LE TREN BIRINIK (suite 1)

St Guénolé-Penmarc'h. Le Port © Artaud-Gaby

A partir du milieu des années 1930, les chambres froides sont introduites dans les bateaux. Le fameux transbordement rompt la chaîne du froid. Cette tare favorise davantage le transport routier.

En 1935, à l'échéance du contrat d'exploitation, il est décidé de poursuivre l'exploitation de la ligne Pont l'Abbé-St Guénolé.

Le 1er Janvier 1936, l'exploitation de la ligne est confiée à la Régie Départementale des Chemins de fer et Autobus du Finistère. La liquidation de la ligne est proche. D'autant plus que cette nouvelle gestion n'est pas couronnée de succès.

Un accord de liquidation de la ligne est signé le 5 mai 1938 entre le préfet du Finistère et M. Verney, ancien concessionnaire de la ligne CFDF. Un monsieur qui possède deux entreprises de transport routier et qui par cet accord, se voit confier un service bientôt plus assuré par le train... Vous avez dit ... "Conflit d'intérêt" ?

Le 5 novembre 1938 le Conseil Général vote la suppression des lignes départementales. La date d'application est prévue pour le 1er mars 1939.

1939. L'arrivée de la guerre sauve la ligne de la fermeture.

Les transports routiers sont en "veilleuse" du fait de l'occupation, des restrictions d'essence et du couvre-feu. Ces mêmes restrictions amènent les populations à se déplacer hors des villes. Les productions locales, presque entièrement accaparées par l'occupant, ont besoin d'être transportées. Le gazogène n'y suffit pas : Le seul transport économique est le petit train. Marc'hig du n'est pas mort !

C'est ainsi que le 15 septembre 1941, un service minimum est rétabli pour les voyageurs.


Photo montage


On découvre aussi au Tren Birinik, un intérêt stratégique : Le transport du ravitaillement en nourriture et en armement des postes côtiers Allemands.
Il sert aussi à l'Organisation Todt oeuvrant sur l'Atlantikwall :

  • acheminement des travailleurs de l'Organisation
  • transport des matériaux nécessaires à la construction.

Bref, la ligne devient rentable...pour l'occupant et redevient pratique pour les occupés !

Jusqu'en 1943, du fait de ce trafic important, la situation financière de l'exploitant de la ligne est florissante.


Pont l'Abbé-Inspection allemande avant le départ

Sur la route de St Guénolé. A droite, la voie pour Pont Croix


Le retour à la paix annonce le retour de la domination de la route sur le Chemin de Fer.

Le 3 octobre 1945, le conseil général demande la reprise d'une étude technico-commerciale concernant le passage de la ligne en voie normale.

Le 9 août 1946, le Conseil Général, autorise le passage de la ligne en voie normale.

Tout s'enchaîne alors très vite : La même année, la compagnie décida de supprimer le trafic voyageurs. Le train ne sera plus qu'exclusivement consacré au transport des marchandises issues des 20 conserveries, de l'Usine de St Pierre et de la marée des ports de St Guénolé, Kérity, Guilvinec et Lesconil.