SAUVETAGES DE LA STATION DE KERITY (1868-1900)

Vous trouverez ci-après, la liste commentée des sauvetages réalisés avant 1900 par le canot de sauvetage de la station de Kérity, mais aussi des sauvetages réalisés par de courageux particuliers de Kérity ou aussi quelques informations diverses.
Les commentaires et informations sont tirés des Annales du Sauvetage en Mer et/ou des articles de la presse locale (Ouest-Éclair).

Code des couleurs :

Les sauvetages effectués par le canot de sauvetage
Les actes de sauvetage non effectués par le canot de sauvetage
Les sorties "blanches" du canot de sauvetage et autres informations diverses


2 Décembre 1868. Sauvetage de la goélette Ange-Mathilde

C'est le 2 décembre qu'a eu lieu cet événement. La goélette française Ange-Mathilde, de 104 tonneaux, partie d'Espagne à destination d'Anvers avec un chargement de minerai, sombra à la suite d'une voie d'eau à quatre milles dans le sud-ouest de Penmarc'h. L'équipage, composé de six hommes, n'eut que le temps de s'embarquer dans les canots, mais le vent soufflait avec force, la mer était grosse, et ils eussent infailliblement péri en cherchant à aborder si le canot de sauvetage n'eût été à leur rencontre. Mis à la mer au point du jour , ce dernier recueillit les naufragés à neuf heures et revint faire côte avec eux à trois milles du port, que la marée basse ne lui permettait pas d'atteindre.

Le canot de sauvetage était monté par : Riou Henri, patron ; Gouliquer, Jégou (Daniel), Jégou (Louis), Cloarec (Yvon), Talhat, Cloarec (Marie), Carel, Pachique, Legall (Jean), Cloarec (Jean), Legall (Henry), Garec, canotiers, Hutz, volontaire.

20 Janvier 1874. Sauvetage de trois hommes

Le 20 janvier, le canot de Kerity-Penmarch est allé par très gros temps sauver trois hommes qui, de terre, paraissaient en danger sur un amas de roches où les avait surpris la marée montante.

Le canot de Kerity-Penmarc'h était armé par les nommés : Riou Henri, patron ; Jegou, sous-patron ; Riou (Allain), Garrec (Guillaume), Tanneau (Joseph), Stephan (Henri), Salaun (Paul), Corre (Jean), Le Pape (Eugène), Cloarec (Bernard), Cloarec (Jean), Le Moigne (Pierre).

5 Décembre 1875. Sauvetage de la goélette Henry

Le 5 décembre, le poste de Kerity-Penmarc'h, sous la direction du lieutenant des douanes Cornec, est venu mettre en batterie le canon porte-amarres pour sauver l'équipage de la goélette norvégienne Henry, échouée dans la baie d'Audierne, au lieu dit Kervabac, commune de Tréguenec, à six kilomètres de la Torche, et à cinq kilomètres de Plovan. Au premier coup, la flèche est arrivée à bord, le va-et-vient a été établi et les huit naufragés sont descendus à terre sains et saufs.

Une médaille d'argent est décernée à M. Cornec, secrétaire du Comité de Kérity-Penmarc'h ; un diplôme d'honneur au brigadier Guénegaud ; une indemnité de 5 francs est accordée à la brigade de douanes de Kérity.

1879 - Mutations aux douanes de Kérity

M. Martin, lieutenant des douanes, est nommé secrétaire du Comité de sauvetage de Kérity, en remplacement de M. Cornec, appelé dans une autre résidence.

23 Août 1879. Sauvetage de la goélette Jeune-Hortense

La goélette "Jeune-Hortense", de Nantes, de 400 tonnes environ, ayant dix hommes d'équipage, venait d'Espagne avec un chargement de minerai, pour Dunkerque; surprise par une brume très intense et poussée par des vents sud-ouest, mer très grosse, 1e capitaine égaré de la route et se croyant dans le voisinage des Glenans ou de l'île de Sein, elle s'engagea dans les récifs à 2 milles sud de Kérity, vers7 heures du soir. Prévenu immédiatement, le Comité fit lancer le canot, qui arriva à 7heures 30 sur le lieu du sinistre. Le patron Riou, qui s'était embarqué avec trois hommes dans un autre canot, arriva non sans danger à bord de la Jeune-Hortense un instant avant l'embarcation de sauvetage. Ce navire se serait infailliblement brisé sur les rochers si le capitaine n'eût pas fait couper immédiatement son câble de mouillage, dès qu'il sut par Riou, le danger auquel il était exposé, et put ainsi se dégager de la position critique dans laquelle il se trouvait.
Le canot de sauvetage était monté par les nommés :
Jégou, Le Brun, Loussouarn; Le Corre, Cloarec, Le Gall (Joseph), Le Gall (Alain), Stéphan, Le Goff, Salaün, Le Garrec et Lenormand.

Comme nous le disons-plus haut, le patron Riou qui avait pu arriver à temps pour prendre le commandement du canot avait pris passage avec trois hommes dans une autre embarcation pour aller au secours de la "Jeune Hortense".

3 Décembre 1879. Sauvetage de la chaloupe de pêche Sainte-Catherine

La chaloupe de pêche de 6 tonneaux la Sainte-Catherine, ayant 4 hommes d'équipage, assaillie par une tempête déneige, vent d'est, mer très grosse, est drossée vers 4 heures 30 du soir sur la côte, à 2 milles environ à. l'est de Kérity. Sur l'ordre du Comité, le canot de sauvetage fut envoyé, à 4 heures 45, au secours de la chaloupe. Un des hommes de l'équipage avait été embarqué, en rade de Guilvinec, sur le canot du bord, pour aller à terre ; mais le mauvais temps ne lui ayant pas permis de débarquer, la Sainte-Catherine avait pris à la remorque cette embarcation, qui se trouva bientôt, par suite de la rupture des amarres, exposée à la merci des flots. Le canot de sauvetage put heureusement recueillir d'abord ce marin, puis ensuite atteindre la Sainte-Catherine, recueillir le reste de son équipage et les amener tous à Kérity.

