VILLA ET GRAND HOTEL DES GOELANDS




Avant de devenir un hôtel, cette grande demeure "à la Niçoise" était surnommée "Maner ar Parizian", le manoir du Parisien, Château des Goelands ou Villa des Goélands. Le Parisien en question était Gustave Antoine Salavy, un médecin Niçois (à ce qu'on dit...), né en 1842 à Montpellier. Gustave est passionné de littérature et de théâtre. Il décide d'aller vivre sa passion à la capitale et y chercher gloire et fortune. Il y devient "littérateur".

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La Villa des Goélands

L'HOMME

Selon le Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle, il est doué d'une imagination vive, d'une grande verve et d'un véritable talent d'écrivain. Ses écrits sont de cruelles satires politiques et sociales, que leur hardiesse même a empêchées de se répandre dans le grand public. Touche-à-tout, il fut auteur dramatique, journaliste, écrivain, publiciste, chansonnier...

1870 : A 28 ans, il publie sa première oeuvre : "Les Honnêtes Gens", une comédie en prose en quatre actes.
Il compose des chansons patriotiques pendant la Guerre de 1870.

1872 : Puis "Jacques Renod", pièce en prose en cinq actes.

1880 : Puis, la même année, "Le Livre du peuple" puis ensuite "Ludovic Grausselin" et enfin "Les Jésuites", drame en cinq actes.

1884 : Puis la même année, "Les Hurlements" puis ensuite "Le Bourjoué" et enfin "Le Fou", un recueil suite "des Hurlements".

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MANER AR PARIZIAN

1885 : Il est en villégiature en Pays Bigouden puis réside à l'année à St Guénolé dans une résidence face au Menez.

1889 : Le 29 Avril, il épouse en seconde noce, Blanche Pilté.

1889-1890 : Pour moins de 5000 fr, il achète 5 lots de "terre" pour 2,7ha au Menez Kérouïl

1891 : C'est par le creusement de la cave et des citernes que commencent les travaux. Des travaux qui utilisent force dynamite. Puis c'est la construction des "communs" au rez-de-chaussée. Et enfin la construction de l'espace  vie au premier (et seul) étage de cette vaste demeure. Selon les plans, la demeure mesure 24,40m x 13,50m pour une hauteur de 14,00m hors sol et hors "potiches"(!!!). On comprend pourquoi un tel édifice, exceptionnel par sa taille en Pays Bigouden, ait impressionné les foules au point d'en faire un château !

La cave de 4,50m sous plafond, a été creusée dans le roc sur plus de 3,50m. Un escalier y dessert le rez-de-chaussée.

Le rez-de-chaussée. On y trouve la cuisine, la laverie et la lingerie. Un escalier y dessert le premier étage.

L'étage est desservi côté Sud-Est par un imposant péristyle de 34 marches en haut duquel le perron (1) débouche sur un vestibule (2). Face à celui-ci, une salle à manger (3) flanquée de deux salons (4). On y trouve quatre chambres (5) dont une double (6). L'aménagement est complété par la présence de toilettes (7), d'un monte plats (8) et d'un office (9) face auquel un escalier communique avec les communs et avec la terrasse (10) offrant une vue magnifique de la pointe Bigoudène. Six cheminées en marbre chauffent ces pièces qui toutes communiquent entre-elles. Les façades Nord-Est et Sud-Ouest comportent chacune une vaste terrasse (11) accessible depuis les chambres par porte-fenêtres, offrant une vue imprenable sur Poul Briel, menez Kerouïl et le port de St Guénolé. Ces deux terrasses sont montées sur le toit des deux réserves d'eau de pluie dédiées aux besoins journaliers, creusées dans le roc sur quatorze (!) mètres de profondeur. Une petite terrasse (12), montée au dessus du perron de la porte Nord-Ouest et accessible depuis deux portes-fenêtre de la salle à manger, offre une vue impressionnante sur le large et le rocher des Victimes.



Plan de l'étage "vie".

