Plovan, les trois canots après avoir acquis la certitude qu'aucun homme ne restait à sauver sur le "René", regagnèrent leurs stations respectives.

Équipage du canot « Maman-Poydenot » (station de Saint-Guénolé) : Auffret (Louis), patron; Tanneau (Guillaume), sous-patron; Drézen (Jean-Guillaume), Le Corre (Jacques), Hélias (Allain), Le Pape (Pierre), Kervarrec (Jean-Marie), Tanniou (François), Le Donge (Jacques), Larnicol (Jean), Rioual (Jean-Louis), Cossec (René), canotiers.

Équipage du canot « Papa-Poydenot » (station de Saint-Pierre-Penmarc'h) : Kerloc'h (Yves-Joseph), patron; Tanniou (Vincent), sous-patron; Carval (Allain), Calvez (Charles), Goyat (Jean), Tanniou (Louis), Carval (Guillaume), Carval (Pierre), Cosquer (Laurent), Chatalain (Jean), Stéphan (Pierre), Boennec (Pierre), canotiers.

Équipage du canot « Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron » : Pensec (Jean-Marie), faisant fonction de patron ; Peigné (Louis), Jégou (Jean), Cossec (Yves), Perron (Corentin), Guéguen (Jean), Faou (Jean-Marie), Cloarec (Jean), Balch (Jacques), Guichaoua (Louis), Le Floc'h (René), Stéphan (Michel), canotiers.

13 Novembre 1901. Sortie blanche du Comte-et-Comtesse-Foucher-de-Saint-Faron

Le 13 novembre dans la matinée, les sémaphores de la côte de Penmarc'h signalèrent un navire en détresse et aussitôt, les trois stations les plus voisines lancèrent leurs canots. Il faisait gros temps de N.-0. à grains, mer houleuse.
Le canot de Kérity, plus rapproché que les deux autres, arriva le premier sur le lieu du sinistre, à un mille environ au sud-est du petit phare du Guilvinec et se trouva en face d'un brick-goélette morutier de Granville, le "Saint-Nicolas", échoué sur un fond dur, depuis trois heures du matin.
Grâce à d'habiles manœuvres opérées sous la direction d'un pilote du Guilvinec, le navire put se tirer par miracle de la situation dangereuse dans laquelle il se trouvait, en se frayant un chemin à travers une mer démontée, semée d'écueils.
Les trois canots ne rentrèrent au port qu'après s'être assurés que le « Saint-Nicolas » ne faisait pas d'eau et ne courait aucun danger.

Équipage du canot « Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron » (Station de Kérity) : Jégou (Joseph), patron; Pons (Paul), Stéphan (Noël), Jégou (Thomas), Gourlaouen (François), Canévet (René), Briec (Sébastien), Pichavant (Jean), Gouliquer (Vincent), Kerloc'h (Allain), Kerloc'h (Henri), Fontaine (Paul), canotiers.

Équipage du canot « Maman Poydenot » (Station de Saint-Guénolé) : Auffret (Louis), patron ; Tanneau (Guillaume), sous-patron ; Hélias (Allain), Briec (Pierre), Tanniou (François), Baltez (Vincent), Cornec (Michel), Le Corre (Jacques), Riou (Sébastien), Le pape (Corentin), Souron (Jean), Boennec (Vincent), canotiers.

Équipage du canot « Papa Poydenot » (Station de Saint-Pierre Penmarc'h) : Kerloc'h (Yves-Joseph), patron ; Tanniou (Vincent), sous-patron ; Jézégabel (Noël), Durand (Louis), Calvez (Jacques), Cossec (Pierre), Loussouarn (Pierre-Jean), Tanniou (Guillaume), Roux (Marc), Calvez (Thomas), Cariou (Pierre), Milliner (Henri), canotiers.

8 Décembre 1901. Acte de sauvetage réalisé par Baptiste Drézen

Vers une heure du soir, un enfant, Jean Cloarec, est tombé de la cale de Kérity alors que la mer était pleine. M. Baptiste Drézen, n'écoutant que son courage, se jeta à l'eau tout habillé et fut assez heureux pour sauver l'enfant, qui se serait noyé sans son intervention. Toutes nos félicitations à l'intrépide sauveteur.

16 Décembre 1901. Sortie blanche du Comte-et-Comtesse-Foucher-de-Saint-Faron

Le 16 décembre, à quatre heures dix du soir, après avoir entendu les coups de canon du sémaphore de Saint-Pierre, nous avons fait mettre le canot de sauvetage à l'eau ; l'opération n'a demandé que cinq minutes et aussitôt le patron Jégou fit route avec son équipage vers le navire que l'on apercevait à peine tant le temps était mauvais : pluie, vent, grosse mer, forte tempête du sud-ouest. Nos intrépides canotiers ramèrent contre le vent de toutes leurs forces ce qui leur permit d'arriver les premiers le long du trois-mâts qui était complètement désemparé, les voiles en lambeaux. Seul, restait en place et en état un petit foc, avec lequel ce grand trois-mâts de 3000 tonneaux fuyait devant la tempête.
Le patron Jégou qui se trouvait à une petite distance de cette grosse masse et sous le vent, héla plusieurs fois sans pouvoir obtenir de réponse, le navire paraissant abandonné. A l'intérieur on n'apercevait que de l'eau de l'avant à l'arrière. Toutefois on fit deux fois le tour sans entendre de réponse aux cris poussés par les canotiers. C'était le « Prisia », trois-mâts long-courrier allemand, du port de Brème, de 2,000 tonneaux, monté par 20 hommes d'équipage, chargé d'essence de térébenthine et de brai sec en fûts qu'il avait pris à Pensacola (Canada), à destination de Rotterdam (Hollande).
Les canotiers revinrent à Kérity mouillés par la pluie et les coups de mer, les mains pleines d'ampoules.
A peine une heure après que le canot de sauvetage de notre station avait quitté le « Prisia », celui-ci se jetait sur les rochers de l'île Nonna (vers cinq heures et demie du soir), et dix minutes plus tard, les mâts étaient tombés et le grand navire partagé en deux.
La nuit continua à être mauvaise, et dans la crainte qu'un ou plusieurs naufragés soient restés sur l'épave, je fis conduire le canot de nouveau à une heure du matin devant l'île Nona où le était échoué. Mais on ne trouva que des débris et une quantité de barils d'essence de térébenthine et de résine jetés à la côte. Malheureusement les 22 hommes d'équipage du navire l'avaient abandonné, sans quoi ils auraient été sauvés.

Le Président du Comité local, Collin.

Armement du canot de sauvetage « Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron » : Jégou (Joseph), patron ; Loussouarn (Jean), sous-patron ; Kerloc'h (Henri), Canevet (René), Fontaine (Paul), Cloarec (Allain), Stéphan (Noël), Tanniou (Guillaume), Stéphan (Joseph), Gourlaouen (Louis), Gourlaouen (François), Garrec (Adolphe), matelots du canot de sauvetage.

25 Novembre 1902. Sauvetage de la chaloupe Angélique

Le canot de sauvetage « Comte-et-Comtesse Foucher-de-Saint-Farron » a effectué une sortie pour se rendre au secours d'une chaloupe de pêche en perdition, à deux milles environ du port de Kérity, par une tempête affreuse, un vent d'Ouest soufflant avec furie, mer démontée et une pluie torrentielle.
Collin, Président du Comité local, se trouvant depuis quelques instants près de la maison-abri, regardant la mer et fouillant l'horizon, aperçut une chaloupe dont la manœuvre était incertaine et la route dangereuse.
Sans hésiter, il donna l'ordre de mettre le cahot de sauvetage à la mer, ce qui fut vite fait, grâce au dévouement de tous et en particulier du patron Jégou. Trente-cinq minutes plus tard, malgré la tempête, la grosse mer, la pluie et le vent, le canot atteignit la chaloupe. Jégou héla l'homme de barre qui croyait sa dernière heure arrivée n'ayant pas vu le canot de sauvetage s'approcher. Les marins composant l'équipage de la chaloupe, blottis dans les fonds et désespérés, furent surpris par l'arrivée des sauveteurs.
Nos canotiers les trouvèrent grelottants et mouillés jusqu'aux os ayant perdu tout espoir et incapables de lutter davantage contre la mer. "Hardi les enfants !" leur cria Jégou, amenez votre voile, démâtez et envoyez-nous une bonne remorque. La voix du patron leur rendit courage, mais il fallut faire embarquer quatre canotiers pour les aider à la manoeuvre.
Trois quarts d'heure après, le canot de sauvetage rentrait dans le port de Kérity avec les cinq naufragés, laissant derrière eux la chaloupe qu'ils avaient bien mouillée dans un endroit très sûr, à un demi-mille environ du port. Ce n'est pas sans peine que le canot de sauvetage avait effectué son retour. A tout moment les embruns le couvraient de part en part ; la mer était très grosse et le vent debout. Une grande partie de la population du pays l'attendait et salua d'acclamations le retour des canotiers.
Le bateau sauvé est la chaloupe « Angélique 1654 » du port de Kérity, quartier de Quimper, jaugeant 5 tonneaux 20, faisant la pêche aux filets.

Nom des hommes sauvés : Le Brun (Guillaume), patron, cinquante huit ans, père de famille; L'Elgouac'h (Jean), marin, cinquante ans, père de famille; Ribouchon (Julien), trente-huit ans, marié ; Le Rhun (Henri), dix-neuf ans, célibataire; L'Elgouac'h (Jean), seize ans, mousse.

Armement du canot de sauvetage « Comte-et-Comtesse-Foucher de-Saint-Farron » : Jégou (Joseph) patron; Jégou (Thomas), Gourlaouen (Louis), Gourlaouen (François), Le Pape (Eugène), Stéphan (Noël), Stéphan (Joseph), Buannic (Correntin), Jégou (Jean), Fontaine (Paul), Kerloc'h (Allain), Gouliquer (Vincent), canotiers.

Le Président du Comité Local, Collin

Pour ce sauvetage, Joseph Jégou a reçu la médaille d'or de la comtesse Foucher de Saint-Faron.

7 Janvier 1903. Sauvetage du Breteuil

Le patron Jégou (Joseph), dont l'activité est bien connue lorsque le temps n'est pas certain et que la mer est grosse, fait jour et nuit la faction sur le port en observant les brisants et les alentours des récifs.
La nuit du 6 au 7 janvier avait été très mauvaise ; vers sept heures du matin, il aperçut dans le lointain une masse noire offrant les apparences d'un navire allant au gré du vent.
Jégou, pour bien se rendre compte du fait, prit une longue vue et distingua un navire dont la voilure était complètement en lambeaux, qui se laissait aller au gré du vent et dont le pavillon était en berne.
En moins de dix minutes, le canot de sauvetage fut lancé et fit route vers le trois-mâts qui s'en allait grand train, poussé par le vent de Sud-Ouest, vers les roches les plus traîtresses de notre côte.
Le vent soufflait avec violence, la pluie tombait en abondance et la mer très grosse formait des brisant blancs ressemblant à des montagnes de neige.
Le canot de sauvetage, monté par nos intrépides et courageux canotiers avait à lutter contre une mer démontée.
A neuf heures et demie, la tempête redouble de force, le trois-mâts se rapproche des terribles rochers qui, un quart d'heure plus tard, l'eussent mis en morceaux.
Heureusement, le canot de sauvetage arrive et parvient à, accoster le navire. C'était le "Breteuil" de Fécamp, dont le capitaine accueille les sauveteurs avec joie. Le patron Jégou s'empresse de faire renaître la confiance et promet avec l'aide de ses canotiers de sortir le navire du danger, si les matelots du trois-mâts veulent aider et obéir, ce qui est admis immédiatement. Jégou fait monter un canotier à bord du navire lui donnant ordre de prendre la barre. Le canot de sauvetage avance, on lui passe une remorque et s'aidant de ses voiles et de ses avirons, réussit au bout de deux heures à sortir le trois-mâts de cette situation périlleuse.
Enfin, le vent change tout à coup, et saute à l'Ouest, la Providence vient à l'aide de nos braves canotiers qui sont presque à bout de forces."Nos sauveteurs n'ont plus de doute, ils vont triompher et arracher à l'océan le "Breteuil" et ses seize hommes d'équipage. A midi, le trois-mâts est complètement hors de danger, Jégou monte à bord, fait savoir au capitaine qu'il lui laisse le canotier Kerloc'h (Alexis) comme pilote. Le capitaine très ému, adresse ses remerciements au patron Jégou et aux braves sauveteurs.
Jégou fait toutes ses recommandations au capitaine et quitte le navire ; nos braves canotiers arrivent au port de Kérity, heureux et contents d'avoir encore une fois rendu service à l'humanité. Ils débarquent à deux heures et demie entourés de leurs femmes et de leurs enfants qui veulent connaître le résultat de la sortie, mais ces pauvres sauveteurs sont tellement fatigués et mouillés qu'ils ne pensent qu'à rentrer chez eux pour changer de vêtements. Le trois-mâts "Breteuil" a été conduit par le pilote canotier au port de Bénodet où il va faire les réparations nécessaires pour se rendre à Fécamp.

Le Président du Comité Local, Collin.

Armement du canot de sauvetage "Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron" : Jégou (Joseph), patron ; Jégou (Thomas), brigadier; Kerloc'h (Henri), Janvier (Robert), Pichavant (Jean), Kerloc'h (Alexis), Coïc (Corentin), Canévet (René), Cloarec (Allain), Gourlaouen (François), Stéphan (Noël), canotiers.

Pour ce sauvetage, Joseph Jégou et son équipage ont reçu le prix du Vice-Amiral Baron Méquet. Joseph Jégou a reçu la médaille d'or de Madame la Comtesse Foucher de Saint-Faron.

Compléments d'information : Le Breteuil, la Gascogne et la Bretagne font partie de l'armement Adolphe Bellet fils et J. Lemétais à Fécamp.


Trois mâts terreneuvier


30 Mai 1903. Acte de sauvetage réalisé par Sébastien Briec et Ses fils

Samedi, 30 mai 1903, le nommé Briec (Sébastien) et ses deux fils allaient essayer de lever leurs paniers à homards au large de Saint-Guénolé. La mer était très grosse ; il ventait en tempête de l'O.-N.-O. Ces trois pêcheurs, bien que très courageux, ne purent atteindre l'endroit où se trouvaient leurs engins, leur gagne-pain ; aussi ces pauvres malheureux furent-ils obligés d'abandonner leur projet et de revenir, car la mer grossissait de plus en plus, et le vent redoublait de force. Arrivés à environ deux milles du port, Briec aperçut une masse noire qui montait et baissait avec la grosse houle, qu'ils reconnurent bientôt pour un canot, le « Cours-Après. » Des hommes étaient cramponnés au bateau chaviré. Briec dit alors à son jeune fils : « Viens ici, prends la barre, écoute ce que je te recommanderai, et pas de fausse manoeuvre. » Sautant à l'avant de son canot, il se mit à crier : « Courage, camarades, nous arrivons. » Une minuté après, il amenait sa misaine et accostait le canot chaviré. Un des naufragés dit, en reconnaissant Briec : « Viens vite nous sauver, nous sommes à bout de forces, nous n'en pouvons plus, voilà plus d'une heure que nous sommés là ; viens vite, les camarades ont perdu tout espoir et ont déjà fait leur dernière prière. » Avec la grande houle et le grand vent qu'il faisait, Briec eut beaucoup de peine, aidé de son fils aîné, à embarquer les trois hommes, qui furent changés de vêtements et ramenés à terre au plus vite.

Le Président du Comité local, Collin.

Pour ce sauvetage, Sébastien-François Briec a reçu la médaille d'argent de 1ère classe, tandis que Noël Briec et François Briec ont reçu le diplôme d'honneur.

4 Juin 1903. Acte de sauvetage réalisé par Jacques Jégou

Le 4 juin, vers quatre heures et demie du soir, le jeune Jégou (Jacques), fils de l'ancien patron et frère du patron Jégou (Joseph), se trouvait sur la grève ouest à environ 500 mètres de la cale de Kérity, lorsqu'il fut surpris tout à coup par un cri de voix « au secours! » qui venant de dessus un rocher appelé « Kénéhué », distant de la grève de 200 mètres.
La mer était très grosse et il soufflait tempête du N.-O.
Le jeune Jégou, qui tient de famille, a l'ouïe très fine et les yeux d'une grande vivacité, aperçoit sur le rocher « Kénéhué » trois fillettes qui appelaient et faisaient des signaux avec des mouchoirs.
La mer montait très vite et les trois fillettes, très occupées à ramasser des coquillages, avaient été surprises par la mer qui les avaient entourées.
Le jeune Jégou (Jacques) courut immédiatement vers le quai de Kérity, prit une plate et s'en vint à la godille suivant la grève, luttant contre le vent et la mer pour atteindre le rocher. Après beaucoup d'efforts et de fatigue il arrive près du rocher qui était déjà couvert et fait embarquer avec précaution les trois fillettes dans son frêle esquif qui menaçait à chaque moment de se remplir.
Jégou (Jacques) s'empresse de quitter ce mauvais endroit, reprend son aviron pour godiller et conduit la plate vers la grève où il débarqué les trois enfants en pleurs.
II est fier de la belle action qu'il vient d'accomplir et oublie la fatigue et les peines ressenties.
Si le petit sauveteur ne s'était pas trouvé sur la grève à cette heure et s'il n'avait pas agi comme il l'a fait, les trois fillettes certainement seraient devenues des victimes de la mer. La grève de ce côté là est rarement fréquentée.
Ce petit mousse, qui n'a que douze ans et demie, sera un brave comme son père et ses frères.

Le Président du Comité Local, Collin.

15 Septembre 1903. Acte de sauvetage réalisé par Louis Riou

Mlle Ligeour, occupée à couper du goémon sur la grève de Kérity-Penmarc'h, fut surprise par la mirée montante. Comprenant le danger que courait la malheureuse, un marin pécheur demeurant à Kervily, M. Louis Riou, prit immédiatement une plate et, malgré la fureur du vent, se porta à son secours. Bientôt il la ramenait saine et sauve.
Toutes nos félicitations à M. Louis Riou.

24 Juillet 1904. Acte de sauvetage réalisé par Adolphe Gourlaouen

Le 24 juillet 1904, un jeune enfant de Kérity-Penmarc'h (Finistère) s'était laissé surprendre par la marée montante sur une roche située à environ 150 mètres de terre. Entouré d'eau et ne sachant pas nager, il se mit à pousser des appels : « Au secours! »
Gourlaouen (Adolphe) l'entendit et se rendant compte de la position dangereuse de l'enfant, il se met à la nage et réussit à atteindre l'Écueil. Mais le plus difficile restait à faire. Comment regagner le rivage où personne ne se trouve en ce moment pour lui porter aide ? Gourlaouen, qui n'a que douze ans, prend vite son parti et, mettant l'enfant sur son dos, il se jette résolument à la mer et parvient, au prix de grands efforts, à regagner la côte avec son précieux fardeau.

Gourlaouen va être récompensé de sa bravoure et de son dévouement en recevant le prix Tourville.

16 Octobre 1904. Sortie blanche du Comte-et-Comtesse-Foucher-de-Saint-Faron

Pendant mon absence de Kérity, le canot de sauvetage de notre station est sorti pour se porter au secours d'une chaloupe venant de la pêche à la sardine.
La chaloupe « Léon Gambelta » revenait de la baie d'Audierne avec quelques milliers de sardines, et se dirigeait vers Guilvinec, lorsque tout à coup, en passant en face de Kérity, elle échoua sur un rocher et chavira.
Notre canot de sauvetage « Comte et Comtesse Foucher de SaintFaron » fut mis à l'eau immédiatement. Mais quand il arriva sur le lieu du sinistre, l'équipage de la chaloupe avait été recueilli par un autre bateau de pêche.
Le « Léon Gambelta » a eu de sérieuses avaries ; la mer était grosse et le vent soufflait de la partie S.-E.

Le Président du Comité local, Collin.

7 Novembre 1904 : Sauvetage des chaloupes Louis et Volonté-de-Dieu

J'ai l'honneur de vous donner connaissance de la sortie effectuée dans la journée du 7 novembre par notre canot « Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron ».
Le temps était très mauvais, la mer très grosse ; le vent soufflait avec furie et il tombait une pluie torrentielle.
Prévenu à midi et demi qu'une chaloupe de pêche, « La-Volonté-de-Dieu », était en perdition sur les rochers Pénévic, à 3 milles dans l'Est du port, je fais mettre le canot à la mer. Ce dernier part immédiatement ; nous le suivons des yeux pendant dix minutes, mais les grains et la pluie font tellement rage que nous le perdons bientôt de vue. Cependant au bout d'une heure, une éclaircie se fait dans les nuages et, au moyen de jumelles, nous apercevons à l'horizon deux points noirs dont l'un semblable à un oiseau, tantôt visible, tantôt caché dans le creux des vagues, gagnait rapidement du terrain.
ce Dieu soit loué », crient les femmes des marins assemblées sur la grève, « Sainte Anne aura pitié de nous et Notre-Dame de la Joie nous ramènera nos hommes sains et saufs. »
Pendant ce temps, notre canot ne reste pas inactif ; trois fois il s'approche de la chaloupe qui n'est plus qu'à une faible distance des dangereux rochers ; trois fois il en est éloigné par les vagues qui brisent avec fureur. Mais le patron Jégou est là, dirigeant les mouvements de ses canotiers avec un sang-froid et une énergie qui ne se démentent pas un instant. Profitant d'une accalmie, il lance une remorque et réussit à faire prendre le large à la barque en détresse, qui est ensuite mouillée à un endroit où elle n'est pas exposée. Les sept hommes composant son équipage, trempés jusqu'aux os et exténués par plusieurs heures de lutte, sont embarqués dans le canot de sauvetage.

Au moment où nos sauveteurs se disposaient à rallier le port, ils aperçurent, sous les rochers de Guilvinec, un bateau faisant des signaux de détresse. Il n'y eut pas une minute d'hésitation : « Allons, les enfants, dit Jégou, il faut y aller ! »
Vivement ils se dirigent de ce côté et reconnaissent bientôt la chaloupe « Louis », du port de Kérity, qui, dans la violence de la bourrasque, avait perdu voiles, chaînes, cordes, et n'ayant plus rien pour résister, s'affalait rapidement sur les rochers.
Les trois hommes d'équipage sont embarqués dans le canot de sauvetage et la barque est prise à la remorque. Mais le temps est trop mauvais pour regagner Kérity. JÉGOU se décide à faire route sur Guilvinec où les dix naufragés sont mis à terre et réconfortés par la population qui s'était portée tout entière au-devant d'eux. Quant à nos braves sauveteurs, ils avaient lutté pendant six heures contre les éléments déchaînés ; leur fatigue était extrême, et ils avaient grand besoin de se reposer.

Le Président du Comité local, P. Collin.

Armement du canot de sauvetage « Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron » : Jégou (Joseph), patron ; Le Gars (Jean), Coic (Correntin), Cloarec (Alain), Garrec (Adolphe), Janvier (Robert), Le Corre (Jean-Daniel), Le Pape (Hervé), Kérisit (Auguste), Talbot (Eugène), Cloarec (Armand), canotiers.

Pour cet acte de sauvetage Joseph Jégou recevra une médaille d'or et le prix Chauchard.

21 Février 1905. Sauvetage d'un petit canot

Le 21 février, vers 1 h. 1/2 de l'après-midi, un vent N.-E. soufflait en tempête sur nos côtes, et il devint tellement violent que les plus solides embarcations ne pouvaient qu'avec peine regagner la terre.
Vers 2 heures, deux hommes accoudés sur la jetée aperçurent un faible canot qui faisait des signaux de détresse ; ils prévinrent le patron Jégou, qui aussitôt donna l'alarme, et, avec l'aide des canotiers, et au prix de beaucoup de difficultés, car la mer était basse, le canot de sauvetage fut mis à l'eau.
Après une pénible lutte contre la mer en furie, les courageux sauveteurs accostèrent l'embarcation en détresse, qui contenait deux hommes, le père et le fils : Le Berre, père de 8 enfants, et son fils, qui le matin étaient allés à la pêche pour subvenir aux besoins de leur famille.
Ces deux malheureux, menacés d'une mort imminente, étaient à bout de fatigues et n'en pouvaient plus, lorsqu'ils furent recueillis par le canot sauveteur; quelques secondes plus tard, leur frêle embarcation coulait à pic.
La marée montante, le vent debout redoublant de force rendaient le retour plus pénible; mais nos braves canotiers luttèrent courageusement pendant trois heures pour regagner le port, où ils reçurent pour premier prix de leur dévouement les chaleureuses félicitations de la foule et les remerciements de la famille de ceux qu'ils venaient d'arracher à la mort.

Armement du canot de sauvetage « Comte-et-Comtesse-Foucher-de-Saint-Faron » : Jégou (Joseph), patron ; Stéphan (Noël), brigadier ; Stéphan (Joseph), Gourlaouen (Louis), Gourlaouen(François), Fontaine (Léopold), Briec (Sébastien), Le Gars (Jean), Garrec (Adolphe), Kerloc'h (Henri), Buannic (Corentin), matelots du canot de sauvetage, et Drézen (Guillaume), volontaire.

30 Avril 1905. Acte de sauvetage réalisé par Louis Gourlaouen

Le 30 avril, vers 3 heures du matin, par forte tempête de S.-O., le patron de chaloupe Gourlaouen (Louis), canotier de la station, revenait de la pêche lorsqu'il entendit crier dans la direction des Etocs. Il mit cap sur ces rochers et trouva la chaloupe « Saint-Antoine-de-Padoue », patron Tanniou, complètement désemparée.
Gourlaouen, qui avait des voiles de rechange à son bord, les passa à l'embarcation en danger qui put ainsi regagner le port par ses propres moyens.

30 Avril 1905. Sortie blanche du Comte-et-Comtesse-Foucher-de-Saint-Faron

Le 30 avril, vers 9 heures du matin, le patron Jégou fut prévenu par le sieur Guichaoua qu'une épave ressemblant à un navire échoué et sur lequel on croyait apercevoir des hommes se trouvait dans l'Ouest des Etocs. Le patron Jégou lança le bateau « Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron ». Il ventait forte tempête du S.-O. Arrivé près de la roche Men Laou, l'équipage s'aperçut que ce que l'on croyait un navire n'était qu'un énorme cétacé, une baleine qui s'échoua quelques heures plus tard sur la côte de Penmarc'h. Le canot rentra au port à 11 h. 30.

Le Maire, Membre du Comité local, Poirier .

Armement du canot de sauvetage « Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron » : Jégou (Joseph), patron ; Loussouarn (Jean), sous-patron ; Kerloc'h (Henri), Buannic (Corentin), Garrec (Adolphe), Gourlaouen (François), Le pape (Eugène), Stéphan (Noël), Stéphan (Joseph), Tanniou (Guillaume), matelots du canot de sauvetage.

11 Novembre 1905. Sortie blanche du Comte-et-Comtesse-Foucher-de-Saint-Faron

Hier 11 novembre, vers 2 heures du soir par tempête de S-.-O. le patron Jégou fut prévenu par le nommé Guichaoua qu'une embarcation de pêche avait chaviré par le travers de Men-Talec et qu'un homme se trouvait cramponné à l'épave.

Le canot de sauvetage « Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron » fut lancé aussitôt avec une célérité surprenante. Lorsque le canot arriva sur le lieu du sinistre, le naufragé Momfort (Armand) embarquait à bord de l'embarcation de Tanniou (Guillaume), canotier de la station. Celui-ci avait assisté à l'accident et s'était empressé de porter secours le plus tôt possible; son canot était monté par Buannic (Corentin), canotier de la station, Guéguen (Paul), Drézen (Jean) et Guennou (Joseph).

A 4 heures le canot était remisé, mais vers 5 heures, l'équipage s'apprêta de nouveau à sortir au premier signal : une chaloupe de pêche était à la dérive à 1 mille du port, dans la direction du Guilvinec. Heureusement pour l'équipage de cette embarcation, la mer descendait, les rochers se découvrirent et un calme relatif leur permit de rentrer au port.

Le Président du Comité local, E. Poirier, Maire de Penmarc'h.

Armement du canot de sauvetage « Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron » : Jégou (Joseph), patron ; Canévet (René), Cloarec (Jean), Coïc (Corentin), Garrec (Adolphe), Fontaine (Léopold), Le Gars (Jean), Le Goff (Pierre), Loussouarn (Robert), Stéphan (Noël), canotiers et Kerloc'h (Alexis), volontaire.

11 Novembre 1905. Acte de sauvetage réalisé par Guillaume Tanniou et son équipage

Vers 2 heures du soir par tempête de S.-O.,une embarcation de pêche a chaviré par le travers de Men-Talec ; un homme se trouvait cramponné à l'épave.
Tanniou (Guillaume), canotier de la station, qui avait assisté à l'accident, se porta sans délai au secours du naufragé, Monfort (Armand), qu'il embarqua à bord de son embarcation. Son canot était monté par Buannic (Corentin), canotier de la station, Guéguen (Paul), Drézen (Jean) et Guennou (Joseph).

25 Décembre 1905. Sortie blanche du Comte-et-Comtesse-Foucher-de-Saint-Faron

Hier matin, à 3 heures, le patron Jégou entendit de son lit le son d'une sirène de bateau à vapeur; il se leva, se rendit sur la cale, ne vit ni n'entendit plus rien. A 5 heures, nouveaux coups de sirène. Jégou examina inutilement l'horizon, la nuit était noire et une brume épaisse couvrait la mer. Ce ne fut qu'à 6 heures qu'il aperçut une fusée rouge dans la direction des Fourches, rocher très dangereux qui se trouvent au Sud de Guilvinec.
Le patron Jégou fit lancer immédiatement le canot « Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron ». La mer était basse, une fois le bateau à l'eau, l'équipage dut débarquer et pousser à bras le canot qui s'échouait par moment sur les bancs de sable ; il fut ainsi poussé Jusqu'à « La Poire », sur un parcours de plus de 500 mètres.
L'équipage mouillé jusqu'au cou ré-embarqua et fit force de rames pour gagner le navire naufragé, malgré la grosse mer, le vent et le courant contraire; le canot « Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron » ne mit qu'une heure un quart pour parcourir les cinq milles qu'il y a entre Kérity et le lieu du naufrage.
Arrivé près du navire naufragé, le patron Jégou vit « l'Alexandre-Van-Maseyk », canot de sauvetage de Guilvinec, embarquer les derniers naufragés. Il le suivit alors jusqu'à Guilvinec afin de parer à toute éventualité. Le canot "Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron" est rentré à 11 heures.
L'équipage qui le montait était transi de froid.
Je suis heureux de vous signaler la conduite de M. LeBihan, brigadier des douanes, et de M. Béliard, préposé. Ces Messieurs se mirent bravement à l'eau pour aider au lancement du canot.
Notre patron a été courageux comme d'habitude. Jégou a, depuis une quinzaine de jours, une forte bronchite ; cela ne l'a pas empêché d'être au guet dès 3 heures du matin, de se jeter à l'eau pour mettre le canot à flot et de rester ainsi mouillé pendant cinq heures sans pouvoir faire d'efforts musculaires qui eussent pu le réchauffer.
Le Maire, Président du Comité local, Poirier.

Armement du canot de sauvetage « Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron » : Jégou (Joseph), patron ; Cloarec (Alain dit Touche), Briec (Sébastien), Fontaine (Léopold), Garrec (Adophe), Gourlaouen (François), Le Gall (Alain), canotiers, et Kerloc'hI (Alexis), Cléac'h (Corentin), Cloarec (Jean), Gloaguen (Louis), volontaires.

Compléments :

Le 25 décembre 1905, le vapeur anglais "Comorin", de Glasgow, caboteur de 297 tonneaux avec 16 hommes d'équipage, était parti de Nantes avec un chargement de minerai de fer et de marchandises diverses, lorsque, perdu dans une brume épaisse au point de né pouvoir ni entendre la sirène, ni distinguer les feux du phare de Penmarc'h, il vint s'échouer avec bris sur les roches les Fourches, situées à 2 milles dans le Sud de Guilvinec,
Après s'être approchés vingt fois de l'épave et s'en être vus séparés par les lames, après avoir failli être broyés contre les bordages encore visibles, les Canots de sauvetage de Guilvinec, Lesconil et Kérity purent recueillir les naufragés à bout de force.

3 Février 1906. Acte de sauvetage réalisé par l'équipage de la chaloupe Volonté-de-Dieu

A 3 heures du soir, par tempête de Nord et grosse mer, l'ancien patron du bateau de sauvetage Jégou (Jacques) relevait ses filets à mulets mouillés dans les brisants situés au Sud des Etocs, dans un petit chenal nommé ce « Toul-ar-gagnes ». Jégou était accompagné de son fils Thomas et de son gendre Le Goff (Pierre). Tout à coup le canot fut rempli par une lame et coula. Les trois hommes furent jetés à la mer. Comme le canot était chargé de pierres, il coula à pic et les naufragés furent obligés de nager, chose peu facile, car les marins avaient des habits épais et portaient leurs grosses bottes de mer.
Heureusement, le patron Gourlaouen (Louis), qui se trouvait à environ 500 mètres de là, avait été témoin de l'accident. Il fit force dé rames vers les malheureux qui ne pouvaient avancer, et, après un quart d'heure d'efforts et après avoir failli être roulé par les brisants, il put atteindre les naufragés et les embarqua à son bord. Gourlaouen et son équipage se dévêtirent pour faire changer de vêtements aux naufragés qui étaient transis de froid.
Sauveteurs et sauvés rentrèrent à Kérity vers 6 heures du soir.

Gourlaouen (Louis) est ce même patron qui fut sauvé le 7 novembre 1904 par M. Jégou (Joseph), patron actuel du canot de sauvetage, fils, frère et beau-frère des naufragés d'hier.

Le Maire, Président du Comité local, Poirier.

Equipage de la « Volonté de Dieu », bateau sauveteur : Gourlaouen (Louis), patron ; Gourlaouen (François), Balc'h (Adolphe), Gars (Alain) et Palud (Jean), matelots.

Pour ce sauvetage, Louis Gourlaouen a reçu un diplôme d'honneur.

4 Février 1906. Sortie blanche du Comte-et-Comtesse-Foucher-de-Saint-Faron


Hier 4 février, à 4 heures du soir, je me trouvais à côté de l'abri du canot de sauvetage lorsque je vis sombrer une barque de pêche dans le chenal de la Jument, près des Firbichons, à un mille au Sud du port de Kérity. II ventait forte brise de N.-E., temps à rafales et à trois ris. Je fis immédiatement chercher le patron et le souspatron. Le patron était absent et le sous-patron arriva de suite. Je lui donnai l'ordre de lancer le canot. Quatre minutes après, le « Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron » quittait l'abri. La mer était presque basse et la passe était obstruée par des embarcations, des chaînes et des ancres qui retardèrent la sortie du canot.
Pendant ce temps, deux chaloupes qui faisaient route dans le chenal du Branket se dirigèrent vers les naufragés qui étaient cramponnés aux épaves et les recueillirent.

Le Maire, Président du Comité local, Poirier.

12 Février 1906. Acte de sauvetage réalisé par Jean-Joseph Buannic et son équipage

Ce matin, vers 9 heures, par forte brise de Nord et grains de neige, Jégou (Jacques), ancien patron du bateau de sauvetage, naufragé il y a huit jours, se trouvait près de Ar Veorch, rocher situé au Nord des Etocs, en train de relever ses casiers à homards lorsqu'il chavira par suite d'une rafale. Personne n'avait vu l'accident. Heureusement qu'il put s'accrocher à la pointe du mât et que le canot resta entre deux eaux, car il dériva dans le Sud des Etocs et allait s'engloutir sur le Petit Bervette qui brisait. Buannic (Jean-Joseph), patron du « Notre-Dame de la Pointe du Raz n°2383 », posait ses filets près de Men-pen-Bleis ; en levant la tête, il aperçut le naufragé et courut aussitôt pour opérer le sauvetage. Il était temps, car Jégou (Jacques) était presque
sans connaissance ; il fut dix minutes sans pouvoir parler. Buannic le déshabilla et l'habilla de vêtements secs.
Il revint immédiatement conduire le naufragé à Kérity et retourna aux Etocs pour sauver le canot chaviré. Équipage sauveteur : Buannic (Jean-Joseph), patron ; Buannic (Yves), Buannic (Joseph), Gourlaouen (François), et Balc'h (Adolphe).
Le Maire de Penmarc'h, Président du Comité local, Poirier.

14 Avril 1906. Acte de sauvetage réalisé par Louis et Alain Lucas

A 3 heures et demie, à demi-marée, le nommé Loussouarn (Alain) se trouvait aux environs de Locarec à 2 milles du port de Kérity avec une plate chargée de goémon. Le vent soufflait fort du N-E. et la mer était très clapoteuse. La plate embarqua et coula. Loussouarn alla au fond avec elle et put se tenir ensuite cramponné à un aviron. Il resta dans cette position pendant vingt minutes. Le patron des « Trois Soeurs », Lucas (Alain), et son matelot Lucas (Louis) revenaient de la pêche ; ils entendirent crier le naufragé ; ils coururent sur lui et furent assez heureux pour le sauver. Après avoir débarqué Loussouarn, les sauveteurs retournèrent chercher la plate du malheureux et la ramenèrent au port.

Poirier, Maire de Penmarc'h, Président du Comité local.

12 Mai 1906. Acte de sauvetage réalisé par l'équipage du Souvenir

Vers 7 heures du soir, le nommé Le Roux (Sébastien), marin du 2018, le « Dieu protège son équipage », se trouvait en retard pour embarquer à son bord. Il essaya de rejoindre sa chaloupe à l'aide d'une plate. Arrivé dans le chenal de la Jument par le travers du « Runniec », il perdit son aviron. La mer était très clapoteuse et il ventait forte brise de N.-E. : la plate allait en dérive vers le large. Ne voyant aucune embarcation près de lui et ne pouvant se faire apercevoir de Kérity distant d'un mille au moins il se déshabilla, se jeta à l'eau et nagea vers le port, La mer était haute à ce moment. Heureusement pour le naufragé que le « Souvenir » n° 1925, patron Jégou (Thomas), arrivait vent arrière. Il lança au naufragé une bouée que celui-ci ne put atteindre. Jégou vira de bord, mais il ne put se rapprocher de Le Roux. Ce ne fut qu'au troisième bord que le « Souvenir » passa à proximité du naufragé à bout de forces. Voyant cela Jégou donna la barre à un de ses hommes et se lança à l'eau tout habillé en commandant de mettre un aviron à la mer; il nagea vers l'infortuné et put le mettre sur l'aviron en attendant que le ce Souvenir » ait manoeuvré pour prendre les deux hommes. Jégou (Thomas) fit vêtir le naufragé et vint le débarquer à Kérity.
Sans le dévouement du patron du n° 1925, la mer eût certainement compté une victime du plus.

Equipage du ce « Souvenir » : Jégou (Thomas), patron, ancien cano tier de sauvetage; Le Corre (Robert), Le Gall (Joseph), Le Gall (Alain), Coïc (Jean), Le Goff (Pierre), Le Pape (Jean) père, Gloaguen (Jacob) et Le Pape (Jean) fils, mousse.
Le Maire de Peninarc'h, Président du Comité local, Poirier

Pour ce sauvetage, Thomas Jégou a reçu un diplôme d'honneur.

27 Mai 1906. Acte de sauvetage réalisé par Louis Lucas

J'ai l'honneur de vous signaler la belle conduite d'un mousse de treize ans. Dimanche dernier, 27 mai, vers 3 heures du soir, à mer haute, le mousse Lucas (Louis) travaillait dans le canot « Jacques frères» mouillé dans le port, lorsqu'il fut averti par un gamin qu'un enfant venait de tomber à la mer en jouant dans une plate.
Le jeune Lucas (Louis) quitta ses sabots et se jeta à l'eau tout habillé. Il prit le naufragé Balch (François), âgé de six ans, qui se trouvait accroupi sur le fond et nagea vers la plate. Le sauveteur eut toutes les peines du monde à embarquer le sauvé ; lorsqu'il l'eut fait, il coula à son tour et après bien des efforts il réussit à attraper le tableau de l'embarcation et à se hisser dedans.
Il ramena la plate au quai où il débarqua le bambin qu'il venait de sauver.
Le Maire de Penmarc'h, Président du Comité local, Poirier.

Pour ce sauvetage, Louis Lucas a reçu un diplôme d'honneur et la médaille de bronze.

23 Août 1906. Acte de sauvetage réalisé par Nonna Le Gall et fils

Jeudi 23 août dernier, le nommé Correc (Joseph), patron du canot « Comtesse » n°228l, revenait de la pêche lorsqu'il resta échoué sur un rocher ; la marée descendait, et il était impossible de le remettre à flot.
Le canot resta quelque temps dans cette position critique, lorsque survint le patron Le Gall (Nonna) et son jeune fils, qui se portèrent à son secours et le ramenèrent à terre sain et sauf. Le canot a été renfloué le lendemain.

Le Président du Comité local, Poirier, Maire de Penmarc'h.

14 Septembre 1906. Acte de sauvetage réalisé par l'équipage de la chaloupe Marie-Augustine

Le nommé Tanniou (Alain), patron du bateau « Marie-Augustine » n° 1797, du port de Kérity, allait à la pêche vers 8 h. 1/2 du matin et se dirigeait vers la passe dite Louarn, lorsqu'il vit un bateau de Lesconil qui coulait à pic ; il fit diriger son bateau immédiatement sur les lieux de l'accident et eut la chance de sauver un homme qui ne donnait presque plus signe de vie. Il le fit déshabiller, frictionner et réchauffer. Arrivé à terre, il le fit transporter dans un bon lit; il déclara alors qu'il se nommait Monfort de Lesconil.

J'ai l'honneur de vous signaler la conduite du patron Tanniou et des hommes qui l'accompagnaient qui, au péril de leur vie, ont sauvé cet homme.

Voici la composition de l'équipage de la « Marie-Augustine » :
Tanniou (Alain), patron ; Drézen (Corentin), Guiriec (Guillaume), Lautrédou (Jean) père, Nonna Lautrédou fils.

Le Président du Comité, Poirier, Maire.

15 Septembre 1906. Acte de sauvetage réalisé par l'équipage de la chaloupe La-Biche

A 8 h. 1/2 du matin, le nommé Canévet (René), patron du bateau « la Biche » n° 233, du port de Kérity, se trouvait à aller à la pêche vers la pointe de Saint-Guénolé auprès des roches au passage Louarn, lorsque tout à coup il vit deux bateaux de pêche du Guilvinec chavirer et couler à pic.
Aussi le patron Canévet donna l'ordre à ses hommes de mettre le cap sur les naufragés et, arrivés au bout de quelques instants sur le lieu, ils eurent la chance de saisir un des naufragés, Le Tallec, marin à bord d'un bateau de Guilvinec. Le Tallec allait disparaître à bout de forces, n'en pouvant plus.

Voici les noms des marins qui ont pris part au sauvetage : Canévet (René), patron ; Le Pape (Henri), Le Pape (Hervé), Liguier (Pascal), Cloarec (Jean), Tanter (Sébastien), marins.

Le Président du Comité local, Poirier, Maire.

13 Octobre 1906. Acte de sauvetage réalisé par l'équipage de la chaloupe Duo-Decim-Apostoli

Hier, 13 octobre à 10 h. du malin, le patron Normand, de la chaloupe « Duo Decim Apostoli », revenait de Saint-Guénolé lorsqu'il aperçut sur les brisants de Men Menez, située à un mille de la pointe Ouest de Penmarc'h des hommes cramponnés à des épaves. C'était l'équipage du « Saint-Louis », patron Canevet, qui avait été roulé par un brisant.
Normand manoeuvra pour sauver les naufragés. Après bien des efforts pour éviter les brisants, il réussit à sauver quatre hommes ; mais pendant ce temps, les deux autres naufragés avaient été entraînés par le courant. Le patron Normand dut louvoyer pour les atteindre, il eut à lutter contre le courant et la grosse houle ; arrivé près des naufragés, le matelot Riou (Michel) sauta à l'eau et saisit les deux hommes. Il était temps, car ils se trouvaient à bout de forces ; il y avait une heure qu'ils étaient sur les épaves. Le matelot Le Maout déshabilla le mousse qui avait un commencement d'asphyxie et l'habilla de ses propres vêtements.
Nous devons aussi vous signaler la belle conduite du naufragé Coupa (Pierre), âgé de seize ans, qui, pendant une heure, a tenu le mousse sur son dos, étant lui-même cramponné à un aviron.

Equipage du « Duo Decim Apostoli » : Normand (Alain), patron; Le Maout (Alain), Normand (Jean), Riou (Michel), Jégou (Jean), Le pape (Vincent), marins, et Pors (Joseph), mousse.

Le Président du Comité local, Poirier, Maire.

14 Octobre 1906. Acte de sauvetage réalisé par l'équipage de la chaloupe Q 1584

Un canot avait sombré dans un grain violent, à environ un mille au large, sur le plateau de Menhir. La chaloupe n° 1584, de Quimper, patron Normand, qui se trouvait dans le voisinage de l'accident, se porta au secours des naufragés et put embarquer à son bord, non sans danger, car la mer était grosse, l'équipage qui était dans l'eau et les ramena à Kérity. Il était temps, car le mousse allait disparaître ; il est arrivé à Kérity évanoui, et ce n'est qu'à force de soins, qui lui furent prodigués par le patron Jégou, qu'on put le ramener à la vie.

2 Novembre 1906. Acte de sauvetage réalisé par l'équipage de la chaloupe Rosa Mystica

Le 2 novembre, vers 5 heures du soir, le patron Joncour du canot n° 2405 et le patron Le pape du canot n° 2253, tous deux du Guilvinec, touchèrent presque en même temps sur la roche « Bonijou » située à 1 mille 1/2 de la pointe du phare d'Eckmülh. La mer était grosse et il ventait à trois ris. La chaloupe « 2405 » coula presque aussitôt et l'équipage se réfugia sur le « 2253 », qui avait lui-même une large voie d'eau.
Plusieurs bateaux passèrent à côté dés naufragés sans pouvoir s'en approcher ; ils craignaient de s'échouer sur les récifs.
Le patron Corentin Pennec (66ans) de la « Rosa Mystica » n° 1983 de Kérity, revenait de la baie d'Audierne ; il amena ses voiles et essaya d'accoster les naufragés à la rame, ce qui n'était pas facile à cause de l'étal de mer et des risques d'échouage. Après avoir eu ses l'argues enlevées et deux bordés d'enfoncés, il put embarquer les dix hommes formant les deux équipages naufragés.
Une lame dégagea le « 2253 » de la roche et le rejeta dans le chenal. Le patron Pennec put s'approcher de l'épave, y frapper un grelin et le ramener entre deux eaux au port de Kérity où les naufragés furent débarqués. Le patron Pennec a été canotier à notre station pendant vingt-trois ans ; ancien pilote, il est titulaire d'une médaille d'argent de la marine.

Armement de la « Rosa Myslica » : Pennec (Corenlin), patron ; Béchennec (Pierre) (I. 0. S. M.), Gourlaouen (Louis), Pochic (Louis), Nédélec (Corentin), Laurent (Jean) et Pichon, mousses.

Le Secrétaire du Comité local, Coquelin, Instituteur.

Pour cet acte de sauvetage courageux, Corentin Pennec reçut le prix Auguste Vieira.

En Complément :

Un groupe d'habitants de Groix qui connaissent les périls de la mer et admirateurs du patron Pennec, de Kérity, dont nous avons donné dans un précédent numéro le récit des exploits, nous envoie la lettre suivante :

Monsieur le Directeur.

Nous lisons dans votre estimable journal, Ouest-Eclair, les sauvetages heroïques du brave marin de Kérity, Corentin Pennec, patron du canot de pêche Rosa-Mystica et formons les vœux pour que son admirable action ne soit pas uniquement récompensée par le prix Vieira, mais pour que la croix d'honneur brille sur la poitrine de ce modeste sauveteur, que nous ne connaissons pas, mais dont nous admirons la belle conduite.

Un Groupe de Grésillons, qui connaissent les périls de la mer et qui savent bien que vous ferez votre possible pour faire récompenser les braves comme ils méritent de l'être.

Nous ne pouvons que nous associer au voeu légitime des braves habitants de l'Ile de Groix, et espérons que les pouvoirs publics n'oublieront pas de donner au patron Pennec, avec la Légion d'honneur, l'hommage d'admiration qui lui échoit.

12 Novembre 1906. Acte de sauvetage réalisé par l'équipage de la Sainte-Lia

Le 12 novembre, à 4 heures du soir, par forte brise du S.-E., la chaloupe « Héros de Fachoda » n° 2003, du Guilvinec, échoua sur une des têtes des roches de Villers-ar-Gazek, située à un mille de l'Ouest du môle de Kérity. L'équipage de ce bateau essaya de béquiller l'embarcation à l'aide des mâts, mais l'opération ne réussit pas ; le «Héros de Fachoda » s'inclina, puis glissa au pied de la roche ; les hommes furent jetés l'eau.
Heureusement pour eux, que le patron Loussouarn, canotier de la station de Kérity, se trouvait dans sa chaloupe « Sainte Lia » et qu'il aperçut le « 2003» coulant au fond. Il appareilla et fut assez heureux pour sauver les sept hommes naufragés et les ramena à Kérity.
Après avoir reçu des vêtements secs de leurs sauveteurs, les hommes du « Héros de Fachoda » regagnèrent le Guilvinec.

Equipage sauveteur : Loussouarn (Jean), patron ; Cloarec (Auguste), Berrou (Pierre), Bargain (Jean), Bodéré (Jean), matelots, et Loussouarn (Louis), mousse.

Le Secrétaire du Comité local, Coquelin, instituteur.

20 Décembre 1906. Acte de sauvetage réalisé par l'équipage du N.-D.-de-la-Joie

C'est vers 7 heures du soir, en revenant à Saint-Guénolé que la chaloupe N.-D. de Pitié de Kérity-Penmarc'h, patron Le Floch, chavira dans les brisants et coula.

Des sept hommes de l'équipage, quatre furent recueillis par le N.-D. de la Joie, patron Carvel, de Saint-Pierre. Un autre, le matelot Le Calvez, fut trouvé sans connaissance entortillé dans son filet ; sauvé par le canot de sauvetage, il reprit ses sens le lendemain matin.

Le matelot Gouliquer et le mousse Joseph Le Lay ne purent être retrouvés. Gouliquer, célibataire, était le soutien de sa vieille mère et n'avait embarqué que le matin. Quant au mousse, âgé de 10 ans, il avait demandé samedi dernier à retourner à l'école. Mais sur les prières instantes de son père qui n'avait pour ainsi dire rien gagné dans l'année pour nourrir sa nombreuse famille, il partit pour la pêche : le pauvre enfant faillit être sauvé pendant trois quarts d'heure, il réussis à se maintenir sur le dos d'un es, naufragés, Thomas Jégou, mais une lame arriva subitement qui le fit disparaître pour toujours.

26 Mai 1907. Acte de sauvetage réalisé par Sébastien Gall et Adolphe Gourlaouen

Dimanche 26 mai, vers 3 heures du soir, le jeune Nonna Drézen, âgé de cinq ans, jouait abord du sloop a La Ville d'Is », en déchargement dans notre port, lorsqu'il tomba à la mer, haute à ce moment.
Les mousses Gal Sébastien (14 ans) et Gourlaouen Adolphe (15 ans) accoururent aux cris du naufragé ; ils se jetèrent à l'eau tout habillés et furent heureux de remonter le gamin sur le quai et de le remettre entre les mains de son père.

Dr Plouzané, Médecin de 1ère classe de la marine de réserve, Conseiller général, Président du Comité de sauvetage.

26 Octobre 1907. Acte de sauvetage réalisé par l'équipage de l'Anna-Marguerite

Dans la soirée du 26 octobre 1907, la chaloupe de pêche le "Saint Pierre", patron Calvez, de Kérity, revenait de la baie d'Audierne. Le vent soufflait avec violence du S.-O. et la mer était absolument démontée. En passant près des Villers, plateau rocheux qui se trouve à un mille à l'ouest de Kérity, une lame vint briser sur le "Saint Pierre", qui fut submergé et coula à pic en un instant.
La chaloupe "Anna-Marguerite", patron Correc, qui passait dans ces parages, n'hésita pas à se porter au secours des naufragés. Cette manœuvre était fort dangereuse, car les sinistrés se trouvaient au milieu de forts brisants. Mais le brave Correc est homme de résolution ; en passant, il jette aux hommes du "Saint Pierre" des avirons et des espars ; puis il vire de bord pour venir les prendre, et après une demi-heure d'efforts, ayant manqué de couler plusieurs fois lui-même, il embarque les six naufragés à son bord.
L' "Anna Marguerite" avait à peine quitté l'endroit du naufrage qu'une lame énorme déferlait sur elle et la remplissait à moitié. Les deux cents spectateurs qui suivaient les péripéties du sauvetage du quai de Kérity crurent un moment que les deux équipages étaient engloutis. Durant un temps qui parut bien long, l' "Anna Marguerite" resta invisible... Enfin elle reparut sur les flots, ayant tout son monde sain et sauf.
Grâce au courage et au sang-froid de Correc et de son équipage, six hommes ont été sauvés d'une mort certaine, car la mer était tellement grosse, que les naufragés cramponnés aux espars en étaient à moitié arrachés par chaque lame. La conduite de ce brave patron a été, dans cette circonstance, digne des plus grands éloges, car il n'a pas craint d'exposer sa vie courageusement, suivi par son vaillant équipage.

Aussi n'est-il que juste de lui remettre aujourd'hui le prix des Patrons-pêcheurs, ainsi que la médaille d'or de Mme Bianchi.

28 Octobre1907. Sauvetage du Danaïde

Le 28 octobre 1907, le bateau-pilote « Danaïde », commandé par le pilote Hervé Guichaoua, bateau de 6 hommes d'équipage, et le bateau de pêche «Angel de Montyon » commandé par le patron Louis Jégou, appareillaient dans la matinée, de Kérity, pour aller pêcher dans la baie d'Audierne, par grosse mer et forte brise. Vers 9 heures, les deux embarcations se trouvaient dans le chenal du Quer, d'une largeur de 10 à 15 mètres. Les deux bateaux étant grand largue et «Angel de Montyon », marchant plus vite, avait dépassé la « Danaïde ». A ce moment, sa misaine s'est masquée et la « Danaïde » gagnant de vitesse, allait lui passer devant si son écoute de misaine ne s'était engagée au tolet de l'étrave de l'«Angel de Montyon », lequel, prenant la « Danaïde » par le tableau de tribord arrière, le fit évoluer vent arrière. A l'aide de perches, l'«Angel de Montyon » parvint à se dégager, mais la « Danaïde » resta au plein et ne put être renflouée.

Le Calvez (Jacques) (déjà titulaire d'un témoignage officiel de satisfaction) ; Le Calvez (Alain-Marie) (déjà titulaire d'une médaille d'argent de 2e classe) ; Stéphan (Jacques-Marie),
ont sauvé les six personnes d'équipage du bateau pilote « Danaïde », abordé en mer et jeté sur les roches de Penmarc'h.

Jugement du 19 Avril 1908 :
La commission des naufrages a estimé que la responsabilité de Jégou était seule engagée et l'a traduit pour ce fait devant le tribunal maritime commercial spécial où il a comparu aujourd'hui.
Le tribunal a acquitté le patron Jégou.

21 Janvier 1908. Acte de sauvetage réalisé par Etienne Le Roux et Alain Tirilly

Le 21 janvier à 4 h. 30 du soir, Stéphan (Jean), patron de la « Philomène », revenait avec son frère de lever ses casiers à homards. Il ventait une forte brise du S.-E. et la mer était démontée. Une saute de vent fit chavirer la « Philomène » au lieu dit Penvidik, à 500 mètres de la côte entre Kérity et Guilvinec.
Le Roux (Etienne) et Tirilly (Alain) qui chargeaient du goémon virent le naufrage se produire ; ils mirent à l'eau une plate qui se trouvait à leur portée ; n'ayant pas d'aviron ils pagayèrent à l'aide d'une pelle. Lorsqu'ils arrivèrent sur le lieu du naufrage, les deux malheureux engagés dans la voile coulaient. Il fallut les appréhender par les cheveux pour les hisser dans la plate.
Grâce au sang froid de Tirilly et de Le Roux, deux hommes ont été arrachés à la mort.

Le Secrétaire du Comité local, Coquelin, Instituteur.

16 Mai 1908. Acte de sauvetage réalisé par Hervé Le Pape

J'ai l'honneur de vous informer que samedi soir, vers 4 h. 30, la petite Jeanne Béchennec, âgée de deux ans, jouait sur la grève à 100 mètres du môle de Kérity. Il y avait forte houle, une lame roula et emporta l'enfant au large.
Le Pape (Hervé), qui ramassait ses filets sur le quai, vit un morceau de vêtement flotter sur l'eau. Vite, sans se déshabiller, il se jeta à la mer, nagea vers la petite et la ramena inanimée sur la cale. Après quelques minutes de soins, la petite Jeanne revint à la vie.
Sans le courage de Le Pape (Hervé), la mer eût compté une victime de plus.

Le Secrétaire du Comité local, Coquelin.

15 Juin 1908. Acte de sauvetage réalisé par René Canevet

Canevet (René) s'est porté au secours d'un marin, en danger de se noyer, dans le port de Kérity.

14 Décembre 1908. Acte de sauvetage réalisé par l'équipage de l'Eugénie

Lundi dernier, vers 8 heures du matin, les marins qui se trouvaient sur le port de Kérity virent disparaître le Canot "Notre Dame de la Joie" n° 1513, patron Drézen (Baptiste), et monté par deux hommes. En même temps ils aperçurent une embarcation qui se portait au secours des naufragés.
Mais la mer était tellement démontée, le vent soufflant en forte brise du S.-O., que le patron Jégou donna l'ordre de lancer le canot de sauvetage "Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron".
Les canotiers firent diligence, puisque 20 minutes après que l'ordre de lancement avait été donné ils étaient arrivés sur le lieu du naufrage, à un mille et demi du port de Kérity ; malgré le vent portant, aucune embarcation à voile ne put distancer le canot de sauvetage "Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron", qui arriva dans le brisant au moment où le patron Tanneau (Jean), du canot de pêche "Eugénie", prenait à son bord les deux naufragés.
Le canot de sauvetage s'établit convoyeur de l' "Eugénie" dans ces mauvais parages, car la mer brisait de partout. C'est une vieille embarcation très lourde, et qui eût coulé au premier coup de mer.
Le canot "Comte et Comtesse Foucher de Saint Faron" rentra au port à 8 h. 50 ; il fut nettoyé et remisé à l'abri.

Le Président du Comité local, Dr Plouzané, Conseiller général.

Armement du canot de sauvetage "Comte et Comtesse Foucher de Saint Faron" : Jégou (Joseph), patron ; Coïc (Corentin), sous-patron ; Le Gars (Jean), Le Gall (Alain), Canévet (René), Stéphan (Joseph), Stéphan (Noël), Buannic (Corentin), Jégou (Thomas), Loussouarn (Robert), Le Goff (Pierre), Janvier (Robert), canotiers.

Pour ce sauvetage, Jean Tanneau a obtenu la médaille de bronze et les matelots de son équipage, Guillaume Béchennec et Guillaume Le Goff ont eu un diplôme d'honneur.


6 Mars 1909. Acte de sauvetage réalisé par les équipages de la Volonté-de-Dieu et du Petit-Louis

Le 6 mars, vers 7 heures du matin, le canot « Gracchus n°2581 » relevait ses filets à 3 milles de terre, à l'Ouest de la Jument. Le vent soufflait très fort du S.-O. avec grains de grêle et la mer déferlait. Une lame sourde remplit le « Gracchus », qui coula. Le canot « Volonté de Dieu » se trouvait à 1 mille de là, occupé à relever ses filets et dans une position assez difficile, lorsque le mousse aperçut la quille du « Gracchus » en l'air. Vite, le patron Gourlaouen (Louis) mit le cap, avec quatre ris dans sa misaine, sur le bateau naufragé et arriva juste à temps pour saisir le matelot Buannic (Louis) qui coulait. Au même instant arrivait le « Petit Louis », qui prit à son bord le patron Garrec, du « Gracchus », qui était resté cramponné à une épave. En venant au secours des naufragés une rafale faillit faire chavirer le « Petit Louis », dont l'équipage ne doit son salut qu'à l'habile manœuvre du patron Gourlaouen (François). Les naufragés furent immédiatement ramenés à Kérity, où les soins nécessaires leur furent donnés.
Équipage de la « Volonté de Dieu » : Gourlaouen (Louis), patron ; Palud (Jean), Balch (Louis), canotiers et Gourlaouen (Jacques), novice.
Équipage du « Petit Louis » Gourlaouen (François), patron ; Gourlaouen (Yves) et Gall (Alain), matelots.
Le Secrétaire du Comité local, Coquelin, Instituteur.

25 Mai 1909. Sortie blanche du Comte-et-Comtesse-Foucher-de-Saint-Faron

Ce matin, vers 8 heures, le sémaphore de Penmarc'h tirait le canon d'alarme pendant que le pavillon noir était hissé au mât de signaux. Le patron du canot « Comte et Comtesse Faucher de Saint-Faron » lança immédiatement, l'embarcation de sauvetage.
La mer-était affreuse. Ce n'était qu'un brisant. Mais notre brave patron Jégou connaît à merveille tous les recoins, plus ou moins abrités, de la cote ; favorisé, en outre, par la mer, presque haute en ce moment, et grâce aussi à l'endurance de nos canotiers, le canot « Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron » arriva sur le lieu du naufrage, près de Cadorec, roche distante de Kérity d'environ 3 milles 1/2, après trois quarts d'heure d'efforts. En ce moment, le canot de sauvetage de Saint-Guénolé, « Maman Poydenot », embarquait un naufragé. Malgré les recherches effectuées au milieu des brisants par les trois canots de Penmarc'h (« Papa Poydenot » se trouvait aussi sur les lieux), on ne put retrouver les trois autres personnes qui montaient l'embarcation chavirée.
Le « Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron » est rentré au port vers 11 h. 30, avec son équipage trempé jusqu'aux os.

Le Président du Comité local, Dr Plouzané, Médecin de 1ère classe de réserve de la Marine, Conseiller général.

Armement du canot de sauvetage « Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron » : Jégou (Joseph), patron ; Coïc (Corentin), sous-patron ; Fontaine (Paul), Le Gall (Alain), Le Gars (Jean), Buannic (Corentin), Cloarec (Alain), Briec (Sébastien), Janvier (Robert), Loussouarn (Robert), Kerloc'h (Henri) et Gourlaouen (Louis), canotiers.

24 Avril 1910. Acte de sauvetage réalisé par Paul Fontaine, Sébastien Briec, Henri Le Maout et Guillaume Béchennec

J'ai l'honneur de vous informer que, le 24 avril, vers 3 heures de l'après-midi, le matelot Le Guen, en état d'ébriété, est tombé à l'eau de son canot mouillé en dehors du môle de Kérity. Fontaine (Paul), canotier de notre station, témoin de l'accident, se jeta à la mer tout habillé pour secourir le naufragé ; malheureusement, ses forces ne lui permirent que de soutenir la tête de Le Guen hors de l'eau. Sans le secours d'une embarcation montée par Briec (Sébastien), canotier de la station, Peigné Jules, Le Maout (Henri) et Béchennec (Guillaume), sauveteur et naufragé eussent infailliblement péri.
Le Secrétaire du Comité local, Coquelin, Instituteur.

24 Avril 1910. Acte de sauvetage réalisé par le douanier Kermorvan, Joseph Stéphan, Alain Cloarec et Félix Correc

A 4 h. 30 du soir, le mousse Balch (Louis), âgé de douze ans, monté dans sa plate, naviguait dans le port de Kérity ; un faux mouvement fit déraper la godille et le lança à l'eau. Le douanier de service, M. Kermorvant, lui jeta la ligne Brunel. Un canotier de la station, Stéphan (Joseph), voyant que l'enfant ne pouvait saisir la ligne, se laissa tomber tout habillé à la mer et ramena le mousse sain et sauf sur la berge. Deux matelots, Cloarec (Alain) et Correc (Félix), se sont également mis à l'eau pour venir en aide au naufragé.
Le Secrétaire du Comité local, Coquelin, Instituteur.

14 Octobre 1910. Sortie blanche du Comte-et-Comtesse-Foucher-de-Saint-Faron

NB : Le "Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron" de Kérity est sorti, malgré qu'il n'y ait pas eu de rapport dans les Annales du Sauvetage.

Rapport du Secrétaire du Comité local de St Pierre en Penmarc'h.

J'ai l'honneur de vous rendre compte de la sortie effectuée par le canot de sauvetage « Papa Poydenot » de notre station, par violente tempête de Sud-Est.
A 3 h. 30 de l'après-midi étant de service, j'aperçois un mât appartenant à au bateau de pêche l'Albertine sombré et dérivant dans l'Ouest-NordOuest à environ 3 milles au sud du sémaphore. Je fis immédiatement prévenir le patron Kerloc'h et aidé de mon auxiliaire je fis les signaux d'alarme afin de prévenir Kérity et Saint-Guénolé qui également mirent leur canot de sauvetage à la mer ; je leur indiquai en même temps la route à suivre.
En raison de la grande distance et de l'état de la mer je ne pouvais voir avec la longue-vue s'il y avait quelqu'un à bord ; je ne l'ai su qu'à l'arrivée des sauveteurs ; hélas! il n'y avait plus personne; le bateau s'appelle le « Saint-Tual N° 2141 ».
Les canots sont restés sur les lieux jusqu'à la nuit explorant vainement la mer dans toutes les directions.
L'atterrissage fut très pénible en raison de l'obscurité ; la mer était affreuse et formait sur toute la côte un brisant ininterrompu.
Le canot de Kérity, pour éviter de plus grandes difficultés, est rentré au port de Saint-Pierre à 7 h. 30 du soir, en même temps que le canot de notre station « Papa Poydenot ». Les équipages étaient complètement éreintés et mouillés après une nage de 4 heures ; ils sont vraiment dignes des plus vifs éloges.

Le Secrétaire du Comité local, Lazennec (François-Marie), Chef guetteur.

26 Septembre 1910. Acte de sauvetage réalisé par l'équipage du Demain-J'Aurai-Milan

Le 26 septembre, à 11 heures du matin, la chaloupe de pêche « Saint-Joseph », patron Stéphan, s'est échouée sur une roche près de la « Jument ». Il y avait très forte brise du Nord-Ouest. Le patron de cette chaloupe a hélé plusieurs embarcations qui passaient à côté. Personne ne répondit à son appel, car on craignait de rester échoué et d'être pris dans les brisants . Le patron du « Demain j'aurai Milan », Lazare (Eugène), s'arrêta à l'appel de son camarade et après deux heures d'efforts parvint à embarquer à son bord les six hommes de l'équipage du « Saint Joseph ». Ce dernier est resté sur la roche et n'a pu être renfloué que le surlendemain.

Équipage du « Demain j'aurai Milan » : Lazare (Eugène), patron ; Pochic (François), Cloarec (Jean-Guillaume), Pochic (Charles), Montfort (Jean-Louis), Buannic (Jean), matelots, et Le Faou (Jacques), mousse .
Le Secrétaire-Trésorier du Comité local, Coquelin.

19 Décembre 1910. Acte de sauvetage réalisé par l'équipage de la Sainte-Anne

Je suis heureux de vous signaler un acte de solidarité qui a pu éviter un sinistre.
Le 19 décembre, à 7 h. 30 du matin, par assez gros temps, mer descendante, le canot de pêche "Kergadec" s'échoua sur une tête de roche isolée : le Firbichon, située à l'accore du chenal de la Jument. Cette embarcation ne put se dégager ; sa situation devenait critique, car elle pivotait sur la roche comme une toupie. Le patron n'avait pas assez de matériel pour épontiller et la mer était houleuse; elle eût certainement chaviré à marée basse sans le secours que lui a porté l'équipage du canot le "Sainte Anne" n° 2660, en lui donnant du matériel et en aidant à l'installer.
La "Sainte Anne" recueillit les sept hommes du "Kergadec" et l'équipage, au lieu de se rendre sur le lieu de pêche, revint à Kérity avec les sept naufragés.

Le Secrétaire du Comité local, Coquelin.

Equipage du « Sainte Anne » : Gloaguen (Louis), patron ; Gloaguen (Louis) père, Carrot (Nonna), Calvez (Pierre), Pape (Hervé), Coïc (Thomas), Guichaoua (Louis), matelots ; Carrot (Jean-Louis), mousse.