L'armement du canot de sauvetage était ainsi composé : Riou Henri, patron; Gouliquer, Loussouarn, Stéphan, Cloarec (Bernard), Kerloc'h (Henri), Pichavant, Pon, Le Gall, Pinau, Le Pape, Kerloc'h (Alain), Goudédranche et Cloarec (Alain), canotiers.

13 avril 1881. Sauvetage de la chaloupe de pêche Marie-Louise

La chaloupe la "MarieLouise", qui allait de la baie d'Audierne à Guilvinec fut assaillie vers les midi par un coup de mer qui la jeta sur les récifs de la pointe de Saint-Pierre. Le canot de Kérity, sur l'ordre du comité, fut lancé à la mer à midi et demi, et arriva à une heure un quart sur le lieu du sinistre, au moment où les huit hommes de la Marie-Louise venaient d'être recueillis par une embarcation appartenant au gardien du phare de la pointe Saint-Pierre. Le canot est alors revenu à Kérity, où il est rentré à deux heures de l'après-midi.

L'équipage du canot comprenait le patron Riou Henri et les nommés Gouliquer, Loussouarn, Le Pors, Le Gall, Riou (Alain), Jaouen, Stéphan, Gourlaouen, Penven, Le Gars et Riou (Joseph).

30 Octobre 1882. Sauvetage de la chaloupe l'Annette

La chaloupe de pêche "Annette", de Guilvinec, ayant été surprise par une violente bourrasque, mer démontée, a été remplie par une lame et est venue se briser près du phare de Penmarc'h, à deux heures et demie du soir-. Sur l'ordre du. Comité, le canot, lancé à quatre heures et demie et:, dirigé par le patron Riou, arrivait à cinq heures et demie sur le lieu du naufrage, où le sous-patron Gigon, du canot de sauvetage, qui revenait de la pêche dans sa chaloupe, avait recueilli sept des hommes de l'équipage de l'"Annette"; le huitième avait été sauvé par un autre bateau de pêche; Par suite, la présence du canot n'était plus utile ; il resta, toutefois, jusqu'à six heures et demie, en prévision d'autres sinistres, et ne rentra à Kôrity qu'à sept heures du soir.

Il avait pour équipage : le patron Riou Henri et les canotiers Kerloc'h, Pennec, Jouvin, Nipliau, Le Gall (Henri), Jaouen, Le Gars, Le Guen, Canevet, Peigné, Cloarec et Le Gall (Alain).

29 Octobre 1883. Sauvetage de la chaloupe St Riagat

Le 29 octobre, la barque de pêche le Saint-Riagat de Guilvinec, surprise vers midi et demie à demi-marée, par une violente tempête, mer démontée, alla chavirer dans les brisants à un peu moins d'un mille à l'ouest du phare de Penmarc'h. Aussitôt prévenu, le patron Jégou fit mettre le canot à la mer et se dirigea sur le lieu du sinistre au moment où l'équipage du Saint-Riagat, recueilli par une chaloupe de pêche qui se trouvait sur les lieux, était conduit à Guilvinec. Le canot retourna alors à la station où il arriva vers les quatre heures.

Dans cette sortie sans incidents, le patron Jégou Jacques était accompagné des canotiers Kerloch, Lenormand, Le Gall, Corre, Riou (Honoré), Riou (Thomas), Monfort, Palud, Lecoz, Berrou, Kérizit, Jégou (Jean), L'Helgouac'h et Jouvin.

4 Janvier 1886. Sortie blanche du Comte-et-Comtesse

Le 4 janvier, par tempête de vent d'ouest, mer grosse, une chaloupe de pêche de Guilvinec, la Jeanne, avec onze hommes d'équipage, ayant touché, vers deux heures du soir, sur une roche dans le chenal de Saint-Pierre, à un mille environ du phare de Penmarc'h, fut secourue par trois embarcations de la localité au moment où le canot de sauvetage de Kérity, averti lui-même du sinistre à deux heures un quart, arrivait, un quart d'heure après, au secours des naufragés. Sa présence n'étant plus utile, le canot revenait à son poste à trois heures et demie.

Dans cette sortie, qui n'a présenté aucun incident, l'armement du canot de sauvetage comprenait : le patron Jegou ; le sous-patron Gouliquer ; le brigadier Loussouarn et les canotiers Stéphan (Noël), Canévet (René), Pennec, Cloarec (Alain), Cloarec (Bernard), Brice, Tanter, Canévet (Alain) et Le Gall (Henri).

En même temps que le canot de sauvetage sortait pour se porter au secours de la chaloupe la Jeanne, ainsi que nous en rendons compte plus haut, les gardiens du phare de Penmarc'h, les nommés Donnart et Colin, se rendaient de leur côté sur le lieu du sinistre, où ils arrivaient à une heure et demie de l'après-midi, munis de fusils porte-amarres et des autres engins de la Société. Montés dans une embarcation, ils ont lancé une flèche qui s'est cassée, puis ont utilisé le hâle à bord, qui a servi au sauvetage, effectué par trois bateaux du port de Saint-Pierre.

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Jacques Jégou

Dans cette sortie, qui n'a présenté aucun incident, l'armement du canot de sauvetage comprenait : le patron Jegou ; le sous-patron Gouliquer ; le brigadier Loussouarn et les canotiers Stéphan (Noël), Canévet (René), Pennec, Cloarec (Alain), Cloarec (Bernard), Brice, Tanter, Canévet (Alain) et Le Gall (Henri).

En même temps que le canot de sauvetage sortait pour se porter au secours de la chaloupe la Jeanne, ainsi que nous en rendons compte plus haut, les gardiens du phare de Penmarc'h, les nommés Donnart et Colin, se rendaient de leur côté sur le lieu du sinistre, où ils arrivaient à une heure et demie de l'après-midi, munis de fusils porte-amarres et des autres engins de la Société. Montés dans une embarcation, ils ont lancé une flèche qui s'est cassée, puis ont utilisé le hâle à bord, qui a servi au sauvetage, effectué par trois bateaux du port de Saint-Pierre.

10 Décembre 1888. Sauvetage du Petit-Louis

Vers sept heures et demie du matin, le 10 décembre, le canot de sauvetage, sur l'ordre du patron Jégou, fut mis à la mer pour se porter au secours du brick-goélette le Petit-Louis de Saint-Nazaire, qui trompé, par la brume, était allé se perdre sur le rocher Menhir, dit le Pellun, à deux milles dans l'ouest du phare de Penmarc'h.
Vers huit heures et demie le canot de sauvetage rencontra les cinq hommes d'équipage réfugiés dans le canot du bord, il les recueillit et les amena à Kérity où ils arrivèrent à dix heures et demie.

L'armement du canot comprenait le patron Jégou, le sous-patron Gouliquer, et les canotiers Cloarec, Le Gall, Stéphan, Jézégabel, Pors, Correc, Le Normand et Tenter ainsi que le marin volontaire Gourlaouen.

16 Novembre 1889. Sauvetage du canot de pêche Deux-Frères

Le 16 novembre, le canot de pêche les "Deux-Frères" monté par trois hommes d'équipage se trouvait près de la basse de Tohann, rocher des Ètaux, lorsque vers 2 heures et demie du soir, un aviron étant cassé, le canot a été jeté par une lame sur les brisants à deux milles au sud de Kérity. Prévenu à 4 heures et demie, le sous-patron Gouliquer fit mettre le canot de sauvetage à la mer et se rendit sur le lieu du sinistre où il arriva à o heures. Il fit le tour des Étaux et cinq des hommes de l'équipage explorèrent les rochers où ils ne virent que quelques planches et quelques effets sur l'eau sans rencontrer les naufragés, lesquels après avoir gagné les rochers à la nage ont pu rejoindre leur canot qu'une lame avait poussé auprès d'eux. Ils avaient ainsi atteint Kérity au milieu de la brume sans avoir été aperçus par le canot de sauvetage. Celui-ci rentra à Kérity à 6 heures du soir sans autre incident.
Le sous-patron Gouliquer était accompagné dans cette sortie par les canotiers: Janvier (Théophile), Stéphan (Noël), Cloarec (Alain), Normand (Alain), Legoff (Pierre) et par les marins ne faisant pas partie de l'équipage réglementaire: Durand (Louis), Durand (Jean), Goudédranche (Alain), Talbot (Baptiste), Balch (Joachim), Gourlaouen (François), Le Pape (Jean), L'Elgouach (Pierre), Le Gall (Marie), Le Floch (Bernard), Garrec (Guillaume), Calvez (Jacques) et Balch (Laurent).

27 Janvier 1890. Sauvetage de la chaloupe de pêche Ave Maris Stella

Le 27 janvier 1890 vers 10 heures, un coup de canon du sémaphore avertissait qu'un sinistre avait lieu en mer. Immédiatement le canot de sauvetage était mis à la mer et il se rendait par un temps douteux, vent d'O.-S.-O., grosse mer, à l'endroit qui lui avait été indiqué. Il s'y trouvait à 10 heures 45, mais déjà le sauvetage avait été opéré. Le canot de la chaloupe de pêche Ave-Maris-Stella de Saint-Pierre, en Penmarc'h, était à la pêche à lever ses filets à mulets à 500 mètres au sud du phare lorsqu'il fut chaviré par une lame. Deux embarcations de Saint-Pierre sortirent immédiatement et recueillirent les trois naufragés qui étaient à peu de distance soutenus par les avirons de leur canot.

Le patron Jégou était accompagné de Loussouarn, brigadier et des canotiers Stéphan (Noël), Cloarec (Alain), Pons (Paul), Canevet (René), Canevet (Alain), Le Gall (Alain), Le Gall (Joseph), Tanter (Pierre), Correc (Jean), Pennec (Corentin), Briec (Sébastien), Gourlaouen (François) et Le Pape (Eugène).

12 Mars 1891. Sauvetage du bateau de pêche La-Perle

Le 12 mars, le canot s'est porté au secours du bateau de pêche la Perle, de Saint-Pierre (pointe de Penmarc'h), patron Vincent Tanniou, monté par neuf hommes.
Si la sortie n'a pas été utile à celui-là qui, connaissant bien les rochers, a pu se garer seul après être resté échoué un instant à six cents mètres du phare, il aurait pu en être autrement pour deux autres canots de pêche que l'on croit perdus dans les mêmes parages, ce matin-là même ; l'un d'eux dont on a signalé les épaves recueillies sur la côte de Penmarch et en mer, est la chaloupe de pêche NotreDame-de-la-Joie de Douarnenez, dont l'équipage de neuf hommes est considéré comme perdu. Ce bateau était sorti de Guilvinec le 11 au soir par beau temps pour aller, pour la première fois, à la pêche du maquereau, et s'est perdu presque enface de la chapelle de N.-D.- de-la-Joie, dont il portait le nom.
L'autre bateau est encore inconnu ; on parle d'un pêcheur de Concarneau.
Beaucoup de bateaux de pêche de Penmarc'h étaient sortis la veille et cet ouragan a surpris tout le monde ; comme je- vous l'avais annoncé, la sortie du canot de Kérity s'est accomplie dans des circonstances très difficiles : il a bien été tiré un coup de canon d'alarme. Vers 2 heures du matin, mais la tempête a dû empêcher de l'entendre, et ce n'est qu'à 3 heures 1/4 que le lancement du canot s'est effectué d'une manière très rapide, au dire des témoins oculaires, et bien que les câbles de lancement se soient rompus pendant la manœuvre ; il n'y avait d'abord que quatre marins et une vingtaine de femmes de pêcheurs qui l'ont mis à l'eau, et il a fallu éviter les mâts du dernier vapeur naufragé que la tempête avait jetés en travers.
Le retour ne s'est pas effectué dans de meilleures conditions : l'équipage, composé principalement de volontaires (il n'y avait que cinq canotiers titulaires), est rentré complètement exténué, et ce n'est qu'à 7 heures 1/2 du matin que le canot a pu être remisé. Pour donner une idée du dévouement de l'équipage, il suffit de citer les paroles d'un de nos canotiers : "Nous étions tous trempés avant d'embarquer, et ce n'est qu'au jour que nous nous sommes reconnus sur le canot : auparavant chacun de nous savait qu'il avait des camarades près de lui, mais il ignorait leurs noms, bien que ce fussent des voisins".

Le patron Jégou (Jacques), qui dirigeait celte sortie, avait sous ses ordres les canotiers Pors (Paul), Le Gall (Alain), Stéphan (Noël), Pennec (Corenlin) et les volontaires Stéphan (Joseph), Correc (Joseph), Gourlaouen (Jean-Louis), Kerloc'h (Alexis), Riou (Henri), Durand (Jean), Le Faou (Jean), Drézen (Corenlin) et Jégou (Joseph).

2 Juin 1892. Sauvetage de la chaloupe Marie

Le 2 juin, par mer démontée que soulevait un coup de vent de Sud-Ouest, la chaloupe Marie, de Saint-Pierre en Penmarc'h, revenait de la pêche aux maquereaux, après avoir passé toute la nuit dehors. Bien qu'il fit à peine jour, les guetteurs purent l'apercevoir tout d'un coup soulevée et capotée par une énorme lame ; le signal fut donné aussitôt au canot de sauvetage qui fut rapidement armé, et qui se trouva bientôt sur les lieux où le sinistre s'était produit. Deux des infortunés qui montaient la Marie, les nommés Le Floch (Alain) et Le Floch (Pierre), entraînés par le courant sur les bas-fonds, n'avaient presque plus la force de se soutenir sur l'eau.
Confiant dans le sang-froid de ses hommes autant que dans les qualités de son embarcation, et connaissant à souhait les terribles parages dans lesquels il fallait se risquer, notre brave patron Jégou se décida à tenter le sauvetage. En quelques minutes il était au milieu de ces terribles lames dont la volute, en se brisant, entraîne tout avec elle ; calme, inébranlable à son poste, il parvint à leur échapper et aussi à leur enlever les malheureux dont, sans ce secours, la perte était infaillible. Pendant ce temps, deux autres naufragés qui avaient pu se maintenir au large, étaient recueillis par des chaloupes du pays ; malheureusement il en manquait encore quatre qu'il fut impossible de retrouver.

Jégou avait avec lui les marins : Janvier (Théophile), Canévet (Alain), Canévet (René), Le Gall (Alain), Briec (Sébastien), Gourlaouen (François), canotiers titulaires ; Gouléquer (Vincent) fils, Le Gars (Robert), Cloarec (Jean), Le Cléach (Corentin) et Le Garrec (Guillaume), canotiers volontaires.

Le canot de sauvetage de Saint-Guénolé, averti en même temps que celui de Kérity, par le coup de canon d'alarme du sémaphore, a pris aussi la mer avec la plus grande promptitude pour se porter au secours de la Marie.
Son équipage a montré en cette occasion tant d'énergie et de dévouement, que nous nous faisons un devoir de donner leurs noms aux lecteurs de nos Annales : Patron Auffret (Louis) ; sous-patron Riou (Jean) ; canotiers : Hélias (Alain), Scullier (Jacques), Hélias (Louis), Briec (Pierre), Guéguen (Alain), Le Corre (Jacques), Tanter (Pierre), Jégou (Joseph), Drezen (Guillaume) et Le Pape (Pierre).

5 Novembre 1892. Sauvetage de la chaloupe Cuirassier de Reichshoffen

J'ai l'honneur de porter à votre connaissance le rapport ci-joint relatif au sauvetage opéré par le canot de Kérity à la date du 5 novembre 1892, avec petite brise de S.-O., mer très grosse. Ce jour-là, à 1 heure 30 du soir, j'ai aperçu un bateau de pêche chavirant par une grosse lame, en passant sur les brisants dits le Viller, à un mille au sud du sémaphore. J'ai fait immédiatement tirer un coup de canon et hisser le pavillon de détresse, dans le but de lui envoyer des secours.
Le bateau de sauvetage de Kérity, étant le plus rapproché du lieu du naufrage, a été assez heureux pour recueillir les naufragés au nombre de sept hommes d'équipage et un mousse, et les ramener tous à terre sains et saufs. Seul le mousse se trouvait presque inanimé ; il a été aussitôt transporté chez M. Jacq, gérant de l'usine de M. Saupiquet à Kérity, où on s'est empressé de lui donner tous les soins que nécessitait son état. Le bateau naufragé est du port de Guilvinec ; il porte le n° 1245, et a pour patron le nommé Cléach (fils).

Voici les noms des canotiers sauveteurs : Jégou (Jacques), patron ; Cloarec (Allain-Yves), brigadier ; Le Gall (Allain), Pors (Paul), Briec (Sébastien), Tanter (Pierre-Jean), Kerloch (Henri), Janvier (Théophile), Cloarec (Allain) et Le Gall (Joseph), canotiers ; Gouliquer (Vincent) fils, Le Gall (Nonna), Gourlaouen (Yves), Jégou (Joseph), Goudedranche (Benjamin), Peigné (Sébastien) et Le Pape (Jean), volontaires.

Avertis en même temps que ceux de Kérity, les marins de Saint-Guénolé se sont portés en toute hâte au secours des naufragés, mais malgré la célérité remarquable de la mise à l'eau et du départ, le canot, en raison de la distance à parcourir, (au moins trois milles) n'a pu arriver tout à fait à temps pour coopérer au sauvetage, qui venait d'être heureusement effectué par les sauveteurs de la station plus rapprochée de Kérity.

Les difficultés extrêmes de cette sortie ont fait ressortir, une fois de plus, outre les excellentes qualités du canot, l'habileté et l'énergie de son équipage qui comprenait : le patron Auffret (Louis) et les canotiers Kerloch (Alexis), Cloarec (Jean), Stéphan (Jean), Tanneau (François), Briec (Pierre), Tanneau (Thomas), Baltez (Vincent), Hélias (Sylvestre), Tanter (Pierre), Drezen (Guillaume) et Hélias (Louis).

Rapport de M. Madec, membre du Comité.

12 Novembre 1894. Sauvetage du sloop Noé

Le sloop "Noé", d'Audierne, mouillé sur ses ancres à l'endroit dit la Poire, à cinq cents mètres de terre, attendait le moment favorable pour se rendre à Brest, quand il a été, le 12 courant, assailli par un furieux coup de vent de S.-S.-O.
Le capitaine avait cependant pris toutes ses précautions et attendait, confiant dans ses mesures, la fin de la tourmente, lorsque la tempête redouble encore de force : le canot du bord coule et le sloop chasse sur ses ancres.
La situation du navire devenait critique : le capitaine fait hisser à mi-mât le drapeau.
Le patron du canot "Comte-et-Comtesse-Foucher-de-Saint-Faron", à la vue de ce signal, fait aussitôt mettre à l'eau le canot de la Société et atteint le sloop. Après une lutte opiniâtre d'une heure contre la mer et l'ouragan, il est heureux de recueillir sain et sauf l'équipage en danger.
Le canot de sauvetage se disposait à regagner le port, quand le vent du S.-O. saute brusquement au N., c'est-à-dire debout, pour revenir; aussi n'est-ce qu'à 5 heures qu'il put regagner le port. Il a eu quelques avaries, mais très légères.

Le Président du Comité, Curtois.

Armement du canot : Jégou (Jacques), patron. Les matelots : Kerloc'h (Henri), Pors (Paul), Jégou (Joseph), Stéphan (Noël), Pichavant (Jean-Félix), Le Pape (Eugène), Cloarec (Alain), Briec (Sébastien), Gourlaouen (François), Tanter (Pierre-Jean), Gouliquer (Vincent).

15 Novembre 1894. Sortie blanche du Comte-et-Comtesse-Foucher-de-Saint-Faron

Le canot de Kérity a encore pris la mer sur le signal de détresse fait par un grand trois-mâts français, mais avant qu'il ait pu l'atteindre, le navire avait rétabli sa voilure et fait route en s'éloignant dans le S.-S.-E.

18 Octobre 1895. Sauvetage de la chaloupe de pêche 958

Par grande brise de S. E. et mer grosse, le patron Jégou a aperçu, vers les une heure de l'après-midi, une chaloupe de pêche qui était échouée aux Etocs, sur le plateau de rochers appelé Jour-Von, et qui faisait des signaux de détresse, s'est empressé de rallier les hommes disponibles pour armer le canot de sauvetage "Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron". L'armement fut complété par des hommes de bonne volonté, toute la population étant au large, car la matinée avait été très belle et le mauvais temps était venu subitement. Alors que l'on approchait du lieu de l'accident, un changement qui amena une saute de vent et une embellie de la mer permit à la chaloupe en détresse de se déhaler et de ré-appareiller.
C'était le n° 958, du port du Guilvinec.

Le Président du Comité local de sauvetage, Courtois.

Armement du canot : Jégou (Jacques), patron; Le Gall (Alain), brigadier ; Stéphan (Joseph), Briec (Sébastien), Cloarec (Alain), Janvier (Robert), Tanter (Pierre-Jean), Le Pape (Eugène), Le Garrec (Thomas), Yéquel (Pierre), Riou (Henri), Cloarec (Augusle).

28 Mars 1896. Sauvetage de quatre marins

Vers midi, le patron Jégou se trouvant à la porte de la maison abri, aperçut des signaux de détresse faits par un homme monté sur une drôme de goëmon, que le vent et la marée poussaient au large, à 1 mille 1/2, S. E. de Kérity. Une tempête du nord régnait à ce moment; une embarcation montée par trois hommes se trouvait également dans ces parages, désemparée de sa voile par un gros grain, laquelle s'était portée au secours de l'individu précité, dont la situation, à son tour, devenait des plus périlleuses.
Aussitôt le patron Jégou, voyant le danger, fit sortir le canot qui, avec l'aide de quelques femmes et des canotiers présents, fut lancé en quelques instants ; se rendre ensuite sur le lieu du sinistre, recueillir d'abord l'homme qui était sur la drôme et qui était sur le point de disparaître et ensuite les trois hommes du canot désemparé, fut fait avec la plus grande célérité, lesquels ont été ramenés à KÉRITY sains et saufs.
Le patron Jégou, dans la circonstance, a donné une nouvelle preuve de sa vigilance et du dévouement dont il est animé pour se porter au secours de son semblable.

Rapport de Monsieur Courtois, Président du Comité de Sauvetage local

Armement du canot : Jégou (Jacques) patron ; Cloarec (Alain), brigadier ; Jégou (Joseph) ; Taniou (Guillaume) ; Kerloc'h (Henri) ; Cloarec (Alexis) ; Gourlaouen (François) ; Canevet (Alain) ; Stéphan (Joseph) canotiers ; Jézégabel (Robert) et Kerloc'h (Alexis), volontaires.

26 Mars 1897. Sauvetage du trois-mats goélette Sancta-Maria

Le patron Jégou, ayant été prévenu à 7 heures 1/2 du matin par le préposé Mazin, de Kérity, qu'un fort navire se trouvait en détresse à la côte, près Saint-Vio, s'est empressé de faire sortir le canot qui a été lancé dans un instant, il s'est dirigé pour couper au plus court par le chenal de Gourmily où la mer était démontée et ensuite vers le lieu du sinistre. En arrivant en face la Torche, il a rencontré le canot de sauvetage de Saint-Guénolé qui venait de recueillir l'équipage du navire naufragé, le patron Jégou demanda au patron Auffret s'il avait sauvé tout l'équipage, ce dernier lui répondit que oui et les deux canots se sont suivis par crainte d'avaries jusqu'au port de Saint-Guénolé oh ont été débarqués sains et saufs les huit hommes naufragés. Le canot est-rentré à Kérity à 11 heures 3/4 sans accident, ni avarie, mais l'équipage était fatigué.
Dans la circonstance, le canot en se rendant sur le lieu du sinistre pouvait être d'un grand secours à un moment donné, à celui de Saint-Guénolé; le sauvetage se trouvant des plus difficiles, surtout au milieu des brisants; on ne peut donc qu'approuver les prudentes dispositions prises en pareil cas par le patron Jégou.

Le Secrétaire du Comité local, le Lieutenant des Douanes Marguerie.

Armement du canot : Jégou (Jacques), patron ; Le Gall, (Alain), brigadier ; Kerloc'h (Henri) ; Buannic (Corentin) ; Cloarec (Alain) ; Tanter (Pierre) ; Pichavant (Jean) ; Pors (Paul) ; Stéphan (Noël) ; Jégou (Joseph) ; Gourlaouen (François) ; Le Pape (Eugène), canotiers.

En complément, voici le récit du sauvetage relaté par la station de St Guénolé :

Ce matin vers 6 h. 30, informé qu'un voilier d'un assez fort tonnage se trouvait à la côte en pleins brisants de Tréguennec (baie d'Audierne), notre patron Auffret après avoir rassemblé ses hommes, se porta en bâte à son secours.
Grâce à la célérité déployée et aussi à l'existence de vents portant de S.-S.-O., noire canot malgré la distance à parcourir (environ 4 milles), arrivait à peine une heure après à proximité du navire naufragé, qui se trouvait coulé, par fond de 6 à 7 brasses, à environ deux encablures de la plage, l'étrave face à la terre et dont la mâture, garnie de ses voiles déjà déchiquetées, émergeait seule. Tout brisait à l'entour et les difficultés de l'accostage étaient grandes : tellement grandes même, qu'il ne fallait pas moins pour les affronter, que le sentiment impérieux du devoir, qui s'alliait, ici, à une pitié immense.
Des cris d'appel se percevaient en effet, qui étaient ceux d'hommes réfugiés en groupes sur le même mât, celui de misaine.
Les deux canots du trois-mâts naufragés furent brisés par la première masse d'eau déferlant sur le pont. C'est même à cette circonstance, en apparence fâcheuse, que l'équipage a dû d'abord la vie, car jamais en pareils brisants qui atteignaient la vergue de misaine, ils n'auraient pu se sauver.
Bien des tentatives d'accéder furent faites. Les premières devaient être vaines, refoulées qu'elles se trouvaient, à tout bout de champ par des lames énormes.
Ce ne fut - abrégeons ! - qu'après trois quarts d'heure d'efforts presque surhumains - trois siècles ! - que les plus tenaces des sauveteurs, certes, parvinrent à arracher à la mort à laquelle ils semblaient voués, les huit hommes formant l'équipage du navire submergé.
Grand était, en effet, l'état d'épuisement de la plupart de ces hommes qui luttaient déjà ballottés et transis, depuis près de 5 heures et dont, deux - le capitaine entre autres - tout à fait à bout de forces, tombèrent à l'eau, en essayant de s'affaler par le beaupré.
En arrivant à terre, les naufragés, tout grelottants encore, ont trouvé de la part de tous, notamment dans la famille du. digne AUFFRET (où la charité s'allie visiblement au courage) les soins les plus dévoués et les plus entendus. J'ai le devoir, quoi qu'en pensent et disent leurs trop modestes auteurs, de porter également ces faits à votre connaissance, Monsieur le Président, d'autant que je suis incité par un capitaine et un équipage émus et profondément reconnaissants.

Le Président du Comité local, Dupouy.

P.-S. J'ajouterai :
1° Qu'en raison du lieu du sinistre et de sa proximité avec la plage, la seconde escouade du canot, forcément restée à terre, s'est, sous la conduite du sous-patron Riou, spontanément transportée si distante qu'elle fût du terrain de Tréguennec et chargée de tous les engins et cordages possibles, à l'endroit où elle pouvait supposer que ses services pussent être utiles ;
2° Que presque par le travers de Porz-Garn (un demi-mille au delà de Saint-Guénolé), notre canot, en revenant, a rencontré celui de la station voisine de Kérity, qui, le sauvetage se trouvant opéré, est revenu avec lui.
3° Que le navire perdu est le trois-mâts-goëlette Sancta Maria, du port de Dunkerque, armateur M. Boon, jaugeant 214 tonneaux. (Il était chargé de phosphates.)

Armement du Maman Poydenot : Auffret (Louis), patron ; Tanneau (Pierre), brigadier; Tanneau (Thomas), Baltez (Vincent), Cloarec (Guillaume), Le Donge (Jean), Jégou (Jean), Briec (Pierre), Cornec (Michel), Biger (Jean), Hélias (Alain), Kervarec (Jean), canotiers.

8 Août 1898. Sauvetage d'une chaloupe

J'ai l'honneur de vous rendre compte de la sortie effectuée, ce matin, 8 août, par le canot de notre station « Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron ». A 8 heures, ce matin, j'ai été prévenu par JÉGOU (Joseph), canotier, qu'une chaloupe de pêche se trouvait en perdition entre Guilvinec et Kérity.
Je me rends aussitôt à la maison-abri, pour donner ordre de mettre le canot de sauvetage à la mer; le patron Jégou, prévenu par Gourlaouen (Jean-Louis), auxiliaire du canot, hâtait au plus vite les préparatifs du départ. En moins de cinq minutes, le canot était lancé ; la mer était démontée, le vent soufflait avec fureur et il tombait une pluie torrentielle.
Après les plus pénibles efforts, nos hommes réussirent à atteindre la chaloupe. Il était temps. Déjà elle talonnait sur le rocher Méléned ; il n'y avait à bord que deux jeunes mousses. Ces pauvres enfants avaient à peu près perdu connaissance croyant que tout était fini pour eux. Ramenés à Kérity, ils y ont reçu les soins les plus empressés et n'ont pas tardé à revenir à eux.
Ce sont les nommés Berrou (Pierre), et Gloaguen (Hervé).

Extrait du rapport de M. Collin, Président du Comité local.

Armement du canot « Comte et Comtesse Foucher » : Jégou (Jacques), patron; Jégou (Joseph), Pors (Paul), Gouliquer (Vincent), Tanter (Pierre), canotiers ; Gourlaouen (Jean-Louis), Le Guen (Jean), Drézen (Baptiste), Berrou (Michel), Gloaguen (Louis), Correc (Joseph), auxiliaires.

3 Novembre 1898. Sortie Blanche du Comte-et-Comtesse-Foucher-de-Saint-Faron

A 5 heures moins 1/4 du soir, je fus prévenu par un pêcheur, qui venait de la baie d'Audierne faire la pêche à la sardine, qu'une chaloupe de pêche montée par six hommes et un mousse venait d'être jetée par une lame sourde sur le rocher Le Coër en face du phare d'Echmûhl.
Le vent était Ouest, la mer très grosse et une brume épaisse empêchait certainement les marins de Kérity de voir la chaloupe sur le rocher Le Coër.
Ayant confiance dans le rapport que me fit Durand (Jean), pêcheur, je fis mettre immédiatement le cahot de sauvetage à l'eau en indiquant bien au patron Jégou l'endroit où se trouvait la chaloupe en perdition.
La mise à l'eau du canot de sauvetage n'a demandé que 5 minutes à peine. Le courage, l'énergie à la pensée de pouvoir sauver leurs semblables, étaient écrits sur la figure de chacun des braves qui montaient le canot « Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron ».
Bien que la mer fut très grosse et la brume très épaisse, ce qui devait gêner leurs recherches, j'avais pleine confiance en voyant partir nos canotiers avec tant d'entrain.
Le patron Jégou et son fils Jégou (Joseph), connaisseurs à fond de noire côte si accidentée, furent bientôt hors de danger et arrivèrent en moins d'une demi-heure au rocher Le Coër.
Ils trouvèrent la chaloupe de pêche complètement démolie, firent plusieurs tours autour du rocher, cherchant et écoutant ; ne voyant rien, n'entendant rien, il fit route sur Saint-Pierre. Là il demandé quelques renseignements et il apprend que le sauvetage de l'équipage de la chaloupe n° 1514, patron Le Roux, de Lesconil, a été opéré par un canot de Saint-Pierre monté par Le Clech (François), de Saint-Pierre. Cinq minutes plus tôt, c'était le canot de sauvetage de Kérity qui opérait.
Le canot de sauvetage est rentré à Kérity une heure et demie après sa sortie, sans accident. Les canotiers étaient fatigués mais regrettaient surtout de n'avoir pu opérer le sauvetage.

Le Président du Comité de sauvetage, Collin.

25 Décembre 1898. Sauvetage du vapeur La-Marie

Dans la soirée du 25 décembre, par temps très noir, le patron Jégou et M. Colin, négociant, membre du Comité, prévenus qu'un vapeur venait de se mettre au plein sur les rochers du Gribec, à un mille 1/2 au S. E. de Guilvinec, firent armer le canot de sauvetage. Le lancement fut long et très difficile, parce que l'on était au bas de l'eau. Arrivés à l'endroit indiqué les sauveteurs reconnurent que le navire était « la Marie », de la maison Worms et Cie, du Havre, allant de Bordeaux au Havre, ayant 20 hommes à son bord. Le capitaine ne voulant pas croire à la perte totale, demanda comme il l'avait fait au canot de Lesconil, qui l'avait rejoint déjà, de rester auprès de lui et de l'aider dans ses tentatives de déséchouage. Ce ne fut qu'à 6 h. 1/2 du matin que, reconnaissant que tout espoir était perdu, il se décida à l'abandon. Lui et son équipage embarquèrent alors dans les embarcations de « la Marie », et escortés parles deux canots de sauvetage, ils regagnèrent le port de Guilvinec.

Extrait du rapport de M. Marguerie, lieutenant des douanes, secrétaire du Comité local.

Armement du canot « Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron » : Jégou (Jacques), patron ; Le Gall (Alain), Cloarec (Alain), Pons (Paul), Buannic (Corentin), Canévet (René), Stéphan (Joseph), Jégou (Joseph), Gourlaouen (François), Kerloc'h (Henri), Coïc (Corentin), Tanniou (Guillaume).

7 Février 1899. Sauvetage de la chaloupe La-Biche

A onze heures 5 minutes du matin je fus prévenu par un marin du port de St-Pierre, qu'une chaloupe de pêche faisait des signaux de détresse dans les parages du Menhir de Pelem.
Le patron JÉGOU (Jacques) prévenu aussitôt, fait appel aux canotiers qui arrivent en courant à la maison-abri. A 11 h. 15 le canot était à flot, partant dans la direction indiquée par le marin JACQUES Stéphan, qui était venu exprès nous donner connaissance du sinistre,
La mer était démontée, le vent de sud-ouest soufflant avec furie ; enfin une tempête comme on en voit peu.
J'ai suivi le canot de sauvetage à l'oeil nu, tant que j'ai pu, mais malheureusement, comme je l'ai dit plus haut, la mer était tellement démontée que, dans moins de 15 minutes, je l'ai perdu dans les lames blanchies par (a tempête.
Le patron, Jégou Jacques, dont le courage et le dévouement ne manquent jamais, encourage les canotiers le plus qu'il peut, en disant: « Courage, mes enfants! J'aperçois là-bas la chaloupe, il faut arriver. Courage ! » En effet, après avoir ramé pendant 45 minutes dans une mer affreuse, le patron Jégou arrivait à [portée de voix de la chaloupe en détresse qui naviguait sans gouvernail depuis 9 heures du soir jusqu'à midi le lendemain, heure où est arrivé le canot de sauvetage à accoster la chaloupe en détresse.
Le patron et les marins qui montaient la chaloupe « La Biche » no 1280 du port de Kérity, étaient rendus à bout. La fatigue était devenue maîtresse de ces pauvres gens qui n'en pouvaient plus ; aussi, quand les sept hommes et le mousse de la chaloupe « La Biche » aperçurent le canot de sauvetage arrivé le long de leur bord, et le patron Jégou Jacques donner des instructions au patron Tancret Louis, pour rentrer dans le port de Saint-Pierre, ils sentirent le courage leur revenir.
La mer était trop grosse et lèvent trop fort pour que le canot de sauvetage prenne la chaloupe à la remorque, mais les instructions du brave praticien Jégou ont été très bien suivies, car celui-ci se tenait à quelques mètres de la chaloupe dans les passes dangereuses jusqu'à Saint-Pierre, toujours en donnant des ordres au patron de la chaloupe « La Biche », dans la crainte qu'il arrive accident. La mer brisait partout.
Les canotiers du canot de sauvetage arrivés dans le port de Saint-Pierre en môme temps que la chaloupe « La Biche » ont sauté à bord de celle-ci, ont amené la voile et mouillé ancre et grappin et ont mis le bateau hors de danger. La corvée terminée, les marins et les canotiers ont embarqué à bord du canot de sauvetage, et notre brave patron Jégou nous a conduit les huit naufragés dans un état inquiétant. Les uns pleuraient, d'autres tremblaient de fièvre, de froid et de fatigue, car ils étaient mouillés jusqu'aux os, ces malheureux .

Le Président du Comité local, Collin.

Armement du canot « Comte-et-Comtesse-Foucher-de-Saint-Faron » : Jégou (Jacques), patron ; Cloarec (Allain), brigadier ; Buannic (Corentin), Stéphan (Joseph), Kkerloc'h (Allain), Fontaine (Paul), Tanter (Pierre), Cloarec (Allain-Yves), Le Pape (Eugène), Coïc (Corentin), Gouliquer (Vincent), Briec (Sébastien).

25 Mai 1899. Sortie blanche du Comte-et-Comtesse-Foucher-de-Saint-Faron

J'ai l'honneur de vous rendre compte que le canot "Comte-et-Comtesse-Foucher-de-Saint-Faron" a été mis à l'eau à 11 h 15 du matin après avoir entendu le coup de canon d'alarme du sémaphore de Saint-Pierre.
A 11 h 25, M. Riou, guetteur du sémaphore est venu nous informer qu'un dundée avait son pavillon en berne non-loin des rochers de l'Ile Nona, à l'ouest du phare d'Eckhmühl, demandant du secours.
Les indications et les points que le guetteur m'a fournis, m'ont permis de donner des instructions au patron Jégou qui quittait déjà le port de Kérity.
Le vent; était O.-N.-O. mer grosse et courant debout; aussi les canotiers pour couper au plus court et essayer d'arriver au plus vite sur le lieu du sinistre, furent obligés de ramer.
Il y avait déjà une heure que le canot de sauvetage luttait contre le vent et le courant, quand le patron Jégou fit remarquer à ses hommes que le dundee avait son embarcation devant lui, essayant de le remorquer.
Enfin, Dieu a voulu qu'il réussît à échapper aux rochers, car aidé par son embarcation et faisant de bonnes manoeuvres, il a pu quitter cet endroit dangereux et mauvais, où un quart d'heure de plus, il allait peut-être y rester.
Le patron Jégou ne pouvant croire à l'adresse des matelots du dundee, encourageait toujours ses canotiers en disant : « Courage enfants nous arriverons peut-être assez tôt pour aider ces malheureux ».
Le vent donnait de plus en plus fort, la mer grossissait; les matelots du dundee redoublèrent de 1 courage enfin ils réussirent après tous leurs efforts et tous leurs moyens à échapper aux mauvais rochers, en faisant voile vers le S.-E., c'est-à-dire fuyant grand largue et prenant le large;.
Le patron Jégou et les canotiers trop-éloignés encore, n'ont pu voir le nom du dundee, car celle-ci fuyait les rochers de l'Ile Nona maintenant, sans avoir la pensée-même d'amener le pavillon qui était resté en benne.
Les canotiers, jugeant que le dundee était hors de danger, firent route vers le port de Saint-Pierre, pour prendre quelques renseignements ; personne n'a pu leur en donner d'autres que ceux fournis le matin à 11 h 25 par le guetteur Riou.
Le temps devenait de plus en plus mauvais, il ventait en tempête ; le patron Jégou dit à ses canotiers : « Mes enfants ! il est temps de nous dégager de ce port et d'attraper Kérity ».
En effet, à une heure, quand le canot de sauvetage est rentré à Kérity, le vent avait doublé et la mer grossi de moitié. Une véritable tempête se déchaînait sur nos côtes.
Le canot a été remonté en arrivant au port et à trois heures, après avoir subi son nettoyage, sa visite et son inspection habituelles, il a été monté sur son chariot, et rentré dans l'abri.

Le Président du Comité local, Collin.

Armement du canot : Jégou (Jacques), patron ; Cloarec (Alain), brigadier ; Jégou (Joseph), Cloarec (Alain), Gourlaouen (François), Gourlaouen (Louis), Janvier (Robert), Pors (Paul), Gouliquer (Vincent), Coïc (Corentin), Stéphan (Joseph), Canévet (René), canotiers.

30 Décembre 1899. Sauvetage du vapeur Saint-Jean

Le 30 décembre 1899, dans la matinée, le vapeur « Saint-Jean » du Havre, allant, avec 18 hommes d'équipage, d'Anvers à Lisbonne, coulait sur un plateau de roches à 2 milles au large de Guilvinec, par un fort coup de vent de S.E., mer très grosse.
Immédiatement après ce choc, le navire avait sombré, entraînant six hommes, dont le capitaine et le mousse ; mais on apercevait, se détachant en noir sur l'horizon, un certain nombre d'hommes cramponnés dans les haubans de la mâture.
Le canot de sauvetage de la station de Kérity est lancé à la mer et il part emporté par le vent. Vingt minutes après, il arrive devant l'épave, l'accoste avec les plus grandes difficultés sur une mer démontée, recueille 11 hommes vivants et le cadavre d'un malheureux matelot tué sur le coup, qui, assommé par une poulie retombait inerte le long des haubans, suspendu par les pieds. Les rescapés, à moitié nus, ruisselant d'eau glacée, sont soignés et réchauffés autant que possible.
Le patron Jégou ne veut pas s'éloigner du « Saint-Jean » sans en avoir fait le tour. Il aperçoit en effet à demi submergé un corps soutenu par une planche. Il s'approche et l'embarque.
Impossible de songer à rentrer à Kérity contre un vent d'une telle violence et une mer démontée ; d'ailleurs, les naufragés ont besoin de prompts secours.

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Joseph Jégou

Aussi, après bien des efforts, touche-t-il à Guilvinec, où, sur la grève, toute la population l'attendait anxieuse.
Les femmes chantent un cantique à Sainte Anne, la patronne des marins bretons.

Jégou est un jeune, il n'en est encore qu'à sa deuxième sortie comme patron. II remplace son père qui, pendant de longues années, a tenu ce poste d'honneur.

Le prix de l'amiral Méquet est attribué à la station de Kérity.