A par son incongruité "esthétique" dans le paysage Bigouden, l'originalité de ce "manoir" de grande taille en granit, réside aussi dans sa cour, protégée par des murs et fermée d'une grille en fer décorée de vasques de bronze achetés à l'Opéra Comique de Paris après sa rénovation, ouvrant sur un perron de 34 marches.
La cour de 1,35ha est couverte par 0,8ha de serres abritant des vignes.

1892 : Les aménagements.  Réalisation d'un mur d'enceinte, avec grilles côté roche du Préfet et porte en fer forgé côté terre (S-E).
Creusage de l'enceinte sur un mètre de profondeur afin d'y apporter de la bonne terre amendée de goémon et de fumier qu'on peut travailler à la charrue.
Puis c'est l'installation de dix serres sur ces terres neuves. Côté mer (N-O) , trois citernes de sept mètres de profondeur ont été forées dans le roc, approvisionnant en eau des citernes secondaires non couvertes grâce à une pompe hydraulique. Ces citernes alimentent les systèmes d'irrigation pour la plantation de 5000 pieds de vigne à "boire et à manger".
Arrivé à maturité, le "Chasselas deuz Penmarc'h" avait sa clientèle !
Une grande salle de bains extérieure, des écuries, un atelier et des remises sont bâties dans l'enceinte où on y construit aussi le logement de fonction du garde.

A bout du compte, la villa et ses dépendances lui coûtèrent près d'un million de francs or (selon Gabriel Puig de Ritalongi).

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La Villa des Goélands Façade côté Terre (Sud-Est)
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La Villa des Goélands Façade côté Terre (Sud-Est)

REVERS DE FORTUNE

1897 : Faisant face à des soucis financiers, il doit gager sa villa pour pouvoir emprunter de l'argent.
Il devient Rédacteur en chef du journal mensuel "Le Cyclone".

1900 : Ruiné, étant dans l'impossibilité de faire faces aux échéances de son prêt, sa créancière, Céline Gaud née Avril, met en vente le Château des Goélands.
En décembre de la même année, le Château des Goélands est acheté 29.000 fr aux enchères par le conserveur René-Pierre Béziers (Usine à L'Ile Fougère de St Guénolé).
Un belle affaire au regard du prix de construction du domaine !

1903 : Le 30 Mars, Gustave Salavy tente de se suicider au Théâtre Français.

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Gustave Salavy finira par sortir de la Salle Trélat de l'hôpital de la Charité où il occupait le lit 25.
Une demande d'aide fût lancée aux amis des arts afin de l'aider à finir sa vie décemment.
Depuis lors, on perdit sa trace...

L'HOTEL-RESTAURANT DES GOELANDS

1911 : Les Goélands sont transformés en hôtel-restaurant. La villa est rehaussée d'un étage comportant 11 chambres.
Les caves, le rez-de-chaussée et surtout le premier étage sont modifiés. L'hôtel est loué à Hyacinthe Moguérou. 

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Grand Hôtel des Goélands. Vue côté Terre (Sud-Est)
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Grand Hôtel des Goélands. Vue côté Mer (Nord-Ouest)

1920 : Fin d'exploitation de l'hôtel par Hyacinthe Moguérou qui a fait construire son propre établissement.
Poursuite des activités hôtelières par Mademoiselle Popy et Madame Richel dans une partie de l'hôtel.
L'hôtel est mis à disposition des organisateurs de la future fête des Cormorans.

1921 : L'hôtel sert de "salle de spectacle" pour la première Fête des Cormorans et l'élection de sa Reine...

1925 : Poursuite des activités hôtelières par Mademoiselle Popy, seule.

1928 : Achat de l'hôtel par l'industriel et sénateur Paul Lederlin qui en fait sa résidence de loisirs et retrouve son nom de Château des Goélands.

1941 : Achat du Château -meublé- par Henri Friant et  son épouse Marie, née Quéré, industriels, propriétaires de la biscuiterie des "Filets Bleus" à Quimper.

Paul Lederlin

1956 : Achat par la villle de Courbevoie qui la transforme en centre de vacances pour enfants.

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Hôtel des Goélands2